La vérité était au fond du puits

Publié le : 20/10/2016 

Pour vendre son appareil, le vendeur avait fait croire à une acidité de l’eau. Balivernes. L’eau du puits était naturellement neutre.

 

Pour se chauffer, Louis, un Breton qui vit en pays bigouden, utilise essentiellement un poêle à bois sur lequel il maintient un récipient d’eau pour ses besoins domestiques et humidifier l’air ambiant. Le poêle fonctionne en continu mais l’eau, puisée dans un puits, prend une couleur turquoise au fil des heures. À la foire de Pont-l’Abbé, Louis est approché par un vendeur de Ser en eau, une société spécialisée dans le traitement de l’eau. « Une oxydation des tuyaux de cuivre par l’eau acide, phénomène bien connu en pays bigouden, est la cause de cette coloration », argumente le vendeur. Sur place, une bandelette plongée dans l’eau suffit à convaincre Louis d’acquérir un « neutraliseur » (1 950 €). Mais l’eau reste turquoise et, en plus, un dépôt blanchâtre se forme au fond du récipient. Aux objections de Louis, Ser en eau réplique avoir rempli son contrat. « Quant aux dépôts, il s’agit de sédiments qu’un second filtre retiendra. » Pas du tout convaincu, Louis raconte son problème à l’UFC-Que Choisir de Quimper. L’association locale fait analyser l’eau du puits ainsi que l’eau du robinet, afin de mesurer les effets du « neutraliseur ». Sept analyses seront effectuées sur dix mois et toutes révéleront une eau du puits absolument neutre. Estimant avoir été berné, Louis demande à la société de reprendre son matériel et exige d’être remboursé. La gérante refuse, bien qu’un huissier confirme la validité des analyses. Direction le tribunal, qui nomme un expert aux frais (3 500 €) de Ser en eau. Ce dernier confirme l’inutilité du « neutraliseur ». Devant le tribunal, Ser en eau sollicite une transaction. Louis accepte et percevra 3 500 €.