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ÉlectricitéLe tarif bleu d’EDF ne devrait quasiment pas évoluer en février

Fabrice Pouliquen

par Fabrice Pouliquen

C’est du moins la proposition faite aux pouvoirs publics par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour la prochaine actualisation de cette offre d’électricité encadrée par l’État. En revanche, l’option de base pourrait être supprimée pour certaines puissances. Explications.

En résumé

  • Stabilité des tarifs en février La Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose de maintenir le tarif réglementé (tarif bleu d’EDF) quasiment inchangé pour ce début d’année.
  • Fin progressive de l’option de base La CRE préconise la suppression progressive de l’option de base afin de pousser les Français à consommer davantage en heures creuses pour réduire les tensions sur le réseau électrique.

Le tarif réglementé de vente d’électricité (TRVE) devrait rester quasi inchangé en ce début d’année. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose en effet qu’il reste stable en février, période habituelle de sa première actualisation annuelle, au moins pour les consommateurs souscrivant une puissance inférieure à 36 kVA. Soit l’ensemble, notamment, des ménages.

Pour rappel, ce TRVE est une offre d’électricité dont les prix du kilowattheure (kWh) et de l’abonnement sont encadrés par l’État et que proposent au moins, obligatoirement, les fournisseurs historiques à l’instar d’EDF via son « tarif bleu ». Il évolue deux fois par an : en février et en août. C’est la CRE, instance chargée du bon fonctionnement des marchés de l’énergie, qui calcule ce TRVE et soumet aux pouvoirs publics des propositions d’évolution avant les actualisations de février et d’août.

Une grille tarifaire quasi identique à celle d’août

C’est ce que vient donc de faire la CRE via cette délibération publiée ce mardi et forcément très attendue. D’une part, 19,75 millions de ménages sont abonnés au tarif bleu d’EDF. Mais ce TRVE sert aussi de boussole aux fournisseurs alternatifs qui indexent bien souvent leurs offres dessus. Les prix qu’ils pratiquent pour le kWh et l’abonnement évoluent ainsi comme le TRVE, à la hausse comme à la baisse, deux fois par an. Autrement dit, cette stabilisation du TRVE impacte la grande majorité des Français.

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Dans la grille tarifaire du TRVE appliquée depuis août, le prix du kWh au TRVE s’élève à 19,52 centimes d’euros en option de base ‒ un seul prix du kWh quel que soit le moment de la journée. En option heures pleines/heures creuses (HP/HC), il oscille entre 20,81 cts d’euros en heures pleines et 16,35 cts d’euros en heures creuses. Quant au prix de l’abonnement, il resterait à 15,47 € par mois en option de base et à 15,74 € par mois en option HP/HC pour une puissance délivrée au compteur de 6 kVA, celle la plus fréquemment souscrite par les particuliers.

Un gain de seulement 9 € par an

Si les pouvoirs publics suivent la délibération de la CRE, ces tarifs devraient très peu évoluer en février. La commission propose seulement une baisse du niveau moyen des TRVE de 0,83 % TTC, soit 1,99 € TTC par mégawattheure (MWh). Pour une consommation moyenne de 4,5 MWh par an (soit la consommation moyenne d’électricité d’un ménage), la facture TTC annuelle passerait ainsi de 1 051 € à 1 042 €. Un petit gain donc… de 9 €.

On aurait pu espérer largement mieux. Les prix du kWh sur les marchés ‒ sur lesquels s’approvisionnent les fournisseurs ‒ sont en effet beaucoup retombés depuis 2023 et la fin de la crise de l’énergie déclenchée deux ans plus tôt. Par ailleurs, le 2 janvier dernier, le gouvernement a annoncé une baisse de 5 %, à partir du 1er février, de la contribution tarifaire sur l’acheminement (CTA), l’une des taxes sur l’électricité. Pour un ménage, le gain reste modeste, « de l’ordre de 10 € ou 12 € par an », précisait Roland Lescure, ministre de l’Économie.

Mais ces gains pour les consommateurs sont contrebalancés par des évolutions contraires : le remplacement de l’Arenh par le versement nucléaire universel (VNU) moins profitable aux consommateurs, l’augmentation des volumes d’opérations d’efficacité énergétique à financer, par les fournisseurs, dans le cadre des certificats d’économie d’énergie (CEE), etc.

Au final, ces mouvements contraires se compensent, résume la CRE qui explique ainsi la stabilité qu’elle propose pour les tarifs réglementés à compter du 1er février.

Une option de base de plus en plus restreinte

En revanche, dans cette même délibération, la CRE soumet un changement majeur sur la structure du TRVE, en limitant bien plus la possibilité d’être en option de base à l’avenir. Pour rappel, sur une proposition de la CRE de janvier 2025, cette option n’était déjà plus proposée en France métropolitaine depuis février 2025 aux nouveaux clients au TRVE lorsqu’ils souscrivent à une puissance délivrée au compteur de 9 kVA et plus. Seule l’option heures pleines/heures creuses était ainsi possible.

Cette extinction progressive de l’option de base pour privilégier l’option HP/HC s’inscrit dans cette volonté des pouvoirs publics de lisser de plus en plus les consommations d’électricité dans la journée pour éviter les tensions sur le réseau. L’idée est ainsi d’inciter les ménages à aller vers cette option HP/HC qui les encourage à reporter au maximum leurs consommations sur les heures creuses (8 par jour au maximum), lorsque le prix du kWh est attractif. Or, ces heures creuses sont placées en majorité la nuit mais aussi de plus en plus l'après-midi, soit lorsque la consommation nationale d’électricité est faible. La CRE veut poursuivre dans cette direction. Dans cette nouvelle délibération, elle propose d’étendre, dès le 1er février, cette extinction de l’option de base pour les contrats de 9 kVA et plus y compris dans les zones non interconnectées (ZNI). Cela concerne les régions et départements ultramarins (La Réunion, Guadeloupe, Martinique, Guyane) mais aussi la Corse et les îles du Ponant au large de la Bretagne.

Surtout, elle maintient la suppression, et non plus seulement l’extinction, de cette option de base pour les contrats au TRVE de 18 kVA et plus en métropole aussi proposée en 2025 et l’étend aux ZNI. En clair : les clients actuels au TRVE à ces puissances et en option de base seront basculés vers l’option HP/HC. S’ils veulent rester en option de base, ils devront soit réduire drastiquement la puissance délivrée à leur compteur (à 6 kVA maximum vu que seule l’option HP/HC est proposée de 9 à 15 kVA), soit quitter le tarif bleu et choisir une offre de marché. La délibération prévoit de laisser jusqu’au 1er février 2027 pour faire ce changement en métropole et jusqu’au 1er février 2028 dans les ZNI. Passé ce délai, ces abonnés seront automatiquement basculés en option HP/HC. Notons tout de même que cette suppression ne concerne que peu de consommateurs résidentiels. La puissance la plus souscrite par les ménages est de 6 kVA et les besoins sont généralement inférieurs à 12 kVA.

Là encore, ces extinctions et suppressions de l’option de base en ZNI ne sont pour le moment que des propositions faites aux pouvoirs publics. Elles ne sont donc pas encore actées. Elles sont encore susceptibles d’opposition d’un ministre. Pour les consommateurs métropolitains en revanche, elles sont en vigueur et ont commencé à être implementées depuis l’an dernier. Quoi qu’il en soit, la CRE indique poursuivre les expérimentations visant à restreindre plus encore à l’avenir l’option de base.

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