CONSEILS

Fraudes bancaires - Comment se protéger, comment réagir

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par Justine Marenda, Laure Littardi, Sophie Herbreteau

Hameçonnage, arnaque au faux conseiller bancaire, au faux support technique, au faux virement, au faux RIB… Les tentatives de fraude bancaire sont toujours présentes et peuvent coûter très cher à leurs victimes. Les conseils de Que Choisir Ensemble pour vous protéger et connaître vos recours grâce à ces 5 questions-réponses. 

L’hameçonnage par courriel ou SMS

Qu’est-ce que c’est ?

Cette technique consiste pour des personnes malveillantes à adresser des courriels (phishing) ou des SMS (smishing) frauduleux afin d’obtenir des données personnelles (le plus souvent des données bancaires) et de soutirer de l’argent à leurs victimes.

L’escroc se fait passer pour une personne de confiance (un ami, un membre de la famille, etc.) ou un organisme que vous connaissez (les impôts, la Caf, votre opérateur téléphonique, etc.) et vous invite à confirmer vos coordonnées ou à les mettre à jour en cliquant sur un lien aboutissant sur un site Internet. Il se sert alors de ces données pour effectuer des prélèvements frauduleux sur votre compte bancaire.

Comment se protéger ?

Quelques signes peuvent vous alerter. Nous vous conseillons de :

  • vérifier l’expéditeur en passant le pointeur de la souris sur le nom de l’expéditeur du courriel pour voir son adresse e-mail complète, ou en consultant les informations de l’expéditeur si c’est un SMS (un SMS émis par un téléphone portable et non par un numéro court officiel est déjà suspect) ;
  • idéalement, contacter vous-même, par un autre biais, l’organisme ou la personne censée vous avoir envoyé le courriel ou le SMS ;
  • traquer les éventuelles fautes de grammaire et d’orthographe, voire de syntaxe ;
  • ne pas cliquer sur un lien qui ne semble pas cohérent avec l’objet du courriel ou du SMS ;
  • vérifier que le site est sécurisé si vous avez cliqué sur un lien : un cadenas doit être présent dans la barre d’adresse et l’adresse du site doit commencer par HTTPS (et non HTTP) ;
  • ne pas vous fier aux logos officiels, faciles à reproduire ;
  • ne pas valider d’opération dont vous n’êtes pas à l’origine.

Gardez en tête qu’aucun organisme officiel ne vous demandera de communiquer vos coordonnées bancaires en réponse à un courriel. Au moindre doute, ne répondez pas et ne transmettez aucune information personnelle.

→ Lire aussi : Arnaque au QR code - De fausses cartes bancaires dans vos boîtes aux lettres

L’arnaque au faux conseiller bancaire ou spoofing

Qu’est-ce que c’est ?

Une personne vous contacte directement par téléphone en se faisant passer pour un conseiller ou un salarié de votre banque ou de son service antifraude. Le numéro de téléphone peut même être celui de votre banque. Pourtant, cette personne est un escroc. Elle prétend que vous êtes victime d’opérations frauduleuses et peut, notamment, vous demander :

  • de lui communiquer vos identifiants ou coordonnées bancaires et codes reçus par SMS pour qu’elle procède au soi-disant blocage de ces opérations ;
  • d’effectuer et de confirmer vous-même des actions (par exemple : ajout d’un bénéficiaire, validation d’une opération bancaire, etc.) directement sur votre espace personnel (via l’application bancaire de votre téléphone ou dans votre espace en ligne).

Ce sont ces manœuvres qui permettent à l’escroc d’effectuer ensuite des opérations frauduleuses.

→ Pour en savoir plus sur les autres déclinaisons et vos recours : Comment repérer un faux conseiller bancaire ?

L’arnaque au faux support informatique ou technique

Qu’est-ce que c’est ?

L’arnaque au faux support consiste à vous faire croire que votre ordinateur a un problème grave (par exemple la présence d’un virus, une erreur du système, un blocage de l’écran). Un message par SMS, courriel ou directement sur l’écran de l’ordinateur vous invite à contacter un numéro si vous ne souhaitez pas perdre vos données ou l’usage de votre ordinateur.

Une fois entré en communication, l’interlocuteur fait semblant de dépanner votre ordinateur en prenant la main à distance puis vous facture la soi-disant prestation ou vous incite à acheter des logiciels inutiles.

Il arrive même qu’en cas de refus de paiement, la personne menace de supprimer ou divulguer vos données personnelles pour vous convaincre.

Comment se protéger ?

