Location de voitures

Le virtuel facturé !

Publié le : 08/10/2010 

Rayure, bosse, aile enfoncée, optique cassée… Lorsque le client a connu un pépin, la société de location de voitures lui prélève le montant des réparations dans la limite d’une franchise fixée au contrat. Mais sur la somme qui lui est prélevée se glissent des frais d’immobilisation qui ne sont pas toujours justifiés, loin de là !

 

En cas de dommage avec une voiture de location, le client se voit prélever des frais de réparation dans la limite de la franchise fixée par les conditions générales. Or, les justificatifs adressés aux clients suscitant davantage de questions qu’ils n’apportent de réponses.

La mésaventure récemment vécue par Joël C., de Nogent-sur-Marne (94), en est une bonne illustration. Elle permet surtout de mettre le doigt sur des frais qui peuvent paraître pour le moins abusifs. Ce lecteur de « Que Choisir » a loué une petite Ford chez Ada. Après un léger enfoncement de la portière avant gauche, il reçoit un devis de remise en état établi par Alliance Management (ex-Visiolis), une société qui effectue des expertises à distance (télé-expertise) pour le compte de nombreux loueurs. La facture s’élève précisément à 500,06 euros. Une somme qui couvre la réparation proprement dite, mais aussi des frais de dossier (50 euros) et des frais d’immobilisation non négligeables (58,11 euros).

Rentabilité

Seul problème, ces derniers sont systématiquement comptés par les loueurs alors que, pour les dégâts les plus légers, la voiture continue d’être louée sans passer par le garage. L’enseigne ayant tout intérêt à ce que ses voitures tournent le plus possible, les petites réparations sont regroupées et effectuées juste avant leur revente au constructeur (au bout de 6 mois généralement). Mais le loueur peut aussi décider de laisser les véhicules en l’état, ce qui les affecte d’une décote sur leur prix de cession. Dans de telles situations, le client paie donc une immobilisation purement virtuelle. « Ces frais sont en général fixés de manière forfaitaire dans le contrat signé avec la société de location, précise-t-on chez Alliance Management. Pour Ada, par exemple, ils correspondent à une demi-journée de location de la catégorie du véhicule loué sur la base du tarif général de 100 km. »

Pour éviter tout prélèvement ultérieur en cas de sinistre durant la location, le client peut souscrire une assurance rachat de franchise lors de la prise du véhicule, quand le loueur en a prévu la possibilité 1. Elle coûte autour de 15 euros par jour. Avec elle, rien, sinon la location, ne sera imputé au consommateur qui rendrait un véhicule accidenté.

En pratique, les litiges entre consommateurs et enseignes de location de voitures tournent souvent autour de la facturation des dégâts. Principaux reproches, le calcul du coût des réparations, prélevé d’office sur la carte bancaire sans qu’un justificatif ait au préalable été adressé, ou encore des dommages imputés à tort alors qu’aucun état des lieux n’a été effectué lors de la prise et/ou de la restitution du véhicule.

1. Lorsque le loueur n’en propose pas, il est désormais possible d’en souscrire sur un site spécialisé du Web. En outre, elle est incluse dans les cartes bancaires haut de gamme, à condition de payer sa location par ce moyen.

Arnaud de Blauwe

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