Permis de conduire De fortes inégalités en fonction des départements

Permis de conduire

De fortes inégalités en fonction des départements

Publié le : 07/12/2018 

En moyenne, 57 % des candidats qui ont passé leur permis de conduire en 2017 l’ont obtenu. Mais notre carte interactive des taux de réussite des auto-écoles montre de fortes disparités sur le territoire : alors que près des trois quarts des candidats décrochent le sésame dans le Maine-et-Loire ou en Charente-Maritime, plus de la moitié est recalée dans les Deux-Sèvres ou en Seine-Maritime.

 

Mieux vaut passer son permis de conduire loin de la région parisienne : dans le Sud-Ouest ou le Nord-Est de la France, par exemple. Non seulement, cela coûte bien moins cher (une étude menée en 2016 par l’UFC-Que Choisir a estimé le coût du permis à 1 468 € dans le Territoire de Belfort, contre 2 140 € à Paris), mais la probabilité de décrocher le précieux sésame y est bien plus élevée !

La mise à jour de notre carte interactive des taux de réussite pour l’épreuve de conduite du permis B, qui comporte les chiffres pour 2017 et permet de comparer les auto-écoles, montre que le taux de réussite global à l’examen est en baisse constante depuis 2014 (-1 % par an) et que les inégalités restent prégnantes. 58 départements ont un taux de réussite supérieur à la moyenne nationale, dont 27 de plus de 5 points. À l’inverse, 15 départements se trouvent plus de 5 points en-dessous de la moyenne nationale.

Ainsi, moins de la moitié des candidats sont admis dans les Yvelines (48 %), Paris (49 %) et le Val-de-Marne (50 %). La situation est pire dans certains départements d’outre-mer, avec 40 % de réussite en Guadeloupe et 43 % en Guyane. À l’inverse, plusieurs départements affichent des taux supérieurs à 70 % : le Gers (72 %), la Charente (74 %), la Lozère (74 %) et Saint-Pierre-et-Miquelon (77 %).

Ces différences de taux de réussite peuvent en partie s’expliquer par des raisons socio-économiques ou contextuelles. Ainsi, le taux de réussite parisien est logiquement plus bas, du fait de la circulation plus difficile et d’un pourcentage faible de jeunes pratiquant l’apprentissage anticipé de la conduite (ils représentaient 2,42 % des candidats à Paris, contre 34,62 % en Vendée). Le taux de réussite très élevé (74,24 % en première présentation) des candidats ayant choisi cette option tire mécaniquement vers le haut la moyenne globale des départements où ils sont plus nombreux.

Mais ces particularités n’expliquent pas tout. Comment justifier une différence de 15 points entre la Côte-d’Or (49 %) et la Nièvre (64 %), de 16 points entre la Loire (53 %) et l’Allier (69 %), voire de 20 points entre le Vaucluse (49 %) et les Alpes-de-Haute-Provence (70 %) ou entre la Haute-Vienne (54 %) et la Charente (74 %) ? Tous ces départements sont pourtant voisins… Les chiffres montrent aussi des évolutions brutales dans certains départements : dans le Val-d’Oise et la Vienne, le taux de réussite est passé de 64 % à 58 % environ entre 2015 et 2017 ; dans le Var et les Hauts-de-Seine, de 61 à 55 %. Des évolutions difficiles à lier avec le profil des candidats, qui n’a sans doute pas foncièrement varié en deux ans. De là à penser que les inspecteurs sont plus « cools » dans certains départements, il n’y a qu’un pas…

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

gregorycaret