Huiles d’olive

AOP, AOC et IGP

Publié le : 24/02/2012 

Depuis juillet 2009, l’indication de l’origine est obligatoire sur les produits (règlement CE 1019/2002 modifié). Cela signifie-t-il pour autant que le consommateur peut connaître en un coup d’œil la provenance exacte de l’huile qu’il achète ? Pas vraiment. Il faut bien souvent s’armer de patience avant de trouver l’information sur les bouteilles et savoir lire entre les lignes.

 

AOP (Appellation d’origine protégée) et AOC (Appellation d’origine contrôlée) et

L’appellation d’origine protégée (AOP) comme l’appellation d’origine contrôlée (AOC) traduisent un lien fort du produit avec le terroir. Production, transformation, élaboration dans une aire géographique déterminée et savoir-faire reconnu et constaté sont les piliers de ces appellations.

L’AOP est reconnue au niveau européen, l’AOC, elle, est le signe national traditionnel équivalent.

On compte actuellement en France 7 AOP et 1 AOC :

 

  • L’AOP huile d’olive de Nyons (reconnue en premier lieu en France comme une AOC par le décret du 10 janvier 1994).

 

Zone géographique : Drôme, Vaucluse.

Variétés des olives : Tanche.

L’huile : de couleur or, elle est douce et présente des arômes de noisette ou d’amande, de foin ou d’herbe coupé, et de pomme verte. Son onctuosité est très prononcée.

 

  • L’AOP huile d’olive de la vallée des Baux-de-Provence (reconnue en premier lieu en France comme une AOC par le décret du 27 août 1997).

 

Zone géographique : Bouches-du-Rhône.

Variétés des olives : Salonenque, Grossane, Béruguette, Verdale et Picholine.

L’huile : les huiles de la Vallée des Baux de Provence ont une amertume et une ardence modérées.

 

• Dans une huile fruité vert de cette AOC, on décèle des notes végétales (arômes de foin frais, d'herbe coupée, de pomme, de noisette fraîche ou encore d'artichaut cru).

• Dans une typicité fruité noir, l’huile se caractérise par des arômes d'olives confites, d'olives noires, de cacao, d'artichaut cuit, de pain au levain ou encore de truffe, de champignon.

 

 

  • L’AOP huile d’olive d’Aix-en-Provence (reconnue en premier lieu en France comme une AOC par le décret du 13 décembre 1999).

 

Zone géographique : Bouches-du-Rhône, Var.

Variétés des olives : Aglandau, Cayanne, Salonenque et Bouteillan, Grossane, Picholine, Verdale, et variétés locales anciennes.

L’huile : d’une manière générale, les huiles de cette AOC se caractérisent par une intensité olfactive dominée par des arômes de verdure, une grande intensité des arômes de fin de bouche (beurre, amande par exemple) et une onctuosité élevée.

 

Plus précisément :

• L’huile issue d’olives fraîchement triturées est caractérisée principalement par les arômes d’herbe fraîche et d’artichaut cru. En fin de bouche, le poivré peut être présent. L’ardence et l’amertume sont présentes, de manière plus ou moins prononcées.

• L’huile issue d’olives « maturées » est caractérisée par un nez assez intense, et des arômes de pain grillé, pain au levain, d’olive noire et d’artichaut cuit complétés parfois par des notes de cacao ou de vanille. La quasi absence d’ardence et d’amertume est également caractéristique.

 

 

  • L’AOP huile d’olive de Nîmes (reconnue en premier lieu en France comme une AOC par le décret du 17 novembre 2004).

 

Zone géographique : Gard, Hérault.

Variétés des olives : Picholine, Négrette et Noirette.

L’huile : avec la prédominance de la variété Picholine, les huiles AOP Nîmes présentent une ardence en bouche avec parfois un peu d’amertume. Au nez, on relève des arômes de verdure. En bouche, elle révèle des arômes de garrigue et de fruits rouges ou encore d’ananas.

 

  • L’AOP huile d’olive de Nice (reconnue en premier lieu en France comme une AOC par le décret du 26 novembre 2004).

 

Zone géographique : Alpes-Maritimes.

Variétés des olives : Cailletier.

L’huile : elle se caractérise par sa douceur, un nez discret et une finesse en bouche avec des arômes d’amande pouvant être très intenses, accompagnés de notes de genêts et d’artichaut cru.

 

  • L’AOP huile d’olive de Corse – Oliu di Corsica (reconnue en France comme une AOC par le décret du 26 novembre 2004).

 

Zone géographique : Corse-du-Sud et Haute-Corse.

Variétés des olives : Sabine, Ghjermana, Capannace, raspulada, Zinzala, Aliva Néra, Curtinese.

L’huile : cette huile se distingue par sa douceur puisque l’amertume et le piquant sont présents à un niveau modéré, voire quasiment absents. Les arômes qu’on y trouve sont fins, rappelant les fruits secs (noisettes ou amandes) mais aussi pomme, herbe fraîche, miel ou arômes de pâtisserie. D’autres évoquent le maquis (fleurs, romarin par exemple).

 

  • L’AOP huile d’olive de Haute-Provence (reconnue en premier lieu en France comme une AOC par le décret du 13 décembre 1999).

 

Zone géographique : Alpes-de-Haute-Provence, Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse.

Variétés des olives : Aglandau, Bouteillan, Picholine, Tanche et variétés locales anciennes.

L’huile : une huile de couleur jaune à reflets verts, au nez intense et complexe (pomme verte, banane verte, artichaut, foin coupé). Sur le plan gustatif, cette huile est persistante en bouche, l’amertume et le piquant sont légers, avec des notes aromatiques de beurre, noisette fraîche et artichaut.

 

  • L’AOC huile d’olive de Provence (décret du 14 mars 2007).

 

Zone géographique : Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Drôme, Gard, Var et Vaucluse.

Variétés des olives : Aglandau, Bouteillan, Cayon, Salonenque et autres variétés comme Grossane, Picholine, Négrette ou encore Tanche.

L’huile : Avec un nez peu puissant et des odeurs de fruits rouges, herbacées et artichaut cru, elle propose un fruité intense en bouche. On y retrouve les arômes herbacés et artichaut cru mais aussi banane, noisettes ou amandes.

IGP (Indication géographique protégée)

L'indication géographique protégée (IGP) est née, à l'instar de l'AOP, de la volonté européenne d'étendre le système d'identification des produits par l'origine.

Elle distingue un produit dont toutes les phases d'élaboration ne sont pas nécessairement issues de la zone géographique éponyme mais qui bénéficie d'un lien à un territoire et d'une notoriété.

En d’autres termes, l'aire géographique d'une IGP est délimitée (au moins un des stades de la production, du traitement ou de la préparation) mais moins strictement que pour une AOP ou une AOC. La relation entre le produit et son origine est donc moins forte mais suffisante pour conférer une caractéristique ou une réputation au produit.

 

Les mentions de l'origine

L’indication de l’origine est généralement inscrite en très petits caractères, sur les contre-étiquettes. Pour beaucoup de produits, elle reste vague : « produit de l'UE », « huile d'olive de la communauté Européenne », « Huile d'olive d'origine communautaire » ou encore « Origine union européenne et pays tiers ».

 

Etiquette huile d'olive

Tout au plus, peut-on entrevoir le recours au mélange de plusieurs huiles d’olive lorsque ce même type de mentions est inscrit au pluriel.

 

Etiquette origine huile d'olive

 

 

Etiquette origine huile d'olive

Quelques produits rendent l’information plus lisible en indiquant clairement un pays (« origine Italie », « 100 % Espagne » « Tunisie »…) et/ou en faisant figurer l’origine sur la face avant de la bouteille.

 

Etiquette origine huile d'olive

Finalement, assez logiquement, les références les plus transparentes quant à l’origine restent les AOP (Appellation d’origine protégée) et les AOC (Appellation d’origine contrôlée). Pour ces dernières, pas de doute possible. En effet, leur cahier des charges exige, entre autres, une production, une transformation et une élaboration dans une aire géographique déterminée.

 

Claire Garnier

Rédactrice technique