par Cyril Brosset
par Cyril Brosset
Au terme d’une étude d’ampleur, la Commission européenne a estimé à 30 % la part des promotions bidon lancées à l’occasion des Black Friday et Cyber Monday. Il serait peut-être temps de sévir.
314 commerçants scrutés, des milliers d’offres scannées et, au final, 30 % des promotions affichées qui ne respectaient pas la directive européenne sur les indications de prix. La Commission européenne et les autorités nationales de protection des consommateurs (en France, la DGCCRF) ne se sont pas penchées pour rien sur les promotions proposées sur Internet à l’occasion des Black Friday et Cyber Monday 2025.
À Que Choisir, ces chiffres ne surprennent guère, ils nous paraissent même en deçà de la réalité. Cela fait des années que nous dénonçons les fausses promotions présentes en ligne toute l’année et encore plus lors des grosses opérations commerciales. Prix de référence fantaisistes, hausses de tarifs artificielles avant la mise en place du rabais, articles remis en vente juste au moment de la promotion… Pour certains e-commerçants, tous les moyens sont bons pour faire croire au consommateur qu’il fait une bonne affaire tout en préservant leurs marges.
La réglementation est pourtant loin d’être restrictive. Il suffit en effet au commerçant d’afficher comme prix de référence le prix le plus bas pratiqué dans les 30 jours précédant la promotion pour être dans les clous. Il peut même, s’il le souhaite, le remplacer par un « prix de comparaison », à condition de préciser d’où il vient.
Les relevés de la Commission européenne ont mis en évidence d’autres aspects peu reluisants. Ainsi, 36 % des e-commerçants scrutés ont été surpris à vouloir ajouter des articles dans les paniers des clients, parfois sans leur demander clairement leur accord. 34 % ont affiché des prix de comparaison, le plus souvent sans expliquer d’où ils venaient. Plus de la moitié des 18 % qui utilisaient des dark patterns (compte à rebours, affichage de faibles stocks restants, etc.), étaient trompeurs. Enfin, dans 10 % des cas, des frais supplémentaires (d’expédition, de service…) étaient ajoutés tardivement lors du processus de commande. Toutes ces pratiques pourraient être considérées comme illégales.
Espérons que ce constat inquiétant ne reste pas lettre morte et qu’il entraîne, de la part de l’Union européenne, un renforcement des sanctions, voire la remise en question de la réglementation existante.
Cyril Brosset
La force d'une association tient à ses adhérents ! Aujourd'hui plus que jamais, nous comptons sur votre soutien. Nous soutenir
Recevez gratuitement notre newsletter hebdomadaire ! Actus, tests, enquêtes réalisés par des experts. En savoir plus