Douleur chronique La rééducation psychique est utile

Douleur chronique

La rééducation psychique est utile

Publié le : 07/11/2021 

La lutte contre la douleur peut aussi se dérouler dans le champ psychique. Lutter contre les idées reçues, les craintes infondées, comprendre le signal douloureux : tel est l’objectif de la rééducation à la douleur.

 

Arrêter le sport, éviter de se pencher… Pour lutter contre les douleurs chroniques, nombre de personnes changent leurs habitudes de vie. C’est ce qu’on appelle des comportements d’évitement, qui sont alimentés par une crainte de se faire mal. Mais ils sont souvent inadaptés aux déclencheurs réels et liés à une mauvaise connaissance des mécanismes de la douleur.

La rééducation, dirigée par un psychologue, aide à agir sur ces mauvais réflexes. Elle consiste à mieux comprendre comment fonctionne la douleur chronique. Celle-ci n’est pas toujours liée à une lésion réelle, mais peut être une sorte de fausse alerte envoyée par l’organisme. Pour réapprendre à bouger sans crainte et sans risque, le patient apprend à mieux écouter ses sensations, tout en réintégrant à son quotidien des mouvements qu’il évitait.

Résultats sans équivoque

Une équipe américaine (1) a testé l’efficacité de cette approche en la comparant à l’injection d’une solution saline – qui joue le rôle de placebo – et aux soins habituels – qui sert de témoin. Les résultats de cette expérience sont sans équivoque. Les patients qui ont suivi une rééducation déclarent une douleur de plus faible intensité que les autres. 66 % d’entre eux ont même affirmé qu’ils n’avaient plus, ou presque plus, mal, contre 20 % dans le groupe placebo et 10 % dans le groupe témoin. Un an après la fin de l’expérimentation, ces bénéfices s’observaient toujours. Autre amélioration notable au terme des 8 séances, les volontaires ont ressenti moins de limitations physiques, un moindre sentiment de colère et ont mieux dormi qu’avant.

(1) “Effect of Pain Reprocessing Therapy vs Placebo and Usual Care for Patients With Chronic Back Pain”, JAMA Psychiatry.

Audrey Vaugrente