CONSEILS

Rénovation énergétiqueComment bien isoler son logement

JB

par Jordan Belly

Une bonne isolation est souvent le meilleur investissement à réaliser pour améliorer notre habitat : elle permet de le rendre plus économe en énergie, sain et confortable, tout en préservant les ressources de la planète et en limitant notre impact sur le climat. Voici quelques points clés. 

L’isolation thermique, des économies et du confort !

Premier avantage, évident : isoler du froid réduit la consommation d’énergie nécessaire au chauffage. Et comme toute bonne isolation protège aussi en partie de la chaleur, si vous utilisez une climatisation – énergivore –, vous ferez également des économies dans ce cadre. 

L’isolation accroît également le confort. L’hiver, la proximité d’un mur donnant sur l’extérieur, d’un sol ou d’une fenêtre mal isolés provoque une sensation d’inconfort thermique. C’est ce qu’on appelle l’effet de « paroi froide ». 

  • Cet effet génère en fait deux phénomènes. Tout d’abord, quand nous sommes près de cette surface froide, celle-ci absorbe la chaleur émise par notre corps, ce qui nous refroidit. Par ailleurs, l’air chaud en contact avec cette même paroi se refroidit également, créant un « courant d’air » désagréable (sans compter ceux des portes et fenêtres mal isolées).
  • Ainsi, selon l’Ademe, un mur à 14 °C et un air ambiant à 19 °C génèrent pour le corps humain un ressenti de 16,5 °C.
  • Enfin, une piètre isolation entraîne souvent davantage d’humidité à l’intérieur, ce qui aggrave la sensation de froid.
  • Tout cela nous pousse à tourner le thermostat pour accroître la sensation de chaleur – et c’est tout sauf une bonne idée, tant pour nos finances que pour la planète… 

Concevoir le bon projet

En matière d’isolation, chaque projet est unique :

  • Le parc immobilier français est très diversifié, et à chaque logement correspondent des besoins différents.
  • La réflexion n’est pas la même selon les climats : dans le Sud, par exemple, mieux vaut privilégier des matériaux et des solutions qui n’aggraveront pas les problèmes de chaleur. 

Prenez votre temps avant de vous lancer. Ne vous décidez pas seulement en fonction des éventuelles aides financières. Demandez plusieurs avis, plusieurs devis, faites-vous conseiller (vous trouverez une aide et un accompagnement précieux sur www.france-renov.gouv.fr). Un projet mal conçu peut se révéler peu ou pas rentable économiquement. 

Par où commencer ?

Les déperditions de chaleur les plus sérieuses se situent au niveau de la toiture, la chaleur ayant tendance à s’élever. On les évalue à 25-30 % du total. Commencez par là (mais ne vous y arrêtez pas si vous vivez en climat chaud) ! Et ne vous en privez pas en cas de réfection de la toiture : intégrer une isolation thermique au projet n’engendre qu’un surcoût modéré.

Viennent ensuite les murs qui donnent sur l’extérieur, les aérations par lesquelles l’air est renouvelé (ventilation) et les fuites (au niveau de la cheminée, par exemple). Chacun de ces postes représente 20 à 25 % des déperditions.

Les fenêtres, si elles sont en simple vitrage et/ou laissent passer l’air, comptent pour 10 à 15 %.

Le froid qui vient du sol « bas » (le plancher séparant l’intérieur du bâtiment du sol ou d’un espace non chauffé) compte, lui, pour 5 à 10 % des déperditions, tout comme ce qu’on appelle les ponts thermiques. 

Et contre le bruit et la chaleur ?

Bonne nouvelle, l’isolation thermique contre la perte de chaleur en hiver sera également efficace contre le bruit (sauf en cas d’isolation extérieure en polystyrène par la façade de deux logements mitoyens). Pour vous protéger de voisins tapageurs avec qui vous partagez un mur mitoyen ou pour isoler une pièce où vous jouez de la musique, le liège se révèle un très bon isolant. Contre le vacarme de la rue, de nouvelles fenêtres munies de bons châssis et de double vitrage font une réelle différence.

