par Sophie Cousin
Infections nosocomialesComment limiter le risque ?
Particulièrement craintes, et parfois graves, les infections contractées à l'hôpital ne sont pas rares. Si certaines personnes ou certaines situations augmentent le risque d'en souffrir, les infections nosocomiales sont évitables.
Escherichia coli, Staphylococcus aureus, Enterococcus faecalis, Pseudomonas aeruginosa… la simple évocation de ces bactéries à l’origine des maladies nosocomiales fait frémir. À raison.
Un patient hospitalisé sur 18 en contracte une. Infections urinaires, pneumonies, infections du site opératoire et bactériémies (bactérie pathogène présente dans le sang) sont les quatre plus fréquentes. Le danger est plus élevé dans les centres de lutte contre le cancer et les CHU/CHR (8,5 %), où les services de réanimation sont les premiers concernés. Les personnes les plus à risque sont celles âgées de plus de 65 ans, atteintes d’un déficit immunitaire ou d’une affection maligne ou engageant le pronostic vital.
Les mains en ligne de mire
Le nombre d’infections nosocomiales demeure stable depuis de nombreuses années, malgré les campagnes de sensibilisation répétées des pouvoirs publics et de l’association Le Lien. « Au moment de la pandémie du covid, il y a eu une prise de conscience sur la transmission par les mains, qui sont le plus souvent en cause dans les infections contractées à l’hôpital. Les lavages de mains étaient mieux réalisés, mais nous observons un relâchement depuis », souligne Claude Rambaud, vice-présidente du Lien.
Alors, comment prévenir ce risque quand on est hospitalisé ? La base, c’est une très bonne hygiène des mains. On utilise systématiquement le gel hydroalcoolique à disposition dans les chambres et dans les couloirs (ou on se lave les mains à l’eau et au savon), et on demande aux visiteurs et au personnel soignant de faire de même. « Ensuite, il faut oser en parler ! encourage Claude Rambaud. Moi-même, juste avant de passer au bloc pour être opérée, j’ai vu une infirmière qui venait de ranger mes chaussures sur le point de prendre un cathéter sans se laver les mains entre les deux ! Je lui ai demandé de le faire, elle s’est un peu vexée, mais c’est indispensable car sinon, le risque est vital. »
Gare aux sondes
Tous les actes invasifs, en particulier la pose de cathéter et d’une sonde urinaire, sont des situations à risque. La toilette urogénitale doit notamment être minutieuse avant et après la pose de cette dernière. Par ailleurs, le risque d’infection urinaire augmente au fil des journées passées avec la sonde. N’hésitez pas à aborder ce point avec l’équipe soignante si vous avez le sentiment que ce dispositif est maintenu en place inutilement. Enfin, limiter ou stopper le tabac et l’alcool plusieurs semaines avant une intervention chirurgicale limite le danger.
Sophie Cousin