Vélo électrique Le speed bike, un cyclomoteur à pédales

Vélo électrique

Le speed bike, un cyclomoteur à pédales

Publié le : 14/03/2021 
Les vélos électriques rapides, appelés speed bikes, offrent une assistance jusqu’à 45 km/h. Ces vélos adaptés aux longues distances sortent de la catégorie vélos pour rejoindre celle des cyclomoteurs. À la clé, des changements notables en termes d’équipements et de réglementation.
 

En résumé

  • Les speed bikes offrent une assistance électrique jusqu’à 45 km/h. Ils doivent être immatriculés et l’assurance est obligatoire.
  • Le pilote doit être titulaire du permis A, B ou AM (ex-BSR), porter un casque et des gants homologués. Nous conseillons aussi des lunettes de protection et des manches longues.
  • Interdiction de rouler sur les pistes cyclables, les pistes forestières et d’emprunter les contresens pour vélos.
  • Interdiction d’installer un siège bébé ou une remorque.

Un ovni sur la route

Des pédales, un guidon, un dérailleur, des freins à disque… Pas de doute, le speed bike est un vélo. Un vélo électrique, même : son moteur situé dans le pédalier et sa batterie camouflée dans le cadre ne trompent pas. Mais avec son rétroviseur et sa plaque d’immatriculation, ses feux puissants, ses pneus larges et son klaxon de moto, le speed bike reprend aussi les codes des scooters. Alors oui, cet ovni est un vélo, mais c’est aussi, et surtout, aux yeux de la loi un cyclomoteur. Une raison à cela : la puissance de son moteur, qui peut dépasser les 250 W autorisés pour les VAE (vélos à assistance électrique) classiques et atteint généralement 350 W ou 500 W. L’assistance électrique est active jusqu’à 45 km/h, et non plus jusqu’à 25 km/h. Les speed bike doivent donc respecter la législation des cyclomoteurs de moins de 50 cc.

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Le speed bike est un vélo, mais aussi… un cyclomoteur, aux yeux de la loi.

Permis de conduire, carte grise et assurance

Ainsi, pour conduire un speed bike, il faut être âgé de 14 ans minimum et titulaire du permis A, B, AM ou du BSR (brevet de sécurité routière) (1). Le vélo doit être immatriculé. Entre la taxe, la plaque et la prestation, comptez entre 50 et 60 € de frais pour l’immatriculation. L’assurance est par ailleurs obligatoire et le certificat (la vignette verte) apposé à l’avant de la fourche, autrement dit sur la fourche ou sur le garde-boue (art. A211-10 du Code des assurances). Le prix peut varier de 10 à 50 €/mois selon l’assureur, votre profil et le niveau de couverture choisi. Vous devez au minimum être couvert par une assurance responsabilité civile pour cyclomoteurs, qui couvre les dommages causés aux tiers. Comme les scooters, les speed bikes sont interdits sur les pistes cyclables. Le fabricant livre un vélo qui a été homologué, un certificat de conformité doit être remis au client au moment de l’achat. Vous ne pourrez monter que des pièces de rechange inscrites dans le certificat de conformité. Notez enfin qu’il est interdit d’y installer un siège bébé ou une remorque.

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Un speed bike doit être immatriculé, comme tout cyclomoteur de 50 cm3 thermique ou électrique.

Des roues au klaxon : des composants robustes

Les speed bikes doivent respecter de multiples critères de conception. Sur le guidon, le rétroviseur est obligatoire et l’avertisseur sonore à commande déportée retentit comme celui d’une moto. Un bouton permet de passer les phares en feux de position ou en plein phares (ils sont obligatoirement allumés en permanence). Seuls deux fabricants de freins livrent des modèles homologués (Magura et Tektro). Réglementation oblige, les freins avant et arrière sont inversés par rapport à ceux d’un vélo : le levier de frein arrière est à gauche, celui de l’avant à droite. Au bout de leur poignée, une boule censée limiter les blessures en cas d’accident. Le feu arrière s’allume quand le pilote freine. La plaque d’immatriculation doit par ailleurs être éclairée, les pneus homologués pour une vitesse de 45 km/h. Enfin, la vitesse doit être affichée en permanence sur un compteur ou un écran.

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Un rétroviseur, une boule au bout de chaque levier de frein, un bouton pour le klaxon… Des détails qui ne trompent pas. À droite, l’écran sert à changer le mode d’assistance et surtout, il doit afficher en permanence la vitesse.

Un casque spécial et des gants obligatoires

S’il est optionnel (mais conseillé) pour rouler en vélo électrique classique, le port du casque est obligatoire avec un speed bike. Mais pas n’importe quel casque, et surtout pas un casque de vélo. En France, la réglementation impose le port d’un casque homologué ECE2205, c’est-à-dire d’un casque… de moto. Deux modèles pour speed bike sont homologués en France (le Cratoni Vigor à 200 € et le Kali Java à 169 €). À ce jour, toutes les autres marques proposent des casques « spécial speed bike » commercialisés par les distributeurs d’accessoires vélo et respectant la norme NTA8776. Ceux-là sont censés offrir une meilleure résistance à l’impact et couvrent le crâne plus largement (notamment derrière la tête et au niveau des tempes). Ils semblent donc bien adaptés, mais il s’agit d’une norme en vigueur… en Belgique et aux Pays-Bas.

Vous devrez aussi porter des gants homologués pour les motos. La norme qui les définit (EN13594:2015) prévoit deux niveaux de protection : 1 ou 1KP et 2KP (KP pour « knuckle protection », protection des articulations).

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Rares sont les casques « spécial speed bike » officiellement homologués en France. Le Cratoni Vitor, à droite, fait exception.

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Gants obligatoires, comme pour tout deux-roues motorisé de 50 cm3 et plus.

Un budget de 3 500 € à plus de 7 000 €

Cube, Gazelle, Haibike, Kalkhoff, Moustache, Trek Bikes… Plusieurs grands fabricants de vélos et de vélos électriques proposent désormais un ou plusieurs speed bike. Ce sont des modèles assez haut de gamme : les prix varient de 3 500 € à 7 000 €. Sachez que ces vélos ne sont pas éligibles aux subventions d’aides à l’achat, ni nationales, ni régionales.

Notes

(1) Pour les speed bikes et les cyclomoteurs de 50 cc :

  • vous êtes né avant le 31/12/1987 : aucun permis de conduire n’est obligatoire ;
  • vous êtes né après le 1/1/1988 : BSR ou permis AM.

Camille Gruhier