Lutter contre la chaleur peut s’avérer plus compliqué. Une récente étude de Que Choisir a souligné par exemple qu’isoler uniquement des combles (sans autre geste d’isolation) risque d’aggraver l’inconfort en été. Cela se vérifie particulièrement avec la laine de verre, qui protège bien contre le froid, mais pas contre le chaud. Le choix du meilleur isolant tient alors compte non seulement de sa résistance thermique R, mais aussi de son déphasage (le nombre d’heures qu’il faut à une onde de chaleur pour traverser l’isolant). Les plus efficaces sont le liège (10 heures de déphasage pour 20 cm d’épaisseur), la fibre de bois et la ouate de cellulose (un peu plus de 7 heures pour chacune, toujours pour 20 cm). La laine de verre et le polystyrène expansé ne tiennent, pour la même épaisseur, que 3 heures environ. 

Les critères utilisés pour l’isolation thermique

La capacité d’un matériau à isoler du froid est déterminée par sa conductivité thermique, propriété mesurée par le coefficient λ, exprimé en W/m.K. Plus la valeur du λ est basse, moins le matériau est conducteur, et plus le pouvoir isolant du matériau est donc important. 

Mais le critère essentiel en la matière est la résistance thermique de l’isolation, notée R, exprimée en m2.K/W. Elle se calcule en divisant l’épaisseur du matériau (en mètres) par sa conductivité thermique λ. Plus R est élevé, meilleur est le pouvoir isolant.

λ et R sont donc étroitement liés. Plus le matériau est isolant (autrement dit, plus son λ est faible), moins il faut d’épaisseur pour atteindre une bonne performance thermique.

Isolation : des règles d’or à respecter

Selon votre situation géographique et votre mode de vie, vos besoins varient en matière de protection contre le froid, la chaleur, voire contre le bruit. En fonction de leur destination (toiture, murs, sols, combles…), choisissez les matériaux adéquats

Soyez attentif aux ponts thermiques, ces zones où l’isolation est interrompue, entraînant des « fuites ». Ils se trouvent souvent aux jonctions entre les murs, les planchers, la toiture ou autour des fenêtres et des portes. Pour éviter de telles déperditions, il faut assurer une pose soignée. 

L’isolation par l’extérieur (ITE) est le meilleur moyen de réduire les ponts thermiques, encore plus si elle est réalisée sur les murs et sur le toit. De plus, l’ITE est la plus efficace contre la chaleur et les rayonnements, qui se trouvent bloqués avant de pénétrer à l’intérieur. Par ailleurs, les façades sont aussi mieux protégées de la pluie. 

Enfin, veillez à la qualité de l’air intérieur. Si les travaux ne sont pas réalisés dans les règles de l’art, isoler peut entraîner des problèmes de pollution (quand l’air ne circule pas suffisamment) et d’humidité (l’absence d’aération crée une condensation qui risque à terme d’endommager les murs intérieurs). Prévoyez une ventilation adaptée.

→ Lire aussi : Guide d'achat - Comment choisir le bon isolant

Ne jamais négliger l’aération

Un processus d’isolation un peu conséquent rend votre maison en partie étanche. Sans régulation, cette étanchéité génère d’importants problèmes d’humidité intérieure pouvant entraîner des allergies et des troubles respiratoires. Exigez toujours une solution de ventilation mécanique contrôlée (VMC). 

Le plus basique est le système de VMC simple flux, une ventilation électrique qui extrait l’air vicié des pièces « humides » (cuisine, salle de bains) à l’aide d’un petit ventilateur, tandis que l’air neuf pénètre naturellement par des entrées situées dans les menuiseries (fenêtres, coffres de volets…).

N’hésitez pas à privilégier une version hygroréglable (à peine plus chère) : le système adapte automatiquement les débits d’air au taux d’humidité du logement (il ventile donc uniquement lorsque c’est nécessaire). 

Il existe enfin des modèles à double flux, précieux pour des maisons entièrement rénovées, isolées selon les règles BBC (ou lors de la construction). Un échangeur thermique récupère les calories de l’air intérieur extrait pour préchauffer l’air entrant. Ces systèmes sont nettement plus onéreux et compliqués à mettre en œuvre.

Isolation : des gains en cas de revente

Aujourd’hui, un bien ayant un diagnostic de performance énergétique (DPE) F ou G, donc classé « passoire thermique », peut être difficile à vendre. Avec une isolation complète (murs extérieurs, toit, plancher, huisseries et volets), il peut, d’après une récente étude de Que Choisir, passer de G à D voire à C (sauf en montagne) et être revendu 20 % plus cher. Si vous le conservez, tablez sur une baisse de plus de 80 % des besoins en chauffage. À savoir : comptez 45 000 à 60 000 € de travaux pour un pavillon de 67 m2.

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Jordan Belly

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