Malus électroménager

Racket sur les achats

Publié le : 03/12/2011 

Le bonus-malus sur l’électroménager que réclamait l’UFC-Que Choisir ne verra pas le jour. En revanche, le gouvernement s’apprête à imposer un malus sur tous les achats d’appareils, des réfrigