Monsanto

Mensonge publicitaire

Publié le : 31/10/2008 

En janvier 2007, deux responsables de Monsanto étaient condamnés pour publicité mensongère. La firme avait vanté la biodégradabilité du Round Up, alors que la toxicité du principe actif de ce désherbant est reconnue. La condamnation a été confirmée en appel.

 

Quinze mille euros d'amende pour deux anciens responsables de Monsanto Agriculture France : la cour d'appel de Lyon n'a pas modifié d'un iota la sanction prononcée en première instance, en janvier 2007, contre la branche française du géant de l'agrochimie. Sans ambiguïté, les juges ont donc confirmé que la campagne en faveur du Round Up, diffusée en 2000 dans plusieurs magazines, était mensongère. Attaquée notamment par l'association Eau et rivières de Bretagne, la publicité en question présentait l'herbicide vedette comme « biodégradable » et « laissant le sol propre ». Or le glyphosate, principe actif du Round Up, est très nocif pour l'environnement. Dans ce cas précis, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait relevé en 2001 que sa vitesse de décomposition dans la nature n'en faisait pas un produit biodégradable au sens légal du terme.

Les personnes condamnées n'ont pas fait savoir si elles avaient l'intention de se pourvoir en cassation. Mais quoi qu'il arrive, Monsanto n'en a pas terminé avec la justice. L'ex-président de Monsanto France s'est en effet vu signifier, en mai dernier, son renvoi devant le tribunal correctionnel de Nanterre. Il s'agit, là encore, de publicité mensongère : des spots télévisés pour le Round Up diffusés en 2002 omettaient de distinguer le produit destiné aux particuliers de celui réservé à l'agriculture, plus dangereux pour l'environnement. Toutes ces procédures n'empêchent pas Monsanto de continuer à communiquer abondamment sur son désherbant vedette, afin de conserver un marché plutôt juteux. Au printemps dernier, l'industriel s'est offert plusieurs pages dans des quotidiens pour « démêler le vrai du faux » concernant le désherbage, et réhabiliter le Round Up.

Anne-Sophie Stamane

Contacter l’auteur(e)

asstamane