Encens et bougies Le plein de pollution confirmé

Encens et bougies

Le plein de pollution confirmé

Publié le : 16/09/2017 

« La combustion d’encens et de bougies représente une source significative de polluants dans les environnements intérieurs », confirme l’Agence de l’environnement (Ademe), 2 ans après les analyses très alarmantes de « Que Choisir ».

 

Fin 2015, « Que Choisir » analysait les émissions des encens et des bougies parfumées, « des produits qui chargent l’air de nos domiciles en substances très nocives » et même, pour les encens, « en un cocktail de cancérogènes, entre benzène, formaldéhyde et particules fines. On peut respirer beaucoup plus de benzène assis confortablement dans son salon qu’en se promenant dans les rues embouteillées », affirmions-nous alors, en regrettant que le plan national pour la qualité de l’air adopté en 2013 soit au point mort.

Le CSTB (Centre scientifique et technique du Bâtiment) et l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel) se sont depuis attaqués au problème pour le compte de l’Ademe. L’étude a été réalisée en conditions réalistes dans une pièce de la maison expérimentale Maria du CSTB. Elle vient de sortir, et porte sur 9 encens et 9 bougies parfumées. « L’utilisation des bâtons d’encens se traduit par des concentrations élevées en benzène, toluène, formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine, ainsi qu’en HAP (hydrocarbures aliphatiques polycycliques) et en particules », souligne-t-elle, rejoignant ainsi nos conclusions.

Les émissions de polluants des bougies sont nettement plus faibles, mais celles de formaldéhyde persistent, et si les bougies émettent moins de particules que les encens, il s’agit de particules plus fines, qui pénètrent donc plus facilement dans les alvéoles pulmonaires. Enfin, les bougies sont plus émissives en oxydes d’azote que les encens.

L’étude conclut à des expositions de court terme qui peuvent dépasser les valeurs sanitaires retenues et recommande notamment de réglementer la vente des produits les plus émissifs. Souhaitons que cette demande déjà émise par « Que Choisir » il y a 2 ans aboutisse, cette fois.

Élisabeth Chesnais

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