Opération « anti-retards »

Premières conclusions

Publié le : 26/11/2015 

En juin, l’UFC-Que Choisir proposait aux usagers des TER et RER ­victimes de retards ou d’annulations de nous le faire savoir.

 

Que le TER (train express régional) peut être agréable ! En cette fin d’après-midi de septembre, le Rennes-Saint-Malo roule à vive allure, sous un ciel de plomb. Train récent et confortable, annonces à bord régulières, gares rénovées et propres, arrivée à destination sans retard… Une image flatteuse. Car emprunté chaque jour par un million d’usagers, le TER (en Île-de-France, le RER et le Transilien qui en transportent trois millions) rime avec galère pour nombre d’entre eux ! La preuve, avec l’opération « anti-retards » initiée par l’UFC-Que Choisir en juin dernier.

Les utilisateurs réguliers des transports régionaux chargent sur leur smartphone une application gratuite leur permettant de signaler les retards et annulations qu’ils subissent. Objectif : faire remonter des données pour dresser un bilan de la ponctualité la plus proche possible du « vécu » des passagers. Les statistiques officielles, fournies par la SNCF, sont en effet optimisées : elles ne comptabilisent pas toutes les situations perturbées. Les trains annulés ne sont, par exemple, pas systématiquement pris en compte, et les retards n’existent pour le transporteur qu’à partir de 6 minutes en province, 5 en Île-de-France.

Cinq mois après la mise en service de l’application « anti-retards », le nombre « d’alertes » dépasse les 42 000, soit en moyenne 300 par jour (78 % de retards et 22 % d’annulations). Des informations envoyées de toutes les régions qui permettent de faire ressortir quelques points noirs. Certes, pour la majorité d’entre eux, il s’agit plus de confirmations que de révélations. Mais ces signalements en rafales rappellent que les acteurs concernés par ces trains de proximité (SNCF et régions) ont bien du mal à corriger la situation. À ce jour, ce sont les voyageurs d'Île-de-France qui ont déclaré le plus d'incidents de circulation, devant ceux de Rhône-Alpes et de Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Hors réseau transilien, les lignes les plus touchées sont Lyon-Grenoble, Saint-Étienne-Ambérieu, Marseille-Toulon et Nancy-Luxembourg ville. Quant aux retards cumulés par notre application, ils atteignent 8 068 heures. Dans 30 % des cas, ils sont supérieurs à 15 minutes. À suivre...

Île-de-France - L’UFC-Que Choisir attaque les contrats Stif/SNCF/RATP

L’UFC-Que Choisir a déposé un recours devant les juridictions administratives contre le Syndicat des transports d’Île-de-France (le Stif, composé de représentants du conseil régional, des conseils départementaux, du conseil de Paris...) chargé d’organiser, dans cette région, les transports collectifs. Objet de son courroux, la nouvelle convention qui lie l’organisme à la SNCF pour 4 ans (2016-2019) et à la RATP pour 5 ans (2016-2020). Au printemps dernier, l’UFC-Que Choisir avait mis en demeure le Stif d’intégrer dans cette convention, adoptée en octobre, un dispositif de compensation clair et juste pour l’usager en cas de perturbations récurrentes. Elle l’enjoignait également de mettre en place des mécanismes efficaces (indices de qualité pertinents, pénalités dissuasives…) pour contraindre les ­transporteurs à améliorer la qualité du service rendu aux usagers. La nouvelle convention, que l’UFC-Que Choisir a découverte en consultant le site du Stif, n’apporte pas de réponses satisfaisantes sur ces points, d’où ce recours contentieux. En outre, elle a été bouclée alors qu’un nouveau conseil régional va sortir des élections dans les semaines à venir. Il n’aura donc pas eu son mot à dire. Les candidats avaient pourtant tous placé l’amélioration des transports au cœur de leur campagne…

Arnaud de Blauwe

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Mathieu Escot