par Justine Marenda, Laure Littardi, Sophie Herbreteau
Arnaque - Comment repérer un faux conseiller bancaire ?
Parmi les nombreuses arnaques dont sont victimes les particuliers, celle au faux conseiller bancaire est particulièrement dévastatrice car elle donne directement accès aux comptes bancaires. Mais il suffit d’un peu de prudence et de bon sens pour déjouer ces tentatives qui pullulent. Nos conseils.
À retenir
- Ne communiquez jamais vos identifiants, codes d'accès et codes confidentiels, dont ceux reçus par SMS pour valider une opération et ce, même à une personne prétendant être votre conseiller bancaire appelant depuis le numéro de votre agence et connaissant votre identité (nom, prénom, date de naissance, etc.).
- Les escrocs jouent sur la panique : gardez la tête froide et raccrochez dès que des informations confidentielles vous sont demandées. Vous pourrez ensuite contacter vous-même votre banque pour vérification.
Qu’est-ce que l’arnaque au faux conseiller bancaire ou spoofing ?
Plusieurs déclinaisons de cette arnaque existent.
L’appel direct d’un faux conseiller bancaire
Une personne vous contacte directement par téléphone en se faisant passer pour un conseiller ou un salarié de votre banque ou de son service antifraude. Le numéro de téléphone peut même être celui de votre banque. Pourtant, cette personne est un escroc. Elle prétend que vous êtes victime d’opérations frauduleuses et peut, notamment, vous demander :
- de lui communiquer vos identifiants ou coordonnées bancaires et codes reçus par SMS pour qu’elle procède au soi-disant blocage de ces opérations ;
- d’effectuer et de confirmer vous-même des actions (ajout d’un bénéficiaire, validation d’une opération bancaire, etc.) directement sur votre espace personnel (via l’application bancaire de votre téléphone ou via votre espace en ligne).
Ce sont ces manœuvres qui permettent à l’escroc d’effectuer des opérations frauduleuses.
Le phishing ou smishing suivi de l’appel d’un faux conseiller bancaire
Vous recevez un SMS ou un courriel de la part de ce qui semble être une administration (par exemple la Sécurité sociale) ou d’une société (par exemple la Poste). Il vous est demandé de saisir des données personnelles après avoir cliqué sur un lien.
Après avoir obtenu ces premières informations, l’escroc vous appelle en se faisant passer pour un conseiller ou un salarié de votre banque. Il prétend que vous êtes victime d’opérations frauduleuses. Il vous met en confiance en vous communiquant des informations précises vous concernant (les informations qu’il a obtenues grâce au courriel ou au SMS frauduleux). Au prétexte de bloquer les opérations frauduleuses, il vous demande de lui transmettre les codes reçus par SMS ou de confirmer des actions directement sur votre application bancaire ou dans votre espace en ligne.
Ce sont ces manœuvres qui permettent à l’escroc d’effectuer des opérations frauduleuses.
L’appel d’un faux conseiller bancaire suivi de l’envoi d’un faux coursier
L’arnaque au faux conseiller bancaire ne consiste plus seulement à faire des achats en ligne ou des virements bancaires dont vous n’êtes pas à l’origine. Les fraudeurs vont jusqu’à effectuer des retraits d’espèces après avoir pris possession de votre carte bancaire sous de fausses allégations.
Dans un premier temps, vous êtes contacté par une personne se faisant passer pour un conseiller ou un salarié de votre banque et prétendant que vous êtes victime d’opérations frauduleuses. Elle vous demande de lui communiquer vos identifiants client ou vos coordonnées bancaires (dans certains cas, elle a pu obtenir ces informations à la suite d’un phishing).
Elle prétend ensuite, au vu de l’urgence ou de la gravité de la situation, qu’il est nécessaire de mettre en sécurité ou détruire votre carte bancaire et vous envoie un coursier à domicile afin de la récupérer.
Les escrocs procèdent ensuite à des retraits à un distributeur automatique de billets (DAB) ou à des paiements en ligne.
Comment se protéger ?
Restez méfiant ! Votre banque ne vous demandera jamais de communiquer des informations confidentielles par téléphone, ni de valider ou bloquer des opérations de paiement à distance.
Dans les faits, si une banque veut bloquer une opération, elle n’a pas besoin de votre confirmation et peut le faire seule. De plus, votre banque ne vous enverra jamais de coursier, même en cas d’urgence, pour récupérer vos instruments de paiement.
Attention, les techniques de ces escrocs sont de plus en plus élaborées, telles que :
- des courriels imitant ceux de votre banque ;
- un lien vers une fausse interface ressemblant à votre compte en ligne ;
- un numéro de téléphone affiché correspondant à celui de votre banque ;
- l’emploi du vocabulaire du domaine bancaire ;
- la détention d’informations personnelles vous concernant.
Dans tous les cas, nous vous invitons à raccrocher immédiatement et à ne transmettre aucune information ni cliquer sur un quelconque lien.
Ne validez en aucun cas des opérations dont vous n’êtes pas à l’origine, même si votre interlocuteur prétexte qu’il s’agit de les annuler. Mieux vaut contacter votre conseiller bancaire par vos propres moyens, quitte à attendre l’ouverture de votre agence.
Si un coursier se présente malgré votre refus, ne lui ouvrez pas. Ne lui remettez pas votre carte bancaire, même découpée.
→ Pour connaître vos recours : Fraudes bancaires - Comment se protéger, comment réagir
Les réflexes immédiats
- Je raccroche, je ne clique pas, je ne valide rien (même pour « annuler »). Un code reçu par SMS ou par le biais d’une notification bancaire sert à valider une opération. Si vous le communiquez ou le saisissez à la demande d’un tiers, vous autorisez l’opération.
- J’appelle ma banque via un numéro que je connais (carte, relevé, appli officielle).
- J’avertis ma banque par écrit (courriel via la messagerie sécurisée et lettre recommandée si besoin).
- Je conserve les preuves : captures d’écran, SMS, historique d’appels…
Bon à savoir Récemment, une banque a été condamnée à rembourser une victime d’arnaque. Appelé en garantie par l’établissement bancaire, l’opérateur de téléphonie a aussi été reconnu responsable, car il n’a pas bloqué l’appel frauduleux. Le tribunal a estimé qu’il aurait dû détecter l’usurpation du numéro de la banque (spoofing). La victime dans cette affaire n’avait pas commis de négligence grave, ce qui justifiait son remboursement. Le fait que le vrai numéro de la banque s’affiche a fortement participé à la tromper. L’opérateur a fait appel de la décision (Tribunal judiciaire de Paris, 15 janvier 2026, RG no 24/04856).
Justine Marenda
Laure Littardi
Service d’information juridique
Sophie Herbreteau
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