Tout d’abord, pour essayer de limiter au maximum ce type de fraude, nous vous conseillons de :

  • faire les mises à jour régulières de sécurité de votre système d’exploitation (Windows, IOS, Linux…) et logiciels installés, dont votre navigateur Internet ;
  • tenir à jour votre antivirus et activer le pare-feu ;
  • faire des sauvegardes régulières de vos données ;
  • éviter les sites Internet peu fiables ou illicites ;
  • ne pas cliquer sur des liens ou pièces jointes de courriels douteux ou d’expéditeur inconnu.

Si, malgré tout, vous êtes victime d’une telle tentative de fraude, nous vous conseillons de :

  • ne pas appeler le numéro indiqué et ne rien payer ;
  • conserver des preuves (impression écran ou photographie de l’écran) ;
  • procéder au redémarrage forcé de votre ordinateur ;
  • nettoyer votre navigateur Internet, supprimer les cookies et réinitialiser les paramètres par défaut ;
  • réaliser une analyse complète de votre ordinateur à l’aide d’un antivirus ;
  • désinstaller toute application suspecte identifiée sur votre ordinateur ;
  • si besoin, vous rapprocher de votre informaticien habituel ou d’un prestataire référencé sur la plateforme d’aide aux victimes de cyberattaque.

L’arnaque au virement

Qu’est-ce que c’est ?

Vous vous apercevez, en vous connectant à votre espace client ou en consultant vos relevés bancaires, qu’un virement a été effectué au profit d’un bénéficiaire qui vous est inconnu.

Un escroc a réussi à pirater et accéder à votre espace client afin de procéder à ce virement frauduleux.

À aucun moment vous n’avez été à l’initiative de l’ajout d’un bénéficiaire, ni d’un virement à la suite d’un faux SMS, courriel ou appel téléphonique.

Comment se protéger ?

Les procédés employés dans ce type d’arnaque sont techniques et invisibles pour les consommateurs. Pour limiter le risque de fraude, nous vous conseillons de :

  • changer vos mots de passe régulièrement ;
  • toujours vous connecter à votre espace en ligne directement sur le site officiel ou via votre application mobile, et ne jamais y accéder en cliquant sur un lien reçu par SMS ou courriel ;
  • ne pas transmettre vos coordonnées, même à votre entourage, par SMS ou courriel ;
  • utiliser un antivirus ;
  • effectuer les mises à jour de sécurité de vos appareils (ordinateur, téléphone portable, tablette) dès qu’elles vous sont proposées.

→ Lire aussi : Lutte contre la fraude bancaire - Les virements plus sécurisés

L’arnaque au faux RIB

Qu’est-ce que c’est ?

Vous êtes en relation avec une entreprise ou une personne à qui vous devez de l’argent. Celle-ci vous adresse un RIB par courriel et une facture en pièce jointe afin de procéder au règlement.

Ce courriel est intercepté par un escroc, en piratant soit votre messagerie électronique, soit celle de votre créancier, pour remplacer le RIB de votre créancier par le sien. Vous recevez le courriel falsifié dans lequel seuls ont été modifiés le RIB et l’adresse électronique de l’expéditeur et vous procédez au virement avec le RIB reçu.

Les fonds sont en réalité transférés directement à l’escroc et non à votre créancier.

Parce que vous êtes à l’initiative du virement, ce dernier est par principe irrévocable, sauf exception (virement différé ou permanent). Il ne peut pas être annulé dès lors que l’ordre de virement a été reçu par votre banque.

Comment se protéger ?

Depuis le 9 octobre 2025, de nouvelles règles s’appliquent aux virements SEPA standards et instantanés effectués en euros dans les pays de la zone SEPA*, c’est-à-dire la majorité des virements.

Les banques doivent vérifier l’adéquation entre le nom enregistré par l’émetteur du virement et l’IBAN du compte destinataire. On parle du système de vérification « VoP » (« Verification of Payee »).

Cette vérification aboutit aux résultats suivants :

  • correspondance exacte : le nom et l’IBAN correspondent ;
  • correspondance partielle : le nom est proche, mais pas identique à celui du compte destinataire (par exemple en cas d’erreur de frappe). Dans ce cas, la banque vous indique le nom associé à l’IBAN pour que vous décidiez ou non d’effectuer le virement ;
  • aucune correspondance : le nom ne correspond pas à l’IBAN. La banque vous en avertit et vous informe qu’en cas d’autorisation du virement, les fonds pourraient être virés sur un compte de paiement non détenu par le bénéficiaire indiqué ;
  • vérification impossible : par exemple, un problème technique. La banque vous informe que le contrôle n’a pas pu être effectué.

Pour les virements non SEPA, comme les virements internationaux, la réglementation ne prévoit pas cette vérification.

→ Lire aussi : Lutte contre la fraude bancaire - Les virements plus sécurisés


* Les virements SEPA sont ceux émis vers la France et ceux à destination d’un autre pays de la zone euro.

Quels sont vos recours ?

