Travaux (contrats conclus avant le 1er octobre 2016)

Retard ou arrêt

Cette lettre ne concerne que les contrats conclus jusqu’au 30 septembre 2016.
Vous envisagez quelques travaux de rénovation. Vous êtes tombé d'accord avec un artisan et avez signé le devis qu'il vous a présenté, sans oublier de lui verser un acompte. Malheureusement, il ne respecte pas les délais convenus : les travaux n’ont toujours pas débuté, ou il a arrêté les travaux et, malgré vos relances et ses promesses, il n’a toujours pas repris le chantier.

 
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Ce que dit la loi

Avant même que vous ne signiez un contrat, l’artisan doit vous informer, s’il ne peut pas s’exécuter immédiatement, de la date ou du délai auquel il s’engage à réaliser les travaux.

Le professionnel  est alors tenu de s’exécuter à cette date ou dans ce délai. Si vous avez convenu ensemble d’une autre date ou d’un autre délai, il devra respecter cet accord.

En cas de retard, vous pourrez rompre le contrat et/ou rechercher la responsabilité de l’artisan. Pour pouvoir rompre le contrat de plein droit, vous devrez d’abord le mettre en demeure d’exécuter ou de reprendre les travaux dans un délai supplémentaire raisonnable. Sachez que cette mise en demeure ne sera pas nécessaire si vous avez signalé expressément, avant la signature du contrat, le caractère impératif de la date ou du délai fixé.

Articles L. 111-1, L. 216-1, L. 216-2 du code de la consommation.

Articles 1787, 1147, 1144 du code civil.

À noter
Le professionnel doit indiquer, avant la conclusion du contrat, la date limite à laquelle il s'engage à livrer le bien ou à exécuter la prestation de services. À défaut, il est réputé devoir délivrer le bien ou exécuter la prestation de services au plus tard trente jours après la conclusion du contrat (article L. 216-1 du code de la consommation).
Bon à savoir
Si l’exécution de la prestation intervient entre l’envoi et la réception du courrier l’informant de votre décision de dénoncer le contrat, ce dernier ne sera pas résolu.

Ce que vous pouvez faire

En cas de retard dans l’exécution des travaux, vous devez dans un premier temps, mettre en demeure le professionnel de débuter ou de reprendre les travaux dans un délai supplémentaire raisonnable qu’il vous faut préciser. Exigez dans le même courrier que les travaux soient terminés à la date prévue dans le contrat ou précisez un délai raisonnable qu’il devra respecter. Cette mise en demeure doit prendre la forme d’une lettre recommandée avec demande d’avis de réception ou d’un écrit sur un autre support durable (exemple : e-mail, télécopie). 

Faute d’exécution des travaux dans ce délai supplémentaire, vous pouvez rompre le contrat selon les mêmes modalités que pour la mise en demeure, c’est-à-dire par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par un écrit sur un autre support durable (article L. 216-2 du code de la consommation). Vous pouvez également demander des dommages-intérêts si vous apportez la preuve d’un préjudice (article 1147 du code civil). Il vous faudra certainement, pour les obtenir, saisir la justice.

Par ailleurs, d’autres pistes sont envisageables devant les tribunaux :

  • contraindre le professionnel à reprendre les travaux sous astreinte (article 1184 du code civil) ;
  • obtenir l’autorisation d’effectuer le reste des travaux par l’intermédiaire d’une autre entreprise, aux frais du professionnel initial (article 1144 du code civil).
À noter
Si le coût des travaux inachevés est supérieur à 10 000 euros, vous pouvez vous adresser au juge des référés du tribunal de grande instance afin qu'il vous autorise à faire terminer les travaux par une autre entreprise aux frais de celle qui est défaillante (article 1144 du code civil).
Si le coût des travaux inachevés est inférieur à 10 000 euros et que vous demandez au tribunal l’autorisation de passer par un autre professionnel aux frais du premier, pensez à chiffrer cette demande. À défaut, votre demande pourrait être qualifiée d’indéterminée dans son montant et entraîner la compétence du tribunal de grande instance devant lequel l’avocat est obligatoire et la procédure plus longue.

Devant quel tribunal agir

Sauf cas particuliers, lorsque vous saisirez le tribunal, vous devrez justifier avoir réalisé des démarches en vue de parvenir à une résolution amiable du litige (art. 58 du code de procédure civile). Il s’agit, par exemple, d’évoquer les différents courriers que vous avez écrits ainsi que les délais laissés pour vous répondre. À défaut, le juge pourra vous inviter à procéder à une tentative de règlement amiable de votre litige, avant de vous adresser à nouveau à lui.

Retrouvez notre fiche « Devant quel tribunal agir ? »


À noter
Ce modèle de lettre a été rédigé par le Service d’Information Juridique de l’UFC-Que Choisir. Composé de juristes, il répond aux questions des abonnés à Que Choisir afin de leur indiquer la marche à suivre pour venir à bout de la plupart des problèmes de consommation qu’ils peuvent rencontrer dans leur vie quotidienne : produits défectueux et prestations de services peu satisfaisantes, contentieux en matière d’assurance ou de banque, litiges locataires-propriétaires, questions relatives à la copropriété etc.

Attention : ce modèle de lettre n’a pas vocation à se substituer à des conseils personnalisés qui pourraient vous être fournis par nos associations locales ou par des professionnels du droit. Il a pour objet de vous proposer une argumentation que vous jugez pertinente au regard de votre situation.