Ouate de cellulose L’instance de certification en cause

Ouate de cellulose

L’instance de certification en cause

Publié le : 14/07/2013 

La ouate de cellulose est un bon isolant, écologique de surcroît. Victime d’erreurs commises par la Commission des avis techniques, qui siège au Centre scientifique et technique du Bâtiment (CSTB), elle vient de traverser une mauvaise passe.

 

La ouate de cellulose a beau être un isolant performant, à la fois efficace et écologique, il faut avoir les nerfs solides pour travailler dans ce secteur en France. En tout juste un an, les fabricants ont dû respecter deux réglementations successives parfaitement contradictoires. Les experts de la Commission des avis techniques ont pris deux décisions contraires en un temps record. Du jamais vu, qui a mis toute une filière industrielle en péril et causé de graves problèmes aux consommateurs clients.

Le premier acte s’est joué en juin 2012. La Commission des avis techniques qui siège au Centre scientifique et technique du Bâtiment (CSTB) interdit alors de traiter la ouate de cellulose aux sels de bore. Motif : ils sont classés toxiques pour la reproduction. C’est vrai, mais ils restent autorisés comme ignifugeant des isolants. Ils ne sont pas émissifs, ce qui évite tout risque pour les occupants. Les pays dans lesquels la ouate de cellulose s’est imposée comme un isolant de premier ordre depuis plusieurs décennies y ont recours. Mais en France, pour d’obscures raisons, la Commission des avis techniques fait du zèle. Les fabricants sont donc contraints d’abandonner les sels de bore et de passer aux sels d’ammonium.

Dès le mois d’octobre, les plaintes affluent. Des particuliers qui viennent de faire poser de la ouate de cellulose sont obligés de quitter leur logement. Il est devenu irrespirable, envahi par de fortes odeurs d’ammoniac.

Défauts du système de certification des isolants à la française

Acte II : c’est le branle-bas de combat. Acculée face à sa décision désastreuse, la Commission des avis techniques fait marche arrière. Dès le mois de novembre, elle ré-autorise les sels de bore. Les fabricants qui avaient dû modifier leur processus de production 4 mois avant le changent à nouveau !

L’acte III vient de se jouer, début juillet. Le ministère de la Santé a publié un arrêté qui interdit… la ouate de cellulose traitée aux sels d’ammonium, tout juste un an après que la Commission des avis techniques l’a imposée ! L’arrêté exige même le retrait des lieux de vente et le rappel des produits pas encore posés. La ouate de cellulose traitée aux sels de bore redevient la référence, les consommateurs peuvent être rassurés.

Cette affaire démontre les défauts du système de certification des isolants à la française. Aux mains du CSTB et d’une Commission des avis techniques qui cultive l’opacité au point de refuser de publier l’identité de ses membres, il est d’un autre temps. Une réforme s’impose pour que l’évaluation des isolants se fasse en toute transparence.

Élisabeth Chesnais

echesnais@quechoisir.org