GUIDE D'ACHAT

Comment bien choisir une veste de randonnée

Fabrice Pouliquen
Morgan Bourven
Gabrielle Théry

par Fabrice Pouliquen, Morgan Bourven, Gabrielle Théry

Après avoir choisi ses chaussures de randonnée, il convient de s’attarder sur la veste. L’aventure ne s’improvise pas et personne n’est à l’abri d’une averse… Le marché des vestes de randonnée est vaste et alors qu’une grande partie sont proposées par des marques de sport (Millet, Lafuma, The North Face, Mammut, Eider…), on trouve aussi des marques de distributeurs dans les enseignes de sport (Decathlon, Go Sport, Gamme Sport…) et dans la grande distribution (Carrefour, Auchan, La halle aux vêtements…). Les vestes de randonnée étant globalement de bonne qualité, votre attention doit se porter sur l’utilisation prévue ou sur des détails. Si certains sautent aux yeux et relèvent d'une appréciation personnelle, comme la coupe ou la couleur, d’autres aspects sont à surveiller. À noter que la réglementation française impose que les vêtements mis sur le marché après le 1er janvier 2026 soient dépourvus de PFAS. Ce n’est pas sans conséquence, notamment concernant le bon entretien de ces vestes.

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Vestes imperméables de randonnée

 

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La différence entre une veste de pluie et une softshell

La veste de pluie

Imperméable et coupe-vent, la veste de pluie vous protège de la pluie et évite les déperditions de chaleur dues au vent. De plus, elle évacue la transpiration sous forme de vapeur d’eau. Mais mieux vaut se passer d’une veste de pluie lors de l’effort s’il ne pleut pas, car la transpiration sera bien mieux évacuée naturellement. De plus, la protection thermique d’une veste de pluie étant très faible, il faudra, la plupart du temps, s’équiper d’une polaire.

La softshell

Sous cet anglicisme que l’on peut traduire par « coquille douce », se dessine un type de veste censé remplacer le duo polaire et veste de pluie. En effet, il est au final assez rare, lors de petites randonnées, de rencontrer une météo extrême obligeant à enfiler une veste imperméable par-dessus sa polaire. Ainsi les softshells offrent-elles à la fois une protection coupe-vent et déperlante résistant à une pluie fine pendant 30 à 40 minutes, doublée d’une polaire intérieure pour fournir un petit apport thermique. Certaines renferment tout de même une membrane les rendant imperméables.

Imperméable ou déperlant : comment rester au sec ?

Une veste déperlante ne doit pas être confondue avec une veste imperméable. La déperlance est la faculté, pour un tissu, de faire glisser l’eau en son long en gouttelettes. Cela lui évite de se gorger d’eau et donc de s’alourdir. Mais cette propriété est limitée : un tissu déperlant ne résistera pas longtemps à une longue ou intense averse et finira par laisser passer l’eau. L'inconvénient du traitement déperlant est qu’il s’estompe avec le temps, les lavages et les frottements. Le vêtement doit donc être retraité régulièrement avec une solution adaptée.

L’imperméabilité est, elle, la capacité du tissu à empêcher la pénétration de l’eau. Un tissu imperméable peut absorber une certaine quantité d’eau (à l’inverse du tissu déperlant), mais ne la laissera pas atteindre l’intérieur du vêtement. Une veste imperméable est fabriquée avec une matière microporeuse : ses pores sont 20 000 fois plus petits qu’une goutte d’eau, ce qui permet de rester au sec, tout en laissant le corps respirer. C’est toute la différence avec un ciré qui, lui, est imperméable mais pas du tout respirant. Attention toutefois, lorsque le tissu imperméable est saturé d’eau en surface, la transpiration à l’intérieur est piégée et ne peut pas s’évacuer.

L’obligation de se passer de PFAS

Que ce soit pour leurs membranes imperméables ou leurs traitements déperlants, les fabricants de vestes de randonnée avaient par le passé largement recours aux PFAS. Cet acronyme rassemble une vaste famille de substances chimiques utilisées après la Seconde Guerre mondiale par l’industrie pour leurs multiples propriétés (ignifuges, antitaches, antiadhésives, émulsifiantes et imperméabilisantes…).

