par Micaëlla Moran
InfirmitéUne politique handicapante
On manque de lieux de vie pour les handicapés. Des parents poussent un cri de colère. Et de détresse.
Dans la Manche, des familles se sont regroupées au sein du Collectif des parents en colère(1) pour servir d'aiguillon. «Il y a des limites à la patience, déclare Françoise Fossey, leur représentante. Nous avons le sentiment de ne pas être compris en terme d'urgence, nous avons même l'impression qu'on privilégie le maintien des jeunes adultes dans leurs familles.»
Pourquoi un collectif ? C'est ponctuel, une telle structure n'a besoin ni de statuts ni de président. Elle a, en revanche, des intérêts à défendre. Ici, celui des handicapés de 20 ans et plus, en attente d'accueil dans des structures pour adultes (soit, pour la Manche, 517 personnes). Faute de place, ils restent chez leurs parents. Par dérogation, certains sont maintenus en établissement, en vertu de l'amendement Creton, ce qui retarde d'autant l'entrée des plus jeunes. Un vrai cercle vicieux.
«Il n'y a pas que dans la Manche que cela se passe, mais on n'en parle pas. Nous ne demandons pas l'aumône, mais l'application du droit. Où est l'offre de choix prônée par la loi de juillet 2002 entre maintien à domicile et prise en charge en établissement ?», interroge Françoise Fossey, qui pointe le manque d'anticipation. «Nos enfants sont handicapés de naissance, il était prévisible qu'un jour ils auraient 20 ans !» Par manque de structures ad hoc en France, quelque 4 000 jeunes handicapés
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Micaëlla Moran
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