Verrues Comment les soigner

Verrues

Comment les soigner

Les verrues sont des petites affections de la peau sans gravité qui disparaissent le plus souvent d’elles-mêmes. En cas de gêne esthétique ou de douleur, il vaut mieux commencer par un traitement non agressif. Les traitements médicaux classiques peuvent comporter des risques et ont une efficacité limitée.

 

Les verrues se présentent comme de petites tuméfactions bénignes sur la peau survenant après la contamination de celle-ci par un virus. Elles peuvent avoir des aspects différents et siègent sur la peau des mains, du visage ou de la plante des pieds.

 

Comment reconnaître une verrue ?

Les verrues sont des affections cutanées très fréquentes. Elles touchent le plus souvent les enfants mais ne sont pas rares chez les adultes. On distingue plusieurs types de verrues.

Les verrues dites communes ou vulgaires sont localisées sur le dos des mains et les doigts. Elles se présentent comme des excroissances hémisphériques de quelques millimètres à 1 cm.

Les verrues planes siègent surtout au niveau du visage et sur le dos des mains. Ce sont des petites lésions arrondies de couleur chair ou pigmentées.

Les verrues dites filiformes, d’aspect étroit et allongé et de couleur brun chair, sont aussi localisées au niveau du visage, du nez, autour de la bouche et au niveau des zones de rasage chez les hommes.

Les verrues plantaires concernent surtout sur la plante des pieds. Elles sont le plus souvent isolées et se présentent sous l’aspect d’une lésion unique, ponctuée de points noirs, douloureuse à l’appui. Elles peuvent aussi se regrouper et former une sorte de plaque de verrues superficielles et non douloureuses (verrue mosaïque).

Bon à savoir. Il est parfois difficile de faire la distinction entre un cor au pied, un durillon et une verrue plantaire. Le cor se présente comme un noyau de corne dense et douloureux sur une zone de frottement ou de friction. La verrue plantaire comporte souvent des points noirs en surface. En cas de doute, il est préférable de consulter.

 

Quelle est l’origine des verrues ?

Les verrues sont des infections virales bénignes de la peau, causées par un papillomavirus ou virus HPV dont il existe des dizaines de types différents. Ces papillomavirus sont présents à la surface de la peau de plus de 50 % des personnes, mais ne déclenchent pas pour autant de verrues (porteurs sains). Ils se transmettent par contact cutané, notamment par l’intermédiaire de squames de peau infectées par le virus. À la différence des HPV qui infectent les muqueuses anogénitales et qui sont susceptibles d’entraîner un cancer, les papillomavirus des verrues cutanées n’augmentent pas le risque de cancer.

 

Peut-on éviter la contamination ?

Le virus HPV est présent un peu partout, dans les piscines, les salles de sport, sur les plages, il n’y a donc pas vraiment de moyen pour s’en protéger. On ne sait pas bien pourquoi la majorité des personnes portent le virus HPV sans avoir de verrues alors que d’autres vont développer des lésions. La grande majorité des enfants auront un jour ou l’autre une verrue, car ils ne sont pas immunisés contre le virus. Pour les adultes, une baisse de l’immunité favorise le développement d’une verrue. À la suite d’une petite effraction cutanée ou d’une fragilisation de l’épiderme comme un dessèchement de la peau, le virus peut infecter la cellule de l’épiderme et entraîner une verrue. Si vous avez une verrue, évitez de l’écorcher ou de la gratter afin d’empêcher la propagation du virus. Vous limiterez ainsi les risques de contaminer d’autres ­personnes ou de voir vos verrues se multiplier par autocontamination.

 

Comment traiter une verrue ?

Inutile de vous précipiter chez le dermatologue ou à la pharmacie pour acheter un produit, car la plupart des verrues guérissent toutes seules dans les deux ans. Certaines verrues mettent cependant plus longtemps à disparaître, chez l’enfant comme chez l’adulte. Si votre verrue est très disgracieuse ou si elle entraîne des douleurs, notamment à la marche, vous préférerez sans doute la traiter sans attendre sa disparition spontanée. Sachez cependant que les traitements ont une efficacité limitée et que les récidives sont fréquentes. En effet, les traitements détruisent les lésions visibles mais ne permettent pas de se débarrasser du virus. Les traitements classiques pouvant être douloureux et non dénués d’effets indésirables, commencez de préférence par des méthodes douces non conventionnelles. Il sera toujours temps de vous tourner vers des traitements plus « agressifs » ou de consulter si vous n’arrivez pas à faire disparaître vos verrues.

Les traitements non conventionnels

Ils sont nombreux, et il est difficile de juger de leur efficacité puisque l’évolution naturelle d’une verrue est de disparaître, avec ou sans traitement. Vous avez le choix entre l’homéopathie, la phytothérapie, les différents « remèdes de bonne femme » ou les guérisseurs en tout genre. Autant privilégier ceux qui ne vous coûteront rien.

Par exemple, essayez la chélidoine, ou « herbe à verrues », qui pousse à l’état sauvage. Sa fleur est jaune et elle est reconnaissable à la couleur de sa sève, jaune orangé, visible lorsqu’on casse une tige en deux. Appliquez ce jus coloré sur la verrue tous les jours jusqu’à sa disparition. Cette sève étant corrosive et toxique, elle ne doit pas être ingérée ou employée pour d’autres usages.

Prudence avec les produits en automédication

En cas d’échec des méthodes non conventionnelles ou si vous doutez de leur efficacité, vous serez peut-être tenté d’acheter en pharmacie des verrucides à base d’acides pour vous débarrasser de vos verrues gênantes (Kerafilm, Verrufilm, Transvercid, Verrupan, etc.). Ces traitements sont peu efficaces mais fortement corrosifs. En dépit de leurs dispositifs applicateurs, il est difficile de mettre ces produits uniquement sur les verrues sans déborder sur la peau saine. Ils peuvent entraîner des brûlures profondes et parfois des séquelles irréversibles (cicatrices, déformations des doigts, douleurs, etc.). « Ces effets indésirables sont injustifiés étant donné la bénignité des verrues et la faiblesse de l’efficacité de ces produits », souligne la revue Prescrire.

Autre alternative, les traitements de cryothérapie qui détruisent les verrues par le froid. Là encore, vous trouverez de nombreuses marques en pharmacie (Urgo Verrues Cryothérapie, Objectif ZeroVerrue Freeze, Wartner Cryopharma, etc.). Pour limiter les risques de brûlure par le froid, les produits de cryothérapie en vente libre ne contiennent pas d’azote liquide, ce produit à - 190 °C utilisé par les dermatologues. Les verrues sont gelées à - 50 °C ou -  80 °C. Cependant, des dermatologues ont signalé des cas de brûlures avec ces produits d’automédication.

Bon à savoir. Ces produits sont déconseillés en cas de diabète, de troubles vasculaires périphériques (artériopathie des membres inférieurs) ou de neuropathie. Il vaut mieux consulter un dermatologue.

Chez un dermatologue

Pour faire disparaître vos verrues, ce spécialiste peut utiliser une préparation à base d’acide salicylique associé ou non à l’acide lactique (la concentration en acides est souvent plus importante que dans les produits verrucides utilisés en automédication) ou une cryothérapie par l’azote liquide. L’efficacité de ces pommades à base d’acides reste modeste, et les récidives sont fréquentes. La cryothérapie à l’azote liquide étant douloureuse, son utilisation chez les enfants est controversée. Les deux traitements sont souvent associés pour plus d’efficacité.

Attention aux verrues ulcérées

Si une verrue plantaire est le siège d’une ulcération (lésion creusante et suintante) chronique, si une verrue autour de l’ongle est ulcérée ou si elle déforme votre ongle, il est recommandé de consulter un dermatologue. En effet, certains cancers cutanés peuvent prendre l’aspect d’une verrue. 

La technique du sparadrap

Cette technique est simple, non agressive et sans danger.

  • Prenez un morceau de ruban adhésif, par exemple du sparadrap ou un pansement occlusif (pansement imperméable à l’air et à l’eau), et enroulez-le autour de la verrue, comme pour l’« étouffer ».
  • Conservez ce sparadrap en place pendant une semaine.
  • Puis laissez la verrue à l’air libre pendant une nuit (vous pouvez aussi la savonner et la limer doucement en prenant garde de ne pas la faire saigner). Au matin, replacez un sparadrap sur la verrue pendant une semaine.
  • Renouvelez l’opération jusqu’à la guérison, au maximum pendant huit semaines.

Le sparadrap créerait un microclimat humide et chaud, défavorable au papillomavirus à l’origine de la verrue. Plusieurs essais cliniques ont évalué l’efficacité de cette méthode. Pour certains, elle serait tout aussi efficace que les traitements médicaux plus agressifs. Pour d’autres, elle ne semble pas plus efficace qu’un placebo.

Joëlle Maraschin