La taxe carbone est morte...

Vive une vraie fiscalité écologique !

Publié le : 23/03/2010 

Après l'annonce par François FILLON de l'abandon de la taxe carbone, l'UFC-Que Choisir appelle le gouvernement à mettre en place sans tarder une véritable fiscalité verte, socialement équitable et écologiquement efficace.

L'UFC-Que Choisir s'est toujours montrée sceptique quant à l'efficacité de la taxe carbone à faire évoluer les comportements des consommateurs, surtout les ménages ruraux, en raison notamment de leur captivité énergétique. Elle entend saisir l'opportunité de l'abandon de la taxe carbone, dont elle ne peut que se réjouir, pour relancer la discussion sur la nécessité d'une fiscalité plus intelligente et intelligible.

L'UFC-Que Choisir n'est pas, par principe, hostile à l'utilisation du levier prix pour orienter les comportements dans le sens d'une consommation plus économe en énergie... Il faut cependant que deux conditions soient réunies :

- Le consensus sur l'intérêt écologique du but poursuivi et l'implication de l'ensemble des pollueurs sont nécessaires. La fiscalité verte, derrière de louables objectifs écologiques, ne doit pas être un cheval de Troie de la taxation des consommateurs, qu'il est toujours plus facile de faire payer plutôt que de faire changer de comportement les autres parties prenantes (industriels, distributeurs, agriculteurs, compagnies pétrolières, etc.).

- Ensuite, le consommateur ne doit pas être captif de la situation, il doit avoir une alternative crédible. Le gouvernement serait bien inspiré de promouvoir des alternatives à la consommation d'énergie fossile pour les citoyens en développant des mesures écologiques ayant fait leurs preuves : par exemple, extension du bonus-malus à d'autres produits que la voiture (réfrigérateurs, téléviseurs, chaudières...) ou encore amélioration de l'offre de transports en commun, notoirement insuffisante.

Selon Alain BAZOT, Président de l'UFC-Que Choisir, « S'il ne veut pas fâcher les français avec la cause écologique, le gouvernement doit comprendre que le combat environnemental ne se gagnera pas contre les consommateurs mais avec eux »