Un vélo vient de vous dépasser en trombe alors que vous êtes le roi de la pédale ? Au feu suivant, le mystère est levé : c’est un vélo à assistance électrique (VAE) qui vous a laissé sur place ! Avec ces machines de plus en plus populaires, fini les montées poussives, les arrivées au bureau en sueur ou les efforts face au vent. Il existe aujourd’hui une foule de modèles, y compris des VTT et des vélos de course, à des prix allant de 600 à 6 000 €. L’autonomie des batteries est largement suffisante pour les déplacements urbains. Voici quelques repères pour vous y retrouver.

 
SOMMAIRE

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Les avantages et les limites du vélo électrique

Avantages. Vous repartez très facilement après chaque arrêt à un feu. Vous passez les côtes sans effort. Vous transportez aisément un enfant sur un siège derrière vous. L’entretien est très peu coûteux. Les sensations en roulant sont en général jugées très agréables.

Limites. Quand la batterie est déchargée, vous vous retrouvez avec un vélo pesant un âne mort, entre 20 et 30 kg. Choisissez un modèle le plus léger possible si, pour le ranger chez vous, le charger dans un TER ou le garer à votre travail, il vous faut franchir des marches vélo à la main, ou manœuvrer dans un couloir étroit.

Attention aussi aux vols : un VAE peut faire des envieux. Dans l’idéal, retirez la batterie quand vous le garez. Un VAE sans batterie n’a aucun intérêt. Sinon, accrochez votre vélo avec un, voire deux antivols solides. Vu la fragilité de nombre d’entre eux, c’est peut-être plus dur à trouver qu’un bon vélo. Lors notre test d’antivols datant de 2012, certains résistaient moins de 5 secondes…

Le prix

En dessous de 600 €, attention. Le fabricant a forcément sacrifié quelque chose. Entre 700 et 1 200 €, l’éventail de choix est déjà large en matière de vélos urbains ou mixtes randonnée-ville, à condition de ne pas être trop regardant sur la qualité des finitions. Entre 1 200 et 3 000 €, vous trouverez soit des vélos urbains de bonne facture et bien équipés (freins à disque, éclairage très performant, cadre en aluminium, moteur dans le pédalier, assistance proportionnelle, design élégant, etc.), soit des vélos tout-terrain électriques.

Au-delà de 3 000 €, vous aurez un VTT haut de gamme. Des « speed-bikes » ont également fait leur apparition dans cette catégorie de prix. Capables de rouler à 45 km/h, ce ne sont plus des vélos au sens de la réglementation : ils sont soumis aux mêmes obligations que les deux-roues motorisés, avec casque, immatriculation et assurance obligatoires.

À partir de 6 000 €, enfin, commence le nec plus ultra du VAE : un vélo de compétition doté d’un moteur miniaturisé et invisible, niché dans le cadre, en prise directe avec le pédalier.

La batterie

Batterie vélo électrique

Pour des trajets courts, une batterie de 8 Ah suffit.

Ampères, volts, watts…

Les capacités sont exprimées en ampères-heures, watts et volts, ce qui n’est pas toujours très clair. Un peu de technique : l’ampérage correspond à l’électricité disponible dans votre batterie, et le voltage à la tension de votre moteur électrique. En multipliant l’ampérage par le voltage, vous obtenez, en watts-heures, la quantité d’énergie de la batterie quand elle est pleine. En théorie de 360 W, la puissance sur laquelle vous pouvez compter réellement avec une batterie 10 × 36 tourne plutôt autour de 250 W/h. C’est suffisant pour grimper n’importe quelle côte sans effort. En résumé : plus l’ampérage est élevé, plus l’autonomie est importante, et plus le voltage est élevé, plus la conduite sera « facile ».