Problème : ces substances sont aussi très persistantes dans l’environnement. D’où leur surnom de « polluants éternels ». Or, plus la science s’y intéresse, plus elle met en évidence des effets délétères sur la santé et l’environnement. Depuis le début des années 2000 et les premiers scandales sanitaires liés aux PFAS aux États-Unis, l’industrie textile planche sur des alternatives à ces substances, consciente qu’elle devra s’en passer. 

En France, les fabricants n’ont désormais plus le choix. Depuis le 1er janvier 2026, les nouvelles collections commercialisées doivent être sans PFAS. La veste pourra être retirée du marché si, en cas de contrôle, l’un des PFAS ciblés dans les analyses dépasse le plafond (très bas) de 25 microgrammes par kilo (μg/kg) fixé par la réglementation ou si la somme de tous les PFAS recherchés dépasse 250 µg/kg.

C’est rare, mais certains fabricants communiquent sur cette transition. Sur leur site Internet, l’information est généralement donnée dans le descriptif de leurs vestes, dans l’onglet « Caractéristiques ». Apparaissent ainsi les mentions « Sans ajout intentionnel de PFAS » ou encore « Sans PFC » (acronyme de « composés fluorés »), autre terme utilisé par l’industrie textile pour désigner les PFAS.

Les alternatives retenues par les fabricants reposent essentiellement, pour les membranes imperméables, sur des polymères plastiques. Elles sont désormais, le plus souvent, en polyéthylène expansé (ePE), en polyuréthane, en nylon ou en PET. Concernant les traitements déperlants (DWR), les alternatives sont principalement à base de silicone, de cire ou même d’origine végétale.

Cet abandon des PFAS implique un entretien de ces vestes plus contraignant (voir plus bas).

Poids, capuche, poignet… Les détails qui comptent au moment de l’achat

Le poids est un critère moins déterminant que dans le choix des chaussures de randonnée, mais à prendre en compte, car les écarts sont importants. Partant de l'idée que vous pourrez toujours enfiler une polaire sous votre veste par temps frais si elle est un peu légère, le poids plume est un atout pour alléger le sac à dos et permet de randonner sans suer quand le chemin ou la température grimpe.

La capuche, détachable ou fixe, peut être rangée dans le col. Fuyez les capuches fixes si vous randonnez à vélo car elles prennent le vent. Vérifiez la présence d'un velcro ou d'une lanière de réglage sur le dessus et les côtés. Un bon réglage permet à la capuche de suivre les mouvements de la tête.

Les poignets sont généralement réglables, à l’aide d’un velcro (qui permet de bien serrer les manches) ou d’élastiques.

Les poches doivent être bien vérifiées, car elles peuvent être la source de menus tracas ! Trop petites, elles deviennent inaccessibles aux mains gantées. Mal placées, elles tombent juste sous la bretelle du sac à dos et se révèlent inutiles. Le mieux est de partir de l'usage que vous ferez de votre veste. En randonnée, vous aurez besoin de manipuler fréquemment une carte géographique. Il vous faut une poche assez haute pour la ranger et facile à ouvrir. Vous aurez éventuellement besoin d'une poche plus petite pour un téléphone portable, à garder à portée de main, et d'une poche portefeuille intérieure. Tout le reste sera plus à sa place dans un sac à dos. Il est hautement souhaitable que les fermetures de vos poches soient étanches.

Le col est un point à surveiller car c'est une source de frottement sur une zone de peau assez sensible et une voie d'entrée privilégiée pour l'eau de pluie. Un bouton-pression mal placé ou une coupe inadaptée peuvent rapidement devenir agaçants. Pensez-y lors de l'essayage.

L'isolation de la veste

Ce n'est pas vraiment un critère, car aucune de ces vestes n'est chaude. Elles sont prévues pour être portées avec des t-shirts ou des polaires plus ou moins fines. Tenez-en compte et choisissez la vôtre assez large si vous comptez marcher par temps frais. Sachez aussi que si vous pratiquez occasionnellement le ski de fond ou les raquettes, une veste de randonnée et une polaire constituent un équipement tout à fait correct. Évitez de porter du coton ou de la laine en dessous de votre veste : les fibres naturelles évacuent mal la sueur.

La ventilation et la respirabilité de la veste

N’imaginez pas partir en randonnée avec un ciré ou avec un simple poncho en plastique : la respirabilité des vestes est importante, car rien ne sert d’empêcher la pluie de rentrer si c’est pour être trempé de transpiration. De plus, si votre peau est humide ou au contact de quelque chose d’humide, vous aurez froid plus facilement. Le vêtement doit donc être respirant, c’est-à-dire permettre l’évacuation de l’humidité produite par le corps, autrement dit la transpiration. Les pores microscopiques des vestes stoppent les gouttes d'eau, mais doivent laisser passer la vapeur dégagée par le corps.

Certaines vestes disposent, sous les bras, de fermetures Éclair qui offrent la possibilité de s'aérer sans ôter sa veste et sans ouvrir la fermeture centrale. C'est plutôt pratique par temps tiède et humide pour réguler sa température.

Un entretien plus si simple

« Quel que soit le modèle choisi, votre veste de randonnée ne devrait pas vous causer énormément de souci de ce côté », écrivait-on dans ce guide d’achat. En effet, les tissus déperlants à base de PFAS, jusque-là utilisés, avaient le triple avantage d’être hydrophobes et oléophobes (tachant vraiment très peu), tout en étant persistants dans le temps. Cela permettait un entretien minimal.

Ce n’est plus forcément le cas avec les vestes sans PFAS. Si certaines vestes de notre test restent très efficaces pour repousser l’eau, les traitements déperlants sans PFAS, en revanche, sont moins durables dans le temps et également moins efficaces contre les saletés et les graisses. 

Deux conséquences. D’une part, il vous faudra, dès lors, sans doute laver plus fréquemment votre veste. Le plus souvent, les fabricants préconisent des lavages doux à 30° C maximum. D’autre part, il est probable que vous ayez à raviver le traitement déperlant plus souvent que par le passé. De nombreux sprays ou produits à ajouter lors du lavage sont aujourd’hui proposés en rayon.

Plus de conseils pour entretenir une veste de randonnée sans PFAS

Décrypter les étiquettes

Certains produits affichent leurs caractéristiques d’imperméabilité et de respirabilité sur leur étiquette. Les autres les détaillent généralement sur leur site Internet. L’imperméabilité se mesure en Schmerber (ou mm), unité définie par la norme EN 20811 (ISO 811). Sous la pluie, la pression exercée par l’eau sur le vêtement peut atteindre 1 300 à 2 000 Schmerber, à laquelle il faut ajouter la pression exercée par l’utilisateur (au niveau des bretelles du sac de randonnée par exemple).

Pour de petites randonnées à la journée, une imperméabilité de 2 000 mm peut être suffisante, mais pour une randonnée de plusieurs jours, un minimum de 10 000 mm est conseillé. Une veste sera parfaitement étanche à 20 000 mm, et les vêtements allant jusqu’à 30 000 mm sont réservés à des utilisations extrêmes. À noter que ces données s’appliquent également aux surpantalons de pluie et aux tentes.

La respirabilité peut, elle, s’afficher de deux façons.

La valeur MVTR (Moisture Vapour Transmission Rate, pour taux de transfert de vapeur d'eau) correspond à la quantité d'eau (en grammes) qui s'évapore d'un m² de tissu en 24 h. Elle s’affiche sous la forme g/m²/24 h. Plus le chiffre est élevé, plus la veste respire : une bonne respirabilité débute à 10 000 g/m²/24 h.

Le RET (résistance, évaporation, transmission) détermine, quant à lui, la résistance qu’oppose un textile à l’évacuation de l’humidité du corps et s’exprime en Pa x m²/W. Contrairement à la valeur MVTR, ici la respirabilité est d’autant meilleure que le coefficient est faible : un RET inférieur à 12 signale un tissu très respirant, alors qu’un RET au-delà de 20 est peu respirant.

Les étiquettes de 2 vestes de randonnée.
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Vestes imperméables de randonnée

 

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Morgan Bourven

Morgan Bourven

Gabrielle Théry

Gabrielle Théry

Rédactrice technique

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