par Cyril Brosset
par Cyril Brosset
Quelques mois après sa liquidation judiciaire, la marque d’ameublement Habitat renaissait, uniquement en ligne. Sauf qu’en raison de la procédure choisie, les consommateurs victimes continuent d’avoir très peu de chances de récupérer leur argent.
En décembre 2023, la société Habitat Design International (HDI) et sa filiale Habitat France, qui géraient les magasins Habitat en France, étaient placées en liquidation judiciaire. Dans la foulée, les 25 boutiques et le site de vente en ligne baissaient le rideau, laissant sur le carreau des milliers de clients en attente de leur commande. Ces derniers avaient alors peu de recours, si ce n’est déclarer leur créance auprès du liquidateur et espérer qu’il reste de l’argent pour les indemniser.
Cinq mois plus tard, le site Habitat.fr était relancé avec un positionnement identique à celui d’avant, soit de « l’ameublement design à des prix abordables ». Une renaissance qui ne change rien pour les victimes de la liquidation judiciaire. Car contrairement à ce qui se passe le plus souvent, la société qui exploitait la marque Habitat n’a pas été reprise.
Le groupe Cafom, qui avait délégué cette tâche à Habitat France en 2020, était resté le propriétaire de la marque. Il a donc décidé, à la suite de la liquidation, d’en confier l’exploitation à une autre société, en l’occurrence une de ses filiales, Vente-unique.com. C’est désormais cet acteur, présent depuis longtemps sur le marché de la vente d’ameublement en ligne, qui assure la promotion et la gestion des sites Habitat en France et en Europe.
Mais Vente-unique.com n’a repris que la marque, et en aucun cas le passif de l’ancien exploitant. Elle n’a donc pas l’obligation d’indemniser les victimes de la liquidation judiciaire. Tout juste s’est-elle contentée d’offrir des bons d’achat aux victimes qui se signalaient, à utiliser bien sûr sur le site Habitat.fr. « Rien ne nous y obligeait, mais nous avons voulu leur prouver qu’elles pouvaient à nouveau avoir confiance dans Habitat. D’ailleurs, elles ont plutôt bien reçu cette opération », assure Sacha Vigna, le directeur général de la marque.
Quant à celles qui ont déclaré leur créance, elles doivent attendre la fin de la procédure de liquidation, qui est encore en cours. Et comme c’est toujours le cas lors des liquidations, les chances qu’elles ont de récupérer leur argent sont minimes, leur indemnisation potentielle arrivant après tous les autres paiements (charges, salaires, factures des fournisseurs, etc.). La vente de la marque à Vente-unique.com pour 11 millions d’euros en mars dernier n’y changera rien.
En effet, cette dernière l’a rachetée à sa maison mère Cafom, et non à l’ancien exploitant. Cette somme ne sera donc pas mise à l’actif de la société et ne servira pas à indemniser les victimes de la liquidation. Une fois de plus, les consommateurs lésés risquent de n’avoir que leurs yeux pour pleurer.

Cyril Brosset
La force d'une association tient à ses adhérents ! Aujourd'hui plus que jamais, nous comptons sur votre soutien. Nous soutenir
Recevez gratuitement notre newsletter hebdomadaire ! Actus, tests, enquêtes réalisés par des experts. En savoir plus