Pesticides dans les fruits (vidéo) Un cocktail de résidus !

Pesticides dans les fruits (vidéo)

Un cocktail de résidus !

Publié le : 22/09/2016 

Des milliers de tonnes de pesticides sont répandues dans les champs chaque année. Qu’en reste-t-il dans nos aliments ? Nous avons confié à un laboratoire la recherche de résidus de plus de 500 pesticides sur 150 échantillons de pommes, poires, fraises et raisins, issus de l’agriculture conventionnelle ou biologique. Résultat : sauf en bio, de nombreux fruits cumulent plusieurs molécules. Des cocktails aux effets potentiellement nocifs pour notre santé.

 

Lavage et épluchage : un effet minime

Laver les fruits et légumes, éplucher ceux pour qui l’opération est possible, cela suffit-il pour éliminer en tout ou partie les pesticides ? Étonnamment, ni le Centre technique des fruits et légumes, ni les autorités sanitaires françaises ni leurs homologues ­européennes n’ont de données précises sur la question (1). Nous avons voulu nous faire une idée de la réponse en pratiquant un « mini-test » sur huit lots de pommes. Chacun a été divisé en trois groupes. Le premier a été analysé à l’état brut, le deuxième après avoir été lavé et le troisième après avoir été épluché. Précisons que pour le lavage, nous avons frotté les pommes sous un filet d’eau pendant environ 10 secondes.

Résultats

Ils sont décevants : échantillons bruts : 9 molécules en moyenne sont détectées (5 sont quantifiées). échantillons lavés : le chiffre ne tombe qu’à 8 molécules et la quantité globale diminue peu (12 %). Pommes épluchées : elles contiennent en moyenne 6 molécules (3 quantifiées) et la quantité diminue de moitié.

Interprétation

Il semble que deux obstacles s’opposent à l’élimination des pesticides par ces méthodes. Certains sont des produits dits « systémiques ». Appliqués notamment en enrobage des semences ou dans le sol et conçus pour pénétrer à l’intérieur de la plante, ils restent ensuite dans le fruit. D’autres, parmi les pesticides de contact présents sur l’extérieur du fruit, sont difficilement solubles dans l’eau.

(1) L’effet de la cuisson n’est pas mieux documenté.

Fabienne Maleysson

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Claire Garnier

Rédactrice technique