Scooter électrique Norauto Ride e1

Prise en main

Publié le : 08/05/2014 

Avec le scooter électrique Ride e1, Norauto propose un produit original qui permettra de sensibiliser les plus jeunes au transport écologique. Mais quelques concessions à faire, surtout au niveau de la qualité de fabrication, noircissent le tableau.

 

 

Scooter électrique Norauto Ride e1
© Norauto

Principale originalité du Ride e1 de Norauto : son moteur électrique. Nous connaissions bien sûr ce type de motorisation pour les voitures, mais nous étions curieux d’en connaître l’efficacité sur un deux-roues. Le Ride e1 est équivalent à un 50 cm3 et peut donc se conduire avec le BSR (brevet de sécurité routière), un « diplôme » obtenu dès l’âge de 14 ans permettant de conduire un deux-roues de moins de 50 cm3 (ou de 4 kW maxi) dont la vitesse est limitée à 45 km/h.

Un bon moteur pas cher

Proposé à 1 199 €, le Ride e1 est financièrement intéressant. Du moins sur le long terme. En effet, s’il faut compter 30 % de plus à l’achat par rapport à un scooter identique, le surcoût s’amortira au bout de deux ans (le calcul peut néanmoins varier selon le nombre de kilomètres parcourus) compte tenu du coût de recharge. L’e1 revient en effet beaucoup moins cher à l’usage que son homologue à essence. Ainsi, selon les calculs de Norauto, le prix de revient kilométrique (1) serait de seulement 0,18 €/km, contre 0,28 €/km pour le Ride Jump, son pendant à moteur essence (vendu 799 €).

Mais, au-delà de l’aspect financier, le Ride e1 est aussi plus agréable à conduire grâce à l’absence de bruit, de vibration et même d’odeur. Des désagréments que l’on constate d’habitude sur les petits engins à moteur deux temps qui carburent au mélange essence-huile.

 

Scooter électrique Norauto Ride e1
Le bouton de droite permet de limiter la puissance pour plus d'autonomie. © Norauto

Autre avantage avec le moteur électrique, l’accélération est linéaire et plutôt vive, même s’il ne s’agit pas d’un foudre de guerre, et les démarrages sont plus rapides qu’avec un moteur thermique. Reste que chaque accélération fait fondre l’autonomie qui se situe aux alentours des 40 km. Il est toutefois possible de l’augmenter un peu en utilisant l’interrupteur dédié qui propose deux configurations, L (Low) et H (High). Dans le premier cas, la vitesse maxi est réduite à 38 km/h pour limiter la consommation énergétique au profit de l’autonomie qui peut alors atteindre les 50 km. Le second propose la puissance maxi pour une distance minimale de 30 km selon le type de route et le style de conduite.

À noter enfin que la conduite d’un scooter électrique est légèrement différente de celle d’un engin « normal » et demande un petit temps d’adaptation. Par exemple, le dosage de la poignée d’accélérateur est particulier et il faudra bien l’appréhender pour éviter de démarrer à chaque fois sur les chapeaux de roues. De même, comme la moindre action sur les freins inhibe le fonctionnement du moteur, après un freinage, il subsiste un très léger temps de réponse qu’il faudra apprendre à gérer.

 

Scooter électrique Norauto Ride e1
Des plastiques de qualité moyenne. © Norauto

Une batterie qui doit faire ses preuves

Le prix intéressant de cet engin fabriqué en Chine va malheureusement de pair avec une finition et un confort pour le moins perfectibles. La faute à des pneus et des suspensions relativement durs qui retransmettent les défauts de la route.

 

Scooter électrique Norauto Ride e1
Impossible de retirer la batterie pour la recharger. © Norauto

Mais le plus gros souci de l’e1 semble être sa batterie. En effet, pour réduire au maximum les coûts, le fabricant a opté pour une batterie au plomb-gel. Une solution pourtant abandonnée sur les véhicules électriques depuis longtemps. Même les vélos électriques ou les trottinettes sont quasiment tous proposés avec une batterie lithium-ion, plus résistante aux cycles de charge et décharge et acceptant facilement une charge partielle. Ce n’est pas le cas du Ride e1 : pour conserver sa durée de vie, la batterie à base de plomb doit être rechargée une fois vide et supporte très mal les charges répétitives de courte durée. Il faudra donc bien gérer son autonomie pour assurer une charge complète – dommage, la batterie n’est pas extractible. Certes, le scooter est sécurisé pendant la charge (contact totalement coupé et direction bloquée) mais cela impose d’avoir une prise de courant à disposition. Et, pour recharger l’e1, une seule solution : une prise domestique 220 volts et 16 Ah. Impossible d’utiliser les bornes de recharge rapide comme pour une voiture électrique, car la puissance fournie est trop élevée. Dans ces conditions, il faudra compter de 6 à 8 heures pour une recharge complète de la batterie. À noter que le scooter de Norauto est équipé d’un chargeur « intelligent » qui s’éteint automatiquement lorsque la charge est complète.

Le Ride e1 est plutôt agréable à utiliser, même s’il faut accepter de faire des concessions en termes de qualité de fabrication. À la condition de disposer d’un endroit adapté à sa recharge et de parcourir moins de 40 km par jour, il offre une alternative sympathique pour se déplacer de façon écologique. Reste à savoir si sa batterie tient ses promesses au fil des recharges.

 

Scooter électrique Norauto Ride e1
© Norauto

 

(1) Le prix de revient kilométrique a été calculé sur 2 ans pour 4 000 km par an et inclut le prix d’achat, l’assurance, les frais de mise en route, le carburant, l’entretien et même la revente.