Logement étudiant - 95 % des annonces ne respectent pas le plafonnement des loyers
À quelques semaines de la rentrée universitaire, Que Choisir Ensemble (ex-UFC-Que Choisir) publie une enquête inédite sur le logement étudiant dans onze grandes agglomérations universitaires françaises (1). Au travers de l’analyse d’annonces de location de logements étudiants, l’association révèle un marché hors de contrôle où les règles sont massivement contournées. Résultat : pour de nombreux étudiants et étudiantes, ce n’est plus le projet d’études qui détermine leur avenir, mais l’accès au logement.
D’une ville à l’autre, des prix moyens inquiétants et disparates
Faute de places suffisantes en résidence Crous, plus de 9 étudiants sur 10 sont contraints de se tourner vers d’autres solutions, notamment le parc privé où les loyers atteignent souvent des niveaux incompatibles avec leur budget. Dans les onze agglomérations étudiées, qui accueillent deux tiers des étudiants chaque année, les prix constatés sont inquiétants. Par exemple, un studio de 15 m² coûtera en moyenne près de 600 € par mois, avec de fortes disparités selon les territoires : 504 € à Grenoble, contre 560 € à Lyon et 655 € à Bordeaux, et jusqu’à 984 € à Paris. Malgré le dispositif d’aide personnalisée au logement (APL) qui ne couvre en moyenne que 43 % du loyer, le reste à charge pour les étudiants est excessif.
Des règles existent… mais elles sont massivement bafouées
L’enquête révèle par ailleurs que 73 % des annonces étudiées présentent au moins une irrégularité. Tout aussi préoccupant, dans les 6 villes analysées où l’encadrement des loyers s’applique (2), 95 % des annonces dépassent les plafonds autorisés de 234 € par mois en moyenne. Pourtant, ce dispositif a démontré son efficacité en permettant aux locataires parisiens d’économiser en moyenne 141 € par mois (3). Le constat est clair : ce n’est pas le dispositif qui est défaillant, mais son application.
L’encadrement des loyers, un des rares outils efficaces, aujourd’hui menacé
Malgré son efficacité, l’expérimentation de l’encadrement des loyers prendra fin le 26 novembre 2026 si elle n’est pas pérennisée par le législateur. Les étudiants et étudiantes risquent ainsi de perdre l’un des rares dispositifs en mesure de limiter les abus d’un marché déjà largement hors de contrôle.
« Aujourd’hui, trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui choisit pour eux. Les règles existent pour protéger ces locataires souvent fragiles, mais elles sont souvent contournées. L’encadrement des loyers a pourtant prouvé son efficacité : il est urgent de le faire pleinement appliquer et de le pérenniser. », Marie-Amandine Stévenin, Présidente de Que Choisir Ensemble.
(1) Aix-Marseille, Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier, Nantes, Paris, Rennes, Strasbourg et Toulouse.
(2) Bordeaux, Grenoble, Lille, Lyon, Montpellier et Paris.
(3) 5ème baromètre de l’encadrement des loyers, Fondation pour le logement des défavorisés, septembre 2025.