Détecteurs de fumées

Ne pas céder aux sirènes de la fausse sécurité !

Publié le : 26/01/2012 

A l’appui de ses tests relatifs à la fiabilité des détecteurs de fumées*[1], obligatoires dans tous les logements en 2015, l’UFC-Que Choisir s’alarme de la dangerosité d’un détecteur défaillant, le Lifebox Security, toujours sur le marché, et du peu d’enclin des pouvoirs publics à mettre en place une véritable campagne d’information des Français s’agissant de la conduite à tenir en cas d’incendie.

Avec l'augmentation du nombre des incendies d'habitation et le nombre croissant de victimes en résultant (près de 500 morts, 10 000 brûlés annuels), la France détient le triste record de victimes d’incendies domestiques. La loi de mars 2010 devait enfin lancer une politique volontariste avec l’équipement obligatoire, d’ici le 8 mars 2015, de détecteurs fiables et la diffusion de campagnes d’information du public. Or, sur les deux volets, des progrès restent à accomplir :

  • Le nécessaire retrait du marché du Lifebox Sécurity :

Sur les 14 détecteurs de fumées testés par l’association, 13 se sont avérés conformes. Ce progrès réel, après les tests catastrophiques réalisés par l’association en 2006, ne saurait cependant masquer la dangerosité d’un détecteur testé. En effet, l’analyse en laboratoire met en évidence des difficultés à analyser des fumées issues de feux couvants et, par voie de conséquence, sa non-conformité avec les normes européennes.

La présence sur le marché du Lifebox Security est d’ailleurs incompréhensible. La société Lifebox avait annoncé en août 2010 procéder au retrait de cette référence. En complément, le même modèle, commercialisé par la marque IDK sous la référence DET010, s’est vu retiré du marché par les Autorités en novembre 2011. Faisant fi de ce retrait, la société Lifebox continue donc à commercialiser ce produit qui fait courir un risque aux consommateurs en ne les alertant pas du danger imminent alors qu’ils se croient équipés d’un matériel efficace.

Son retrait du marché est aujourd’hui d’autant plus urgent que la société Lifebox qui le commercialise vend plusieurs détecteurs de fumée -dont l’un d’entre eux a été désigné « meilleur choix » par notre magazine- et qu’il existe dès lors un risque réel de confusion pour les consommateurs entre le meilleur et le pire produit.

  • Les campagnes d’informations se sont envolées en fumées :

L’efficacité de la présence de détecteurs est tributaire des comportements des personnes face à la lutte contre l’incendie. Il est notoire que l’installation de détecteurs peut-être plus dangereuse qu’utile si elle créée un sentiment de fausse sécurité ou si le déclenchement de l’alarme provoque des réactions de panique susceptibles d’avoir des conséquences dramatiques. Promise il y a deux ans dans le cadre de la loi rendant obligatoire les détecteurs de fumées, la campagne d’information sur la conduite à tenir en cas d’incendie se fait toujours cruellement attendre en France.

Les exemples étrangers, notamment britanniques, canadiens et australiens, soulignent pourtant bien que c’est l’alliance des campagnes d’information préalables et l’obligation d’installation qui permet de diviser par deux le nombre de victimes.

Alors que les incendies sont la première cause d’accidents domestiques comme l’a tristement souligné l’actualité de ce début d’année, l’UFC-Que Choisir, membre du collectif interassociatif de lutte contre les accidents de la vie courante (CLAC), demande au gouvernement :

  • Qu’il procède au retrait effectif du marché français du Lifebox Security et en informe le système d’information de Rappel Européen RAPEX, afin que tous les Détecteurs Avertisseurs Autonomes de Fumée portant le n° de certificat 1134-CPD-032, par ailleurs commercialisés sous d’autres marques avec des références commerciales différentes, soient définitivement retirés du marché européen et lance une procédure de rappel ;

  • Qu’il réalise impérativement et sans délai une campagne nationale d'information en direction du public.

*[1] Résultats détaillés dans le numéro 500 de Que Choisir de février 2012.