Médiateur de l’énergie

Hausse des litiges

Publié le : 07/06/2014 

Le nombre de litiges reçus par le médiateur national de l’énergie est reparti à la hausse en 2013. Il y a encore beaucoup à redire sur les pratiques des fournisseurs et des opérateurs de réseau, ERDF et GRDF.

 

« Ce n’est pas la guerre mais il y a des tensions et des débats avec les fournisseurs d’énergie et les opérateurs de réseau », a souligné Jean Gaubert, le nouveau médiateur national de l’énergie en présentant son bilan annuel. Le ton était donné, offensif. Dans la ligne de mire, les pratiques contestables des fournisseurs d’énergie, d’ERDF et de GRDF, et une mention toute particulière pour Direct Énergie qui, rapporté à son nombre de clients, se classe largement en tête des litiges. Tous fournisseurs d’énergie confondus, près de 40 % des plaintes faisaient suite à des réclamations non traitées par les opérateurs, alors que leur litige portait sur la facturation.

Au hit-parade des plaintes reçues, la contestation des niveaux de consommation facturés, souvent à juste titre. Une dérive que le médiateur explique par la sous-traitance. « Des sociétés sont chargées de faire les relevés de compteurs après appel d’offres. Elles ont des impératifs de rentabilité, elles passent très vite, de plus en plus de compteurs ne sont pas relevés. » Les rattrapages de facture peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, mais le médiateur propose une parade et espère être entendu. « Il faut encadrer les rattrapages, et puisque le relevé annuel du compteur est obligatoire, les limiter à un an si le compteur n’a pas été relevé. »

Autre grief, la qualité de la fourniture d’électricité, « pas simple à aborder » admet le médiateur, mais avec un problème bien identifié, celui des pompes à chaleur, qui posent un problème objectif en bout de réseau. « Dans mon département des Côtes-d’Armor, 12 millions d’euros/an sont consacrés au réseau électrique, dont 2,5 millions d’argent public seulement pour les pompes à chaleur. Je pense que ce n’est pas à la collectivité de payer pour des choix individuels. »

Mais dans son viseur, il y a surtout la précarité énergétique, qui augmente et qui nécessite l’instauration d’un chèque énergie pour toutes les énergies. Et la hausse des prix de l’énergie, qui appelle une clarification et un juste prix pour les consommateurs. L’occasion pour Jean Gaubert de tacler une nouvelle mode, « les recours devant le Conseil d’État qui servent l’intérêt de quelques opérateurs, pas de nos concitoyens ». Et de s’en prendre au taux de rémunération des opérateurs de réseau, ERDF pour l’électricité, GRDF pour le gaz, « beaucoup trop élevé à 7,25 % alors que le taux de l’argent a été divisé par deux et que ces opérateurs n’assument pas de risques. » À Que Choisir, on n’aurait pas mieux dit !

Élisabeth Chesnais

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