eCall L’appel d’urgence obligatoire dans les voitures neuves

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L’appel d’urgence obligatoire dans les voitures neuves

Publié le : 31/03/2018 

À partir du 1er avril, tous les nouveaux véhicules devront être équipés du système d’appel d’urgence automatique eCall. Une solution qui devrait permettre de sauver jusqu’à 2 500 vies par an en Europe.

 

Le règlement, voté en 2015, impose désormais aux constructeurs automobiles d’équiper tous leurs nouveaux véhicules du système d’appel automatique d’urgence baptisé eCall ou eCall112 (pour emergency call). La Commission européenne estime que le système eCall devrait réduire le délai d’intervention des services d’urgence de 50 % en zone rurale et jusqu'à 60 % en zone urbaine, permettant de sauver des centaines de vies chaque année, jusqu’à 2 500 en Europe, mais aussi de réduire la gravité des conséquences des blessures.

 

Comment fonctionne l’eCall ?

Chaque véhicule sera équipé d’une carte SIM intégrée et géolocalisée via une balise GPS. Le système génère un SMS au 112, automatiquement en cas de « choc brutal » avec déclenchement des airbags, des prétensionneurs de ceinture ou de retournement du véhicule, ou manuellement via un bouton rouge « SOS ». Il comporte plusieurs informations permettant d’identifier et de localiser le véhicule (voir question « Quelles données sont transmises ? »). Dès réception, un opérateur rappelle le numéro et analyse la situation avec le conducteur : localisation du véhicule sur la route, gravité de l’accident ou type de panne… Si personne ne répond à l’appel, les informations sont automatiquement transférées aux services de secours les plus proches.

 

L’eCall fonctionne-t-il partout ?

Non. Comme la liaison eCall est réalisée via le réseau GSM, lorsque la voiture se trouve dans une zone blanche, là où le téléphone ne capte pas, l’appel sera impossible, même si le véhicule reste visible grâce à sa géolocalisation par satellite.

 

Où fonctionne l’eCall ?

L’eCall est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, partout sur le territoire de l'Union européenne. Le véhicule d'un étranger en transit en France sera immédiatement pris en charge, et vice versa.

 

Quel est le coût de l’eCall pour l’automobiliste ?

Il sera nul. L’installation du système (comprenant une carte SIM), qui revient à une centaine d’euros, est incluse dans le prix de vente de la voiture. Ensuite, les communications restent gratuites pour l'automobiliste qui n’a pas à souscrire d’abonnement. Le coût de l’appel via l’eCall, estimé par le Syndicat national des sociétés d’assurance (SNSA) (1) à 3 à 4 centimes d’euro par véhicule, reste donc à la charge des sociétés d’assistance, propriété des assureurs.

 

Qui traite les appels ?

En France, à partir du 1er avril 2018 (2), les pouvoirs publics ont délégué la mise en œuvre du système d’appel d’urgence eCall aux assureurs via une convention d’habilitation signée entre l’État et un groupement d'intérêt économique (GIE) créé en 2016 par les sociétés d’assurances. Ce sont donc les sociétés d’assistance, appartenant aux assureurs, qui seront chargées de recevoir les appels, de les filtrer puis de les rediriger après analyse vers les services appropriés (SAMU, police, pompiers, services autoroutiers, dépanneurs...). Par exemple, aujourd’hui, Inter mutuelles assistance (IMA) gère en France les appels d'urgence émanant des véhicules BMW, Citroën, DS, Peugeot et Mercedes. Le SNSA estime à 30 000 le nombre d’appels à traiter en 2018, puis 150 000 en 2019 et 400 000 en 2020. Le délai du traitement de l’appel jusqu’à la sollicitation des secours par les sociétés d’assistance est fixé à 75 secondes. Selon le SNSA, seuls 10 % des appels eCall 112 concernent des situations d’urgence. Ailleurs en Europe, les appels sont reçus directement par les services de secours du 112.

 

L’eCall n’est-il utile qu’en cas d’accident ?

Non. Une panne peut motiver un appel volontaire de la part du conducteur. Dans ce cas, l'assistant pourra prévenir la société d'assistance et organiser le dépannage ou le remorquage du véhicule en fonction des possibilités offertes par le contrat d'assurance. De même, l'automobiliste est invité à appuyer sur le bouton rouge « SOS » pour signaler un fait dont il est témoin : accident, agression, vol, etc. Les assistants sont même formés à gérer les simples crises d'angoisse des automobilistes.

 

Quelles sont les conséquences pour l’automobiliste ?

Le système eCall peut générer certaines dérives au détriment de l’automobiliste. Étant donné que les appels sont gérés, indirectement, par les compagnies d’assurance, on peut craindre que cela mette à mal le libre choix du réparateur et celui de l’expert. En effet, en cas d’accident, la société d’assistance aura tendance à convoyer d’office votre voiture vers un garage agréé qu’elle aura elle-même choisi. En outre, l’eCall s’annonce comme les prémices du diagnostic à distance (le bCall pour breakdown call, ou « appel en cas de panne ») qui, lui aussi, risque de bafouer la liberté de choix du réparateur et même de créer un nouveau monopole de la réparation automobile pour les constructeurs automobiles.

 

Quelles voitures sont concernées ?

Tous les nouveaux modèles non commercialisés avant le 1er avril 2018 devront recevoir l’eCall. Par exemple, la nouvelle C4 Cactus proposée depuis le début de l’année n’est pas obligée d’avoir le dispositif. À l’inverse, la future Peugeot 508 qui sortira à l’automne devra obligatoirement en être équipée. Néanmoins, les constructeurs ont largement anticipé cette obligation et de nombreux modèles reçoivent d’ores et déjà l’eCall. Ainsi, 3 millions de véhicules du groupe PSA sont déjà équipés du système Connect SOS & Assistance depuis 2003.

 

Quelles données sont transmises ?

Le texte de loi qui régit l’eCall précise que seules les informations absolument nécessaires seront transmises :

  • le type de véhicule (tourisme, utilitaire, car, etc.) ;
  • le code VIN (numéro de série du véhicule) ;
  • le type de carburant ;
  • la localisation et le sens de circulation (une information très utile sur les chaussées à double sens séparées par un terre-plein central comme les autoroutes).

Ensuite, ces informations ne seront pas conservées au-delà de l'intervention. En outre, lorsque le système n’est pas activé, aucune donnée n’est transmise ni captée par qui que ce soit.

 

Quid des anciens modèles de voiture ?

Si vous souhaitez équiper votre ancien véhicule, c’est possible. Il existe de nombreuses solutions adaptables, à brancher sur une prise USB ou à la prise diagnostic du véhicule (prise OBD) qui établissent une liaison téléphonique via votre smartphone. En cas d’accident, ce sera l’accéléromètre de ce dernier qui déclenchera automatiquement l’appel d’urgence, à condition que la fonction localisation soit activée. Par contre, avec ces dispositifs, les coûts d’appel seront à la charge de l’automobiliste.

 

(1) Le Syndicat national des sociétés d’assurance regroupe les sociétés Acta, Axa assistance, Europ assistance, Fidélia, le groupe Assuristance, Inter mutuelles assistance, Mondial assistance, Mutuaide et Opteven.
(2) Avant le 1er avril 2018, les appels eCall étaient gérés par le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS).