Alimentation Loi maigre versus rapport goûteux

Alimentation

Loi maigre versus rapport goûteux

Publié le : 02/10/2018 

Rarement l’alimentation n'aura été autant au cœur de l’actualité parlementaire. Entre une loi qui peine de plus en plus à trouver ses défenseurs, et un rapport d’information qui fait renaître certains des espoirs qui viennent d’être enterrés, le Parlement est bien le lieu où l’avenir de la qualité de notre nourriture est sujet à débat. Le début de la révolution législative tant attendue dans le domaine ?

 

Alors qu’elle ne satisfait ni agriculteurs, ni consommateurs, ni sénateurs, ces derniers ayant renoncé à voter le projet de loi, regrettant notamment que le texte n’aura, en l’état, aucun effet sur les revenus agricoles, la loi EGalim devrait être votée aujourd’hui. La commission des affaires économiques, qui avait fait de même quelques jours plus tôt, avait décrit un texte trahissant les conclusions des Etats généraux de l’alimentation. Un constat malheureux que j’avais déjà évoqué dans un précédent billet, et qui dénote du gâchis que ce texte constitue pour les années à venir.

On pourrait se résigner et penser l’ensemble de nos espoirs définitivement enterrés. Et pourtant, c’est d’ores et déjà du côté de l’Assemblée nationale que ceux-ci renaissent, avec la publication d’un rapport d’information relatif à l’alimentation industrielle. Encadrement du marketing alimentaire, mise en place d’objectifs chiffrés de réduction de sucre, sel et gras pour l’industrie, lutte contre la dénutrition des personnes âgées en EHPAD, mise en place d’un étiquetage de la mention de l’origine des produits sur les produits transformés et enfin, renforcement des moyens en personnel et dispositifs techniques de la DGCCRF et de la DGAL… Autant de propositions que l’UFC-Que Choisir défend depuis longtemps ! Si je ne peux manquer de regretter que ce rapport sorte le jour même où la loi EGalim sera votée, je me dois de caresser l’espoir que celui-ci devienne un outil indispensable pour les échéances législatives futures.

Je ne crie pas victoire, oh que non ! Mais il est important de savoir reconnaître l’ambition de telles propositions. Par ailleurs, dans le cadre de cette mission d’information, je tiens à saluer le travail du Président (Loïc Prud’homme) et de la rapporteure (Michèle Crouzet) qui ont su mettre de côté leurs divergences politiques au profit d’un rapport qui se veut ambitieux, et qui placera, je l’espère, la qualité nutritionnelle au cœur des futurs enjeux législatifs, via l’adoption de lois coercitives, en lieu et place de l’autorégulation qui, dans ce secteur, a déjà montré ses limites. Merci pour la mise en bouche, maintenant à table !

Alain Bazot

Président de l'UFC - Que Choisir