par Camille Gruhier
par Camille Gruhier
Une étude européenne révèle la présence excessive de substances dangereuses dans les gadgets et appareils électriques et électroniques du quotidien. Qu’il s’agisse de métaux lourds, de retardateurs de flamme bromés ou de plastifiants, la moitié des 173 produits analysés dépassent les limites autorisées.
Voilà ce qu’on appelle une bonne intuition. Pour l’édition 2025 de sa campagne Joint Actions on Compliance of Products (JACOP) (1), la Commission européenne s’est penchée sur la teneur en substances dangereuses de gadgets et autres produits électriques et électroniques. Les résultats sont effarants : plus de la moitié des 173 produits analysés dépassent les seuils réglementaires.
Pour cette étude, les autorités de contrôle de 13 pays ont été mobilisées : Allemagne, Belgique, Estonie, Finlande, Irlande, Lettonie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Slovénie et Suède.
Les analyses ont porté sur la présence de substances réglementées par la directive de l’Union européenne (UE) sur la limitation des substances dangereuses (RoHS).
Résultat : on trouve de tout ! Les niveaux élevés de plomb et de cadmium ont le plus souvent été détectés dans les points de soudure (82 échantillons non conformes). Les plastifiants étaient très présents dans l’isolation ou les gaines des câbles USB, des cordons d’alimentation et des prises, en particulier dans le PVC souple (51 échantillons non conformes).
Des retardateurs de flamme bromés ont été détectés dans les parties en plastique dur de 5 échantillons, et les analyses ont révélé la présence de chrome hexavalent dans les vis et certains composants métalliques de 3 produits. Avec 49 produits défaillants sur les 69 testés, les appareils achetés en ligne sont encore plus concernés que ceux achetés en magasin (37 défaillants sur 104).
Notez que tous les produits ont également fait l’objet d’un contrôle sur les marquages obligatoires. Les résultats sont tout aussi préoccupants puisqu’un quart n’affichait pas, ou mal, le marquage CE.
La Commission européenne assure qu’elle a fait retirer les produits défaillants du marché ou interdit leur vente. Aux consommateurs, elle conseille d’éviter les produits bon marché et d’être vigilants sur le marquage CE. Cerise sur le gâteau : « Il est peu probable que ces produits répondent aux normes de l’UE, ils sont potentiellement nocifs pour l’environnement et difficiles à recycler », assure-t-elle dans son communiqué. Raison de plus pour ne pas les acheter.
(1) Actions conjointes sur la conformité des produits. Il s’agit d’une action commune des autorités nationales de contrôle pour vérifier que les produits vendus dans l'Union européenne respectent les exigences de sécurité, de santé et de conformité réglementaire.
Camille Gruhier
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