Pompes funèbres et obsèques (infographie)

Des écarts de prix inouïs

Publié le : 01/11/2014 

Les associations locales de l’UFC-Que Choisir ont visité plus de 800 magasins de pompes funèbres (réseaux, indépendants, régies municipales) afin de connaître les tarifs pour une inhumation ou une crémation. L’analyse des 1 132 devis recueillis nous a notamment permis de relever d’incroyables écarts entre les prix mini et maxi des principales prestations funéraires.

 

Pompes funèbres - Des écarts de prix inouïs

Notre infographie reprend les prix les plus bas et les prix les plus hauts de diverses prestations relevés par nos enquêteurs, lors de leur visite dans 818 magasins funéraires. Il permet ainsi de se rendre compte en un coup d’œil des écarts colossaux qui peuvent exister pour une même prestation. Les raisons sont variées. Mais l’une des explications les plus solides tient probablement au fait que, pour un même service, les assistants funéraires n’ont pas tous la même approche. Ainsi, la mise en bière pourra correspondre à la seule facturation des porteurs alors que dans d’autres cas, elle intégrera également la livraison du cercueil. Les explications rapportées par nos enquêteurs confirment d’ailleurs bien ces différences d’interprétation qui peuvent exister d’un point de vente à l’autre. Par exemple, dans le Bas-Rhin, un employé funéraire a inscrit la somme de 1 999 € sur la ligne du devis correspondant à l’ouverture du caveau. On est loin du prix moyen de 699 €. L’explication avancée ? L’opération devait passer par l’intervention d’un marbrier, ce qui en pratique n’est pas toujours nécessaire.

Point particulier, la redevance perçue pour l’utilisation du crématorium. On en dénombre aujourd’hui pas loin de 170, inégalement répartis sur le territoire. Dans les faits, la construction puis l’exploitation sont déléguées pour un temps donné par la commune (ou la communauté de communes) à un gestionnaire privé, en général un opérateur funéraire. En échange, celui-ci perçoit auprès des familles une redevance fixe négociée avec la collectivité locale. Dans notre enquête, cette redevance varie de 313 à 950 € selon la commune (par exemple 691 € au Père-Lachaise à Paris).

Notre enquête

 

Du 17 mai au 3 juin 2014, les enquêteurs de 109 associations locales UFC-Que Choisir se sont rendus dans 818 magasins funéraires répartis dans 76 départements. Ces points de vente appartenaient majoritairement à des indépendants (ils détiennent pas loin de 50 % du marché) ou à un réseau national : groupe OGF (PFG, Dignité funéraire, Roblot…), Roc-Eclerc. Quelques-uns des magasins visités appartenaient à des régies municipales.

 

Les enquêteurs ont tous joué le même scénario. Ils devaient s’informer sur l’organisation d’obsèques pour un de leurs proches ou eux-mêmes et prétendre être en pleine réflexion sur le type de funérailles souhaitées, inhumation ou crémation. Nos enquêteurs devaient obtenir les tarifs pour, au moins, le repos du défunt en chambre funéraire, pour un cercueil simple, pour l’inhumation du cercueil ou d’une urne dans un caveau familial et pour une courte cérémonie au cimetière ou au crématorium. Dans notre scénario, l’enquêteur devait préciser que les prestations seraient payées comptant (pas de contrat obsèques, donc).

 

Par ailleurs, l’arrêté du 23 août 2010 oblige les opérateurs funéraires à respecter un devis-type, présenté en trois colonnes. L’objectif est d’imposer les mêmes termes et rubriques à tous les professionnels afin de donner les moyens au consommateur comparer de plus facilement les diverses propositions tarifaires qui leur sont faites. Le devis doit notamment distinguer les prix TTC des prestations et fournitures obligatoires (exemple : mise en bière, cercueil, transport…) de celles qui sont optionnelles (exemples : toilette mortuaire, soins de conservation, fleurs…) et rappeler la formule de l’arrêté. L’analyse des devis obtenus par nos enquêteurs pour la crémation et l’inhumation (soit un total de 1 132, les 818 magasins visités lors de cette enquête n’en ayant pas tous établi pour les deux types de funérailles) nous a permis de vérifier s’ils respectaient ou non la réglementation. Ceux qui avaient omis de rappeler la formule du texte de 2010 ont été considérés comme « partiellement conformes ».

 

Arnaud de Blauwe

Contacter l’auteur(e)

Nadia Ejdaa