Les substances toxiques

Encens, bougies, Papier d’arménie et parfums d’intérieur

Les substances toxiques

Publié le : 27/10/2015 

Contrairement aux sprays assainissants aux huiles essentielles et aux désodorisants en aérosol, les encens, les bougies et le Papier d’arménie parfument l’air intérieur de nos logements en se consumant. Nous avons donc recherché tous les polluants susceptibles d’être émis dans ces conditions.

 

Les composés organiques volatils (COV)

Cet intitulé regroupe une multitude de substances chimiques qui ont en commun la faculté de s’évaporer facilement. La concentration totale en COV traduit un niveau de pollution chimique, sans en préciser la nocivité.

 

Le benzène

D’une toxicité redoutable, responsable de leucémies et de lymphomes, il est classé cancérogène certain. Suspecté d’entraîner des anomalies génétiques, il est aussi neurotoxique. Il agit notamment par inhalation.

D’ailleurs, les produits de décoration et de construction qui portent l’étiquette polluants ne doivent pas émettre de benzène.

 

Le formaldéhyde

Polluant le plus préoccupant de l’air intérieur, le formaldéhyde est toxique par inhalation. Classé cancérogène certain par le Centre international sur le cancer (CIRC), il est très irritant à faibles doses pour les yeux, le nez et la gorge. Il peut déclencher des crises d’asthme chez les sujets sensibles.

 

L’acroléine

Si l’acroléine ne provoque pas le cancer, c’est en revanche un irritant très puissant. Elle agit par inhalation à de si faibles concentrations que la valeur retenue est de 6,9 µg/m3 pour les effets aigus, et pour les effets chroniques, de 0,8 µg/m3 en France mais seulement 0,02 µg/m3 aux États-Unis.

 

Les substances classées cancérogènes possibles

L’acétaldéhyde. Irritant, il est classé cancérogène possible mais en cours de révision. Il pourrait passer en cancérogène probable et mutagène probable. Tous les encens en émettent.

Le furfural. Il est classé cancérogène possible par l’Union européenne.

Le naphtalène. Irritant, il est classé cancérogène possible.

L’éthylbenzène. Classé cancérogène possible par le CIRC, il a également des effets neurologiques et rénaux à fortes concentrations.

 

Les perturbateurs endocriniens

Peu importe leurs concentrations, car ils agissent à des doses très faibles. Les détecter est un problème.

Le styrène. Suspecté d’être un perturbateur endocrinien, il est également classé cancérogène possible.

Le diéthylphtalate. Il est suspecté d’être un perturbateur endocrinien, tout comme le DEHP, un autre phtalate fréquemment retrouvé dans les poussières de nos logements.

 

Les particules fines

Du fait de leur taille microscopique, les particules fines PM 2,5 ne peuvent pas être arrêtées au niveau du nez ou de la gorge : ce sont les plus nocives. Elles pénètrent au plus profond de l’appareil respiratoire et se déposent dans les alvéoles pulmonaires.

Outre les effets sanitaires dus à leur dimension, les particules émises par les encens, le Papier d’arménie et les bougies sont issues d’un processus de combustion, ce qui renforce leur nocivité.

 

Les fabricants et la règlementation

Les fabricants affirment qu’ils n’introduisent pas de substances cancérogènes dans la composition de leurs produits. Ils ont d’autant plus raison que… la réglementation le leur interdit !

Tous ces composés se forment pendant la combustion et surtout en cas de combustion incomplète, ce qui est par définition le cas des encens et du Papier d’arménie. Ils se consument lentement sans flamme.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org