Notre conseil : vérifiez régulièrement vos comptes et relevés bancaires. Au moindre doute, contestez les opérations par écrit pour conserver la preuve de votre signalement et sa date.

Attention aux délais de contestation

En cas d’opérations non autorisées, la réglementation prévoit que l’utilisateur doit signaler à sa banque la fraude sans tarder et dans un délai maximum de 13 mois suivant la date du débit. En cas de refus persistant de la banque de le rembourser malgré la fraude avérée, il est nécessaire de saisir les tribunaux pour l’y contraindre. Trop souvent, les banques tentent d’échapper à leur obligation de rembourser les consommateurs lorsque l’action en justice a été introduite après ce délai de 13 mois.

Or, la Cour de cassation a rappelé récemment que le délai d’action en justice est celui de droit commun, à savoir 5 ans à compter du débit. Il reste primordial, malgré tout, de signaler la fraude à votre banque le plus rapidement possible, c’est-à-dire dès la connaissance d’une opération litigieuse et au maximum dans les 13 mois.

En cas d’opérations autorisées, si l’autorisation n’indiquait pas le montant exact de l’opération et si le montant débité dépasse vos dépenses habituelles, vous devez le signaler à votre banque et demander le remboursement dans les 8 semaines suivant le débit.

Signaler et contester les opérations auprès de votre banque

Dès que vous constatez une opération dont vous n’êtes pas à l’origine, signalez-la immédiatement à votre banque et contestez-la. En principe, toute opération non autorisée ouvre droit à remboursement. La banque ne peut refuser ce remboursement que si elle prouve :

  • une fraude de votre part ;
  • ou une négligence grave.

La banque doit également démontrer que l’opération :

  • a été authentifiée ;
  • a été dûment enregistrée et comptabilisée ;
  • et n’a pas été affectée par une déficience technique.

Par ailleurs, si l’opération a été réalisée sans authentification forte, la banque doit vous rembourser, sauf si elle prouve une fraude de votre part.

À retenir :

  • l’authentification forte ne prouve pas la négligence grave ;
  • la négligence grave ne se présume pas.

Attention, la notion de négligence grave relève de l’appréciation souveraine des juges. La solution pourrait être différente selon les circonstances entraînant la fraude.

En cas d’opérations autorisées, si l’autorisation n’indiquait pas le montant exact de l’opération et si le montant débité dépasse vos dépenses habituelles, vous devez le signaler à votre banque et demander le remboursement dans les 8 semaines suivant le débit.

Faire opposition à votre carte bancaire

Si vous avez communiqué les coordonnées de votre carte bancaire, faites immédiatement opposition afin d’éviter d’autres paiements frauduleux.

En cas de virement litigieux

Pour un virement SEPA dans la zone euro. Votre banque doit vérifier l’adéquation entre le nom enregistré par l’émetteur du virement et l’IBAN du compte destinataire (système VoP). Si le système ne s’est pas enclenché, votre banque est responsable et vous pouvez exiger le remboursement par la banque. À l’inverse, si le système s’est enclenché et que vous validez l’opération malgré le résultat (correspondance partielle ou aucune correspondance), la banque ne sera pas responsable et n’aura pas à vous rembourser.

Autre virement. Votre banque n’a pas à vérifier l’adéquation entre le nom enregistré par l’émetteur du virement et l’IBAN du compte destinataire.

Bon à savoir Dans le cas où vous avez émis un virement SEPA malgré les messages d’avertissement et que votre banque ne peut être tenue pour responsable, elle doit néanmoins s’efforcer de récupérer les fonds engagés dans l’opération de paiement. Pour ce faire, elle demande à la banque du bénéficiaire toutes les informations utiles en sa possession. Si elle ne parvient pas à recouvrer les sommes, elle doit vous transmettre les informations obtenues, mais uniquement à votre demande. Ces éléments pourront vous servir si vous envisagez un recours en justice contre l’escroc.

Conserver des preuves de la fraude

Conservez tous les éléments pouvant prouver l’arnaque :

  • captures d’écran ;
  • numéros d’appel ;
  • messages reçus ;
  • courriels ;
  • factures ou documents transmis.

Porter plainte ou signaler l’escroquerie

Vous pouvez vous rendre sur la plateforme 17Cyber, un guichet unique qui guide rapidement les victimes vers les bonnes démarches. La plateforme, disponible en permanence, vous délivre un diagnostic grâce à un questionnaire. Vous devez tout d’abord préciser votre statut (particulier, entreprise, administration…), identifier le problème (SMS reçu, téléphone mobile, site Internet…), puis les caractéristiques de l’acte de malveillance (suspicion de la présence d’un virus, piratage de compte, contenu du message malveillant…).

