Cigarette électronique

Attention danger

Publié le : 04/06/2011 

L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a profité de la Journée mondiale sans tabac, le 31 mai dernier, pour déconseiller les cigarettes électroniques. Dans le cadre d’un sevrage tabagique, elles ne respectent pas la réglementation. De plus, la nicotine qu’elles contiennent parfois expose à des risques… de dépendance.

 

En France, près de 1 adulte sur 3 est un fumeur (1 adulte sur 5 en Grande-Bretagne). C’est beaucoup, d’autant que le chiffre omet de compter les amateurs de cigarettes… électroniques. Elles ont le goût du tabac, crépitent quand on tire dessus, dégagent de la fumée, même de la chaleur, mais ne requièrent aucune combustion. Mieux, selon les fabricants, elles ne contiennent aucune substance cancérigène, et ne sont donc source d’aucun danger… Un vrai miracle pour les accros !

Selon l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé), il s’agit plutôt d’un mirage. L’agence recommande même de s’abstenir de les consommer. D’abord parce que les cigarettes électroniques contiennent parfois de la nicotine (dans les cartouches de recharge), une substance classée « très dangereuse » par l’Organisation mondiale de la santé. « Même lorsqu’ils sont limités à 2 %, les e-liquides peuvent contenir des quantités de nicotine susceptibles d’entraîner une exposition cutanée ou orale accidentelle, avec des effets indésirables graves, notamment chez les enfants », explique l’agence. La simple présence de nicotine risque même de créer une dépendance chez des utilisateurs qui n’étaient même pas fumeurs !

L’Afssaps souligne par ailleurs que si la cigarette électronique est vendue comme outil de sevrage tabagique (le cas le plus probable), elle répond à la définition de médicament et doit donc obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM). Or, aucun fabricant n’a déposé de demande. Ni son innocuité, ni son bénéfice thérapeutique n’est donc avéré. La cigarette électronique ne devrait pas non plus être vendue en pharmacie : elle ne figure pas sur la liste des produits dont la délivrance y est autorisée. Il s’agit pourtant de l’un des principaux canaux de distribution, avec les buralistes et Internet.

Camille Gruhier