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Fournisseur d’électricitéJPME se voit retirer son agrément

Fabrice Pouliquen

par Fabrice Pouliquen

Le fournisseur d’énergie JPME s’était attiré l’ire de nombre de ses clients, des petits producteurs d’électricité solaire, jamais payés de leur surplus d’électricité comme promis. Le ministère de l’Économie a décidé de lui interdire de fournir de l’électricité.

En résumé

  • Retrait d'agrément Le ministère de l'Économie a interdit à la société Actelios Solutions (marque JPME) d'exercer son activité de fournisseur d'électricité à compter du 22 janvier, suite à de nombreux manquements.
  • Pratiques commerciales trompeuses La sanction fait suite à de nombreux retards de paiement envers les clients producteurs d'énergie solaire, des tarifs jugés mensongers et un service client quasi inexistant.

Ça lui pendait au nez. Actelios Solutions, fournisseur d’énergie via sa marque commerciale JPME (pour « Je produis mon électricité »), s’est vu retirer son autorisation d’exercer l’activité d’achat d’électricité pour revente aux clients par un arrêté publié au Journal officiel le 13 janvier. En clair, l’entreprise est destituée de son agrément de fournisseur d’électricité.

Actelios Solutions est ainsi sanctionné pour « pratiques commerciales trompeuses, affichages de tarifs mensongers, retard de paiement ». La sanction prendra effet le 22 janvier, mais aucune coupure de courant pour les clients actuels de JPME n’est à craindre, rassure Bercy dans un communiqué.

Des tarifs alléchants, mais des factures jamais réglées

JPME est surtout connu des particuliers équipés de panneaux photovoltaïques à qui l’entreprise proposait d’acheter la part de leur production qui n’avait pu être autoconsommée. En 2023, son offre était plus qu’alléchante, puisque JPME rachetait ce surplus à 17,21 centimes d’euros le kilowattheure (kWh), du moins la première année de contrat. Un tarif bien au-dessus de ce que proposait la concurrence. Notamment EDF OA, dans le cadre de l’obligation d’achat, dont le tarif à l’époque était de 12 centimes d’euros.

Forcément, avec un tel tarif, JPME a gagné une flopée de clients particuliers. Le surplus de production devait leur être réglé dans le mois qui suit chaque anniversaire de leur contrat, après le décompte effectué par JPME, via le compteur Linky, de la production d’électricité solaire non consommée par ses clients. Mais Actelios Solutions s’est révélé mauvais payeur, laissant bon nombre de clients dans l’attente de virements. Ce fournisseur collectionne ainsi les avis virulents sur Internet et fait aussi l’objet d’une page Facebook créée par ses clients en litige.

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Dès septembre 2024, le médiateur de l’énergie, instance chargée de recommander des solutions aux conflits entre les consommateurs et les opérateurs du secteur de l’énergie, avait alerté les pouvoirs publics sur les mauvaises pratiques de JPME et avait demandé, dans la foulée, le retrait de son autorisation d’achat pour revente d’électricité. Le médiateur lui avait aussi décerné un carton rouge dans son rapport d’activité 2024, publié en mai dernier, toujours pour ces défauts de paiement mais aussi pour son service client « particulièrement défaillant, voire inexistant ».

Et aussi un manque de transparence

Mi-novembre, en dressant un premier bilan des 13 bonnes pratiques que 20 fournisseurs – dont JPME ‒ se sont engagés à suivre, la Commission de régulation de l’énergie avait, elle aussi, épinglé JPME. « Soit il ne respecte clairement pas les lignes directrices, comme il s’y était engagé, soit il ne nous a donné aucun document nous permettant d’en juger comme l’ont fait les autres », fustigeait cette instance chargée de veiller au bon fonctionnement du marché de l’électricité.

Ça fait beaucoup ! Contactée en juin dernier par Que Choisir, Sophie Bressol, directrice générale de JPME, assurait pourtant vouloir remettre l’entreprise sur de bons rails. À l’époque, le montant total des factures impayées s’élevait encore à 600 000 €. Elle disait vouloir rattraper 90 % de ces retards d’ici fin 2025. Depuis le 1er janvier, sur la page Facebook qui les regroupe, plusieurs clients en litige avec ce fournisseur signalaient avoir enfin été réglés de leur surplus de production des dernières années. Mais parfois, semble-t-il, dans un manque complet de transparence. « Je viens de recevoir un virement mais je n’ai ni facture, ni info », témoignait l’un de ces clients lésés le 3 janvier dernier.

Dans un communiqué publié le 15 janvier, Actelios Solutions qualifie le retrait de son autorisation d’exercer de « décision disproportionnée ». « Depuis le 31 décembre 2025, Actelios Solutions a apuré l’intégralité des dettes connues et suivi l’ensemble des recommandations émises par la DGEC [Direction générale de l'énergie et du climat], notamment en matière de recapitalisation », se défend l’entreprise. Elle annonce déposer un référé pour contester la légalité de cet arrêté. Fin décembre, Actelios Solutions conviait la presse à une conférence prévue le 21 janvier au cours de laquelle elle espérait annoncer un nouveau départ. C’est raté.

Fabrice Pouliquen

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