Une fois ces réponses validées, 17Cyber émet un diagnostic (hameçonnage, virus, etc.) et propose diverses actions visant à trouver une solution technique, mais aussi à vous défendre à la suite de cette attaque (déposer plainte, changer de mot de passe, signaler les messages suspects au 33700…).

Des pénalités prévues en cas de retard de remboursement par votre banque des opérations non autorisées

Par principe, dès lors qu’une opération non autorisée est signalée à la banque, cette dernière est tenue de procéder immédiatement au remboursement de ladite opération et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant. Cette règle comporte une exception, si la banque a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de l’utilisateur du service de paiement et si elle communique ces raisons, par écrit, à la Banque de France.

Des pénalités sont prévues en cas de retard dans le remboursement :

  • les sommes dues produisent intérêt au taux légal majoré de 5 points ;
  • au-delà de 7 jours de retard, les sommes dues produisent intérêt au taux légal majoré de 10 points ;
  • au-delà de 30 jours de retard, les sommes dues produisent intérêt au taux légal majoré de 15 points.

Se faire accompagner

Si vous avez besoin d’aide dans vos démarches, vous pouvez contacter une association locale de Que Choisir Ensemble.

Le recours au médiateur ou au conciliateur de justice est un préalable obligatoire à toute action en justice dès lors que le litige porte sur un montant inférieur ou égal à 5 000 €. Sa saisine suspend le délai de prescription de l’action judiciaire.

Avant de saisir le médiateur mentionné dans votre convention bancaire, vous devez formuler une réclamation écrite préalable à votre agence ou au service relations clients. Ils ont 2 mois maximum à compter de la réclamation pour vous répondre.

Faute de réponse favorable ou en l’absence de réponse dans le délai indiqué, la saisine du médiateur doit intervenir au plus tard 1 an après l’envoi de votre première réclamation, même si les voies de recours internes ne sont pas épuisées (le cas échéant, service consommateurs, médiateur interne).

Interpeller le professionnel

La plateforme Que Choisir Réclamations vous permet, en tant que consommateur, d’interpeller un professionnel afin de trouver une solution amiable au différend qui vous oppose.

Refus de remboursement des fraudes bancaires : Que Choisir Ensemble reste mobilisée

Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que Choisir), face aux nombreux refus de remboursement injustifiés des banques, a déposé plainte contre 12 établissements pour pratiques commerciales trompeuses le 28 juin 2022. Si plusieurs plaintes ont été classées sans suite, l’enquête est toujours en cours concernant LCL, Floa Bank, le Crédit agricole, Boursorama et BNP Paribas.

Pour rappel, Que Choisir Ensemble, à travers la multitude de refus injustifiés, a mis au jour une véritable stratégie des banques pour s’affranchir de leur obligation de démontrer la négligence personnelle de leurs clients afin de refuser de les rembourser.

→ Lire aussi : Fraude à la carte bancaire - Demande de remboursement (lettre type)

Et si votre banque vous demande de déposer plainte ?

Que Choisir Ensemble observe que, dans la pratique, certains conseillers bancaires laissent entendre que le remboursement est subordonné au dépôt préalable d’une plainte. Or, les services de police et de gendarmerie sont débordés par ces dépôts de plainte et refusent parfois de prendre la plainte des victimes de fraudes bancaires.

En tout état de cause, Que Choisir Ensemble rappelle que la réglementation n’impose nullement un dépôt de plainte comme condition au remboursement des sommes frauduleusement débitées.

Si vous souhaitez déposer plainte, vous pouvez le faire par écrit en portant plainte contre X. En revanche, faute de certitude sur les moyens employés par les fraudeurs, évitez d’évoquer des hypothèses. Restez factuel en indiquant uniquement le ou les débits frauduleux constatés. En effet, si, dans les conditions générales de la banque, il est imposé de fournir le procès-verbal dans son entièreté, elle peut chercher des éléments dans votre déclaration pour considérer que vous avez été négligent dans la conservation de vos données bancaires et refuser de vous rembourser.

Néanmoins, la négligence grave ne se présume pas. Elle devra être prouvée par la banque. À défaut de précisions dans les conditions générales, vous pouvez ne fournir que le récépissé de plainte.

Un fichier national des comptes bancaires signalés pour risques de fraude (FNC-RF)

Depuis le 6 mai 2026, la Banque de France a la charge de la gestion d’un fichier sur lequel les prestataires de services de paiement déclarent les comptes identifiés comme suspects par les dispositifs de contrôles internes. Ils devront corriger ces données en cas de disparition des éléments permettant de soupçonner une fraude.

L’Urssaf pourra également signaler à la Banque de France les comptes qu’elle estime susceptibles d’être frauduleux.

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Justine Marenda

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Laure Littardi

Service d’information juridique

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