Autonomie

Les fabricants sérieux donnent des fourchettes larges, type « 50 à 95 km ». C’est peu précis, mais c’est honnête. Il est impossible de dire exactement quelle distance couvre une batterie donnée. Trop de paramètres entrent en compte : votre poids, votre force, le vent, le gonflage des pneus, le relief, etc. Pour donner un ordre de grandeur, disons qu’une batterie de 36 V-10 Ah neuve permet de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres à une allure comprise entre 15 et 25 km/h. Avec le temps, les performances vont se dégrader, mais vous pouvez compter sur plusieurs centaines de cycles de charge et décharge si vous avez une batterie de marque réputée : Bosch, Yamaha, Panasonic, Sram, Shimano, Giant… Le coût de la recharge sur secteur est négligeable, de l’ordre de quelques centimes pour 50 km.

Récupération d’énergie

Certains fabricants mettent en avant des dispositifs visant à récupérer de l’énergie pour la batterie dans les descentes et au freinage. L’idée semble logique et séduisante, mais le rendement est décevant, en particulier sur les parcours plats, où une grande part de l’énergie dépensée est utilisée pour vaincre la résistance de l’air et ne pourra pas être récupérée.

Le moteur

Il peut être situé dans la roue arrière, dans la roue avant ou dans le pédalier, ce qui est idéal car le vélo est alors bien équilibré. Placé dans une des roues, le moteur peut gêner la réparation en cas de crevaison. S’il est installé dans le moyeu de la roue avant, il aura tendance à alourdir la direction et à rendre le vélo un peu instable. Sur un VTT, le moteur est souvent à l’arrière, car il favorise la propulsion.

Quel mode d’assistance ?

Pédalier avec capteur de force

Pédalier avec capteur de force.

Les modèles haut de gamme comportent pour la plupart un capteur de force ou de couple : l’assistance est progressive, selon l’effort fourni par le cycliste. L’impression d’aisance et de confort sur la route est manifeste. La conduite se fait sans à-coup et, une fois ce système essayé, il est difficile de passer à un modèle moins perfectionné. Dans les gammes de prix basses ou moyennes, les capteurs de pédalage sont prédominants. Ils fournissent une assistance dite « tout ou rien », livrée d’emblée à son maximum, dès qu’on appuie sur les pédales. Si elle est mal conçue, elle peut donner le sentiment d’être inadaptée au relief et de rendre le vélo moins facile à contrôler.

Niveaux d’assistance

Assistance au démarrage vélo électrique

Un simple appui facilite le démarrage.

Les vélos proposent de 3 à 6 niveaux d’assistance, à sélectionner via la console fixée au guidon, en fonction de votre forme et du relief.

Le couple

Exprimé en newtons par mètre (N·m), il représente la force du moteur. En pratique, plus le couple est élevé, plus la sensation de facilité est grande. C’est une valeur à regarder de près si vous comptez utiliser votre vélo électrique en montagne ou en zone vallonnée. Le couple peut aller de 15 à 85 N·m.

La console

Ce petit module de contrôle est en général clipsé sur le guidon. Il permet de sélectionner le niveau d’assistance, et de visualiser le niveau de charge de la batterie. Parfois s’y affiche le nombre de kilomètres parcourus. Sur certains modèles, la console contrôle l’allumage des lumières : pratique !

Achat sur Internet

À éviter. Le ressenti est primordial pour trouver un vélo adapté à vos besoins. C’est d’autant plus vrai pour un modèle à assistance électrique, qu’il faut impérativement essayer avant d’acheter. Chez les revendeurs, il est toujours proposé d’essayer le vélo. On peut même parfois le louer pour le tester sur une longue distance ou sur le trajet travail-domicile.

L’entretien

Le lithium-ion a remplacé le plomb et les polymères. Cette technologie n’étant pas sensible à « l’effet mémoire », vous pouvez recharger votre batterie sans attendre qu’elle soit complètement à plat. Ne la laissez pas branchée en permanence, ses performances s’en ressentiraient. Évitez de la stocker au froid, le lithium-ion n’apprécie pas. Si vous restez plusieurs mois sans rouler, pensez à la recharger de temps en temps. Inutile de conserver une batterie de rechange. Enfin, sachez que ses performances baisseront de 10 à 15 % par an même si vous ne l’utilisez pas.

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Anne-Sophie Stamane

asstamane

Erwan Seznec