GUIDE D'ACHAT

Rénovation énergétiqueComment bien isoler portes et fenêtres

JB

par Jordan Belly

Les ouvertures (portes et fenêtres) constituent 10 à 15 % des pertes de chaleur d’un logement. Mais leur remplacement peut représenter un investissement conséquent. Un choix judicieux des options permet d’optimiser le rapport entre coût des travaux, confort obtenu et économies d’énergie réalisées. 

L'essentiel

Les portes : un élément souvent négligé

Les portes d’entrée mal étanchées génèrent des courants d’air froids, source d’inconfort et de surconsommation d’énergie.

Pour une porte d’entrée performante, un coefficient Ud ≤ 1,7 W/m2.K (Ud est l’indicateur de performance technique pour les portes ; plus il est bas, meilleure est l’isolation) est recommandé (c’est le minimum requis pour bénéficier des aides comme MaPrimeRénov’).

Le marquage CE est obligatoire, mais n’atteste guère qu’un niveau minimal de conformité réglementaire. Privilégiez les portes certifiées NF, soumises à des contrôles plus poussés.

Fenêtres : à changer sous certaines conditions seulement

Le changement des fenêtres améliore simultanément le confort thermique et l’isolation acoustique.

Exigez des critères techniques précis et une pose irréprochable.

  • La performance globale d’une fenêtre se mesure par son coefficient Uw, intégrant notamment le vitrage et le cadre. Une fenêtre devient performante en dessous de 1,3 W/m2.K et très performante à 1,1. 
  • Vérifiez que cette valeur figure sur le devis.

Pour choisir une fenêtre adaptée, plusieurs paramètres sont essentiels :

  • le facteur solaire (Sw) du vitrage ;
  • le classement AEV (air-eau-vent), qui mesure la résistance aux intempéries : privilégiez A3 minimum, E5A pour la pluie et VA2 ou VA3 pour le vent (davantage en zone exposée) ;
  • les joints d’étanchéité entre maçonnerie et menuiserie (dormant), qui doivent être mentionnés sur le devis.

Le type de cadre joue également un rôle majeur : préférez un aluminium à rupture de pont thermique (mention à exiger sur le devis), un PVC à cinq chambres minimum ou, pour le bois, un lamellé-collé, plus stable que le bois massif. Vérifiez que l’étanchéité à l’air est elle aussi précisée sur le devis : une pose soignée, avec des joints efficaces et une quincaillerie bien ajustée, peut améliorer l’étanchéité à l’air de 20 à 30 %.

Bon à savoir L’installation de fenêtres très étanches en remplacement de modèles anciens modifie l’équilibre du logement. Sans ventilation adaptée , vous risquez condensation, moisissures et dégradation de la qualité de l’air intérieur.

Vitrages : les trois paramètres qui font la différence

Un vitrage se juge selon trois critères :

  • Ug : performance thermique du vitrage seul (en W/m2.K) – plus il est bas, plus le vitrage est isolant. Il entre dans le calcul du coefficient Uw de la fenêtre. 
  • Sw : facteur solaire (de 0 à 1). Idéalement, il doit être entre 0,4 et 0,5. Plus il est élevé, plus la chaleur du soleil est transmise, ce qui est bénéfique en hiver mais peut nécessiter des protections en été (volets, stores extérieurs, brise-soleil orientables…).
  • TLw : transmission lumineuse (en %), qu’il faut considérer pour le confort visuel, notamment dans les pièces peu exposées.

Les doubles vitrages standards (Ug autour de 2,8) sont à éviter, car trop peu isolants. Préférez des modèles à isolation renforcée (VIR) : la lame entre les deux vitrages est remplie d’argon, et une fine couche transparente, généralement à base d’argent, est déposée sur un verre pour empêcher la chaleur intérieure de sortir en hiver. Tablez sur un Ug entre 1,0 et 1,3. 

Le triple vitrage ne s’impose qu’en maison passive (efficacité énergétique poussée) ou en région froide (exposition nord, montagne). 

Pour l’isolation acoustique, ne vous fiez pas aux seuls vitrages thermiques. Un vitrage très isolant contre le froid peut se révéler médiocre contre le bruit. Vérifiez la présence du label CEKAL Acoustique et l’indice Rw (exprimé en décibels), qui doivent figurer sur le devis.

Les volets : pour améliorer le confort thermique

Ils permettent de renforcer le confort nocturne en hiver (en protégeant du froid et en réduisant les déperditions) et de limiter la surchauffe estivale, surtout pour les façades sud et ouest.

Le coefficient ΔR (prononcer « delta R »), compris entre 0,1 à 0,35 m2.K/W, est l’indicateur de leur efficacité. Plus il est élevé, plus le volet est isolant. Mais il est rarement mis en avant : n’hésitez pas à le demander à l’installateur ou au fabricant.

Il existe trois options principales :

  • Les volets roulants permettent de ne pas devoir ouvrir la fenêtre pour les actionner. S’ils sont bien posés, ils garantissent une très bonne étanchéité (en revanche, des coffres mal isolés créent des déperditions). 
  • Les volets battants constituent une solution traditionnelle économique, mais l’isolation est plus limitée. À noter : les volets pliants sont peu isolants et rarement proposés en rénovation.
  • Les volets coulissants présentent un rapport qualité/prix discutable d’un point de vue thermique.

Le matériau utilisé (PVC, aluminium ou bois) a peu d’impact sur la performance thermique globale. L’étanchéité générale et l’isolation du coffre sont bien plus déterminantes.

L’automatisation (qui est possible même sur des volets battants) facilite le maniement et permet d’optimiser les apports solaires selon les saisons. Elle implique toutefois un surcoût sans amélioration notable de la performance énergétique.

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