par Perrine Vennetier
par Perrine Vennetier
En cas de jeûne ou de besoin accru d’énergie, notre corps puise dans ses réserves de graisses. Mais une étude révèle un mécanisme inattendu : des cellules de notre système immunitaire interviennent pour freiner cette perte et préserver nos stocks.
On imagine souvent le tissu adipeux comme une réserve inerte de graisses dans le corps, qui les stocke en période d’abondance et qui les brûle en cas de besoin pour fournir de l’énergie. C’est vrai en cas de besoins ponctuels mais en cas de besoins prolongés, c’est plus compliqué. Au cœur du tissu adipeux se produisent des régulations dynamiques dans lesquelles interviennent des hormones, mais aussi… des cellules du système immunitaire.
Voilà la découverte surprenante qu’ont faite des chercheurs de l’université de San Diego (États-Unis) en suivant à la trace une sorte de globules blancs, les neutrophiles (1). Ces cellules font partie du système immunitaire et sont normalement en première ligne de la lutte contre les infections, notamment bactériennes. Mais elles semblent jouer d’autres rôles.
Lors d’un jeûne prolongé, la lipolyse (c’est-à-dire le fait de brûler des graisses) émet des signaux qui attirent ces globules blancs. Ceux-ci affluent dans le tissu adipeux, en particulier dans le tissu adipeux viscéral, celui qui s’accumule dans l’abdomen (par opposition au tissu adipeux sous-cutané qui se répartit un peu partout sous la peau). Sur place, les neutrophiles s’activent et libèrent alors une substance chimique (IL-1β) qui ralentit la conversion des graisses en énergie. Inversement, quand ces cellules ou cette substance sont bloquées, la perte de graisse reprend.
Tout se passe donc comme si le corps activait une « aide immunitaire » pour préserver ses graisses. Ce mécanisme de frein s’explique assez bien d’un point de vue évolutif : il évitait que les réserves de nos ancêtres ne s’épuisent trop vite en période de disette. Mais dans un contexte d’abondance alimentaire comme le nôtre, ce système de défense se retourne contre ceux qui voudraient perdre du poids. Il explique en partie pourquoi les régimes très pauvres en calories ou les privations drastiques sont inefficaces, voire contre-productifs à long terme.
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(1) “Neutrophils preserve energy storage in sympathetically activated adipocytes”, Nature, 10/12/2025.
Perrine Vennetier
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