Éclairage à LED

Mauvais pour les yeux

Publié le : 28/10/2010 

Dire que les râleurs accusant les ampoules basse consommation de tous les maux, en général à tort, comptaient sur les éclairages à LED (diodes électroluminescentes) pour pouvoir s’en passer ! C’est raté. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) vient en effet de publier un rapport inquiétant concernant leurs effets sur la vue, en particulier celle des enfants.

 

Les LED ont « des effets sanitaires à prendre en compte », conclut l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), au terme de son rapport d’expertise. Ces diodes se caractérisent par la grande proportion de bleu nécessaire pour obtenir leur lumière blanche et leur forte intensité lumineuse. Or ces particularités sont néfastes pour l’œil. L’agence a identifié deux problèmes préoccupants : l’effet toxique de la lumière bleue et le risque d’éblouissement. La lumière bleue « conduit à un stress toxique pour la rétine », particulièrement chez les enfants, car « leur cristallin reste en développement et ne peut assurer son rôle efficace de filtre de la lumière ». Quant aux intensités de lumière « jusqu’à 1 000 fois plus élevées » qu’avec les éclairages classiques (halogènes, basse consommation), elles provoquent un risque d’éblouissement. Par ailleurs, « l’éclairage très directif et la qualité de la lumière émise par les LED peuvent être source d’inconfort visuel, quelle que soit la position du luminaire dans le champ visuel. » L’Anses recommande que seules les LED ne présentant pas plus de risques sanitaires que les éclairages classiques puissent être vendues au grand public. L’agence demande aussi l’interdiction de ces lumières froides riches en couleur bleue dans tous les lieux fréquentés par les enfants.

Mais en magasin, c’est en général ce type de LED que l’on trouve. « Les LED n’émettent pas de couleur blanche, la technologie utilisée pour en produire, c’est de prendre une LED bleue et de lui ajouter une fine couche de phosphore pour la convertir en lumière blanche, explique Bruno Lafitte, l’expert en éclairage de l’Ademe. Tant qu’il n’y a pas d’étiquetage informatif sur ce type d’ampoules, je déconseille leur achat, l’Ademe n’en fait d’ailleurs pas la promotion. Il est actuellement impossible de reconnaître une bonne LED d’une mauvaise LED en magasin. »

Quelques repères

Les ampoules fluocompactes

Mal aimées parce qu’elles prennent la place des bonnes vieilles ampoules à incandescence, les fluocompactes, encore appelées basse consommation, présentent pourtant des avantages indéniables : une faible consommation d’électricité et une durée de vie de 6 à 8 ans. Elles sont plus chères à l’achat, mais tous les tests réalisés par « Que Choisir » prouvent qu’elles se rentabilisent et font faire des économies. Attention néanmoins à la qualité et à la longévité des produits, car les résultats des essais de « Que Choisir » en laboratoire mettent de gros écarts en évidence.

Les inquiétudes sanitaires portent sur le mercure et les ondes électromagnétiques. Pour le mercure, il s’agit d’une pollution à venir de l’environnement si ces ampoules ne sont pas recyclées, il faut donc les rapporter en magasin. Pour les ondes électromagnétiques, les études se succèdent et sont plutôt rassurantes si l’on évite une forte puissance en lampe de chevet ou de bureau.

Les LED

Souvent présentées comme les ampoules de l’avenir, les LED promettent une durée de vie de 50 000 heures, soit un changement tous les 50 ans : c’est séduisant. Elles ne contiennent pas de mercure, ce qui les rend plus environnementales que les fluocompactes, mais elles sont un vrai concentré d’électronique et doivent également être rapportées en magasin pour recyclage.

Leurs inconvénients sont pour l’instant très supérieurs à leurs avantages. Leur prix est très élevé (autour de 30 euros minimum), elles envoient un faisceau très directif avec un angle très restreint, ce qui les rend inadaptées à l’éclairage domestique, elles émettent une lumière blanche et froide. La technologie s’imposera sans doute un jour, mais elle doit encore sérieusement progresser avant de devenir grand public.

Élisabeth Chesnais

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