Protection de la peau Quelle est la bonne dose de soleil ?

Protection de la peau

Quelle est la bonne dose de soleil ?

Mis à jour le : 27/06/2022 

Sa lumière est essentielle à notre bien-être, mais elle comporte aussi ses dangers. Une exposition excessive augmente, notamment, le risque de cancer de la peau. Comment trouver le juste milieu ?

 

Le soleil est un astre ambi­valent. Il présente des dangers, mais reste une source importante de vitamine D, synthétisée par la peau lors de l’exposition. « Au printemps et en été, 10 à 15 minutes suffisent pour en produire une quantité satisfaisante », souligne le Pr Vincent Descamps, dermatologue à l’hôpital Bichat (Paris), lorsque l’on expose environ 20 % de sa peau (visage et bras par exemple). Son bénéfice est indéniable : la vitamine D permet le bon fonctionnement de notre organisme – osseux, musculaire et nerveux –, mais aussi la régulation hormonale et l’activité du système immunitaire.
Outre ses effets physiques, le soleil contribue à notre bien-être psycho­logique. S’y exposer est bon pour le moral et favoriserait même la production d’endorphines. Mais ses rayons qui nous réchauffent agréablement la peau peuvent aussi l’abîmer.

Les ravages des UV

Au grand dam des amateurs de bains de soleil, il existe de nombreux risques associés à cette pratique. Si elle n’est pas protégée correctement, la peau finit par s’irriter et rougir. C’est le fameux coup de soleil. Éviter cette brûlure est recommandé à long terme, car la répétition des coups de soleil augmente le risque de cancer de la peau. Le soleil est, en effet, un des principaux responsables de cancer cutané (mélanome ou carcinome).
Se protéger convenablement a un intérêt plus immédiat. Une peau surexposée au soleil vieillit plus tôt. Elle se couvre alors de taches, de lésions de petite taille, perd en élasticité et en épaisseur. Une lucite peut également se manifester. Souvent qualifiée d’allergie au soleil, elle se présente sous la forme d’une éruption cutanée qui démange.
Enfin, certaines maladies de peau peuvent s’aggraver ou être déclenchées par une exposition au soleil. C’est le cas du lupus, de l’herpès labial, mais aussi de l’acné. « Le soleil est un faux ami : il épaissit la peau. L’acné disparaît temporairement en été et une poussée survient à la rentrée », indique le Pr Descamps.

À chacun sa dose

Comment tirer un maximum de bénéfices du soleil sans risque ? La dose exacte d’exposition à respecter est difficile à définir. Elle dépend de nombreux facteurs, dont le photo­type qui définit la sensibilité au soleil en fonction de la couleur de la peau et de sa capacité à bronzer. Grâce à cet indicateur, on peut évaluer une durée à ne pas dépasser sans protection. Il faut d’abord calculer la SED, une dose qui indique le temps avant un coup de soleil. Pour cela, on divise le chiffre 60 (le nombre de minutes dans une heure) par l’indice UV. Si l’indice UV est de 6, on obtient une SED de 10 minutes. Selon notre phototype, nous pouvons tolérer plus ou moins longtemps le soleil : pour un phototype 1 (cheveux roux, blonds et peau très pâle), c’est 1 à 2 SED ; pour un phototype 4 (cheveux bruns, noirs et peau mate), c’est 5 à 6 SED. Ce système reste indicatif et la durée d’expo­sition maximale varie en fonction de chacun.

Inégaux devant le soleil

Les cellules mélanocytaires, responsables du bronzage, jouent également un rôle. C’est pourquoi les peaux brunes ou noires qui contiennent majoritairement de l’eumélanine sont un peu plus favorisées face au soleil. Les personnes rousses, elles, ont une peau ayant une majorité de phéomélanine qui ne permet pas de bronzer et ne protège pas. Elles doivent donc s’exposer moins longtemps.

Des rayonnements thérapeutiques

Certaines affections de la peau, comme la dermatite atopique, le psoriasis ou le vitiligo, sont soignées grâce aux rayons ultraviolets (UV), tels que ceux émis par le soleil. Ils ont une action immunosuppressive qui permet de traiter ces maladies cutanées inflammatoires. Pour cela, la durée d’exposition est calculée selon l’énergie des rayons UV. Un nombre restreint de patients accède à cette thérapie, car elle augmente le risque de cataracte et de cancer cutané.

Audrey Vaugrente