Lidl sous-estime sa démesure

Lidl sous-estime sa démesure

Publié le : 22/06/2018 

Une affaire pénale a récemment opposé Lidl, dont le siège est à Strasbourg, au ministère public. L’UFC-Que Choisir du Bas-Rhin s’est portée partie civile. Tout commence fin 2014. La répression des fraudes recense 1 062 plaintes de particuliers qui voulaient acheter un robot-­cuiseur de marque Silvercrest à 199 € dans le magasin discount, à la suite d’annonces publicitaires. Tous ont eu le même souci : impossible de se procurer l’équipement, en rupture de stock dès le premier jour de mise en rayon, sans possibilité de réassort. En effet, l’enseigne a fait livrer 3 979 appareils dans… 1 503 points de vente ! Un stock très insuffisant pour une offre relayée sur 14 158 750 supports publicitaires. Pour justifier cette commande sous-­évaluée, Lidl indique s’être appuyé sur les ventes d’un compresseur de bricolage. Mais le tribunal souligne qu’un robot-cuiseur, très tendance, n’entre pas du tout dans la même catégorie. Il considère que cette démarche traduit une volonté de tester le succès d’une telle opération avant de la lancer à plus grande échelle. Il accuse aussi l’enseigne d’incitation à effectuer des achats en attirant les consommateurs dans ses magasins par le biais de cette annonce. La société est condamnée à verser une amende de 50 000 € et à payer à l’UFC-Que Choisir du Bas-Rhin 3 000 € au titre de dommages et intérêts, ainsi que 2 000 € pour les frais de procédure judiciaire.