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Chocolats de PâquesLa baisse du cours du cacao ne profite pas aux consommateurs

Noé Bauduin

par Noé Bauduin

Cette année encore, les chocolats de Pâques vont coûter plus cher que l’an dernier. Une augmentation qui pose question, quand les cours mondiaux du cacao sont repartis à la baisse depuis 1 an.

L’essentiel

  • Le prix des chocolats continue d'augmenter (+4 % cette année) alors que le cours du cacao baisse fortement depuis presque 1 an.
  • Sur le long terme, la hausse est impressionnante, avec une inflation de 36 % en 4 ans.
  • Les grandes marques (Ferrero, Milka, Lindt) sont celles qui augmentent le plus leurs prix cette année.

Cette année à Pâques, la surprise ne sera pas seulement dans l’œuf en chocolat mais aussi à la caisse. Les lapins, poules et autres friandises chocolatées coûteront en moyenne 4 % plus cher que l’an dernier. Une hausse qui peut sembler faible, mais qui n’est pas anodine dans un contexte où l’inflation alimentaire est presque nulle.

Des hausses qui s’accumulent

Surtout, cette nouvelle augmentation vient s’ajouter à toutes celles enregistrées les années précédentes :

  • 9 % en 2023 ;
  • 5 % en 2024 ;
  • 14 % en 2025.

En 4 ans, les prix ont bondi de 36 %, alors que l’inflation n’est que de 14 % sur la même période. De quoi donner un goût amer à ces produits sucrés.

Le cours du cacao en baisse

La particularité cette année : le décalage entre les cours mondiaux du cacao et les prix en rayon. Le prix du cacao sur le marché des matières premières avait flambé début 2024 sous l’effet de mauvaises récoltes en Afrique de l’Ouest, et s’est maintenu à un niveau très élevé jusqu’au printemps 2025. Les industriels avaient justifié les hausses de prix des années passées en s’appuyant sur ces cours mondiaux.

Mais depuis 1 an, la tendance s’est totalement inversée : le prix du cacao a été divisé par trois et il est aujourd’hui revenu au même niveau qu’avant la flambée des prix. Pourtant cette forte baisse n’est, elle, pas répercutée en rayon.

Le Syndicat du chocolat avance un délai parfois très long entre l’achat des fèves de cacao et la mise en rayon des produits : « Le cacao destiné à Pâques 2026 a été acheté il y a de nombreux mois voire, pour certaines entreprises, au moment du pic du cours. »

→ Lire aussi : Les résultats de notre test de chocolats de Pâques

Les grandes marques particulièrement inflationnistes

En attendant une hypothétique baisse dans les mois à venir, le prix des chocolats continue d’augmenter. C’est surtout vrai pour les grandes marques nationales qui affichent 5 % de hausse en moyenne, quand les chocolats de marque distributeur présentent des prix stables. Les distributeurs avaient d’ailleurs dénoncé il y a quelques semaines les hausses demandées par les industriels du chocolat.

Ferrero Rocher enregistre la plus forte augmentation (+10 %), à la fois sur ses coffrets de rochers classiques et sur ses références spéciales Pâques. Toujours dans le groupe Ferrero, le leader du secteur, Kinder, n’est pas en reste avec une hausse moyenne de 7 %. Milka et Lindt sont également en nette hausse, avec respectivement +8 % et +7 %.

Avec cette nouvelle hausse, la plupart des produits de la marque Kinder Surprise dépassent les 60 €/kg. Un prix 6 fois plus élevé qu’une tablette de chocolat au lait de marque distributeur, que ne justifie pas le petit jouet en plastique caché dans l’œuf. Et ce prix élevé ne garantit pas une meilleure qualité nutritionnelle du chocolat, comme le révèle notre analyse menée sur 15 références.

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