Une fois de plus, Free aura réussi à créer la surprise en annonçant intégrer sans surcoût la 4G dans son offre de téléphonie. Sur le papier, le résultat est à la hauteur des attentes. Mais dans les faits, il est encore trop tôt pour savoir si la qualité du service sera cette fois au rendez-vous.

 

On l’attendait plutôt courant 2014. Finalement, Free Mobile adopte dès aujourd’hui la 4G. L’opérateur a annoncé hier qu’il incluait le très haut débit mobile dans son offre de téléphonie à 19,99 € par mois (15,99 €/mois pour les abonnés Freebox). Sans surcoût, donc. Seule différence avec l’offre existante : les clients qui bénéficient de la 4G peuvent disposer de 20 Go de données par mois sur leur smartphone, contre 3 Go pour les autres. Qui plus est, la 4G est accessible immédiatement, aussi bien pour les nouveaux abonnés que pour les anciens. Il suffit à ces derniers d’activer l’option 4G dans leur espace client en ligne.

Sur le papier, aucun doute possible : Free mobile propose bien la meilleure offre 4G du marché. Chez les autres opérateurs, il faut compter au minimum 30 € par mois pour une offre moins complète.

Mais au-delà de l’offre elle-même, reste une inconnue de taille : la qualité du réseau. À en croire Free, 700 antennes lui permettraient d’ores et déjà de couvrir 1 000 communes en 4G, soit plus qu’Orange avec ses quelque 3 400 antennes ! Bizarre…

Le doute s’épaissit lorsque l’on consulte la carte de couverture mise à disposition par l’opérateur. De nombreuses grandes villes, dont Lyon, Paris et sa banlieue, sont encore très mal desservies. En fait, un opérateur peut très bien autoproclamer une ville « couverte » alors que seule une petite partie l’est réellement. Et encore, ces données théoriques fournies par les opérateurs doivent être prises avec précaution, nos études ayant montré qu’elles étaient rarement représentatives de la réalité du terrain.

Des chiffres à nuancer

Outre la couverture, l’autre inconnue, c’est le débit. Free, comme Orange, s’appuie sur ses 20 MHz dédiés à la 4G dans la bande des 2,6 GHz pour annoncer un débit maximum de 150 mégabits par seconde (Mbits/s). Certes, l’opérateur précise bien que ce débit risque fort d’être revu à la baisse en fonction des conditions (distance par rapport à l’antenne, nombre d’utilisateurs connectés simultanément, obstacles, dimensionnement du réseau de l’opérateur…). N’empêche, bon nombre de clients risquent fort d’être déçus lorsqu’ils s’apercevront qu’ils ne pourront jamais s’approcher de ce débit.

Une fois de plus, Free aura réussi à faire parler de lui à peu de frais et à couper l’herbe sous le pied de ses concurrents qui dépensent actuellement des fortunes en publicité sur leur offre 4G. Mais avant de se précipiter, mieux vaut attendre de voir si le réseau 4G de Free est à la hauteur des attentes, ou si l’opérateur reproduit dans la 4G la déception qu’il génère dans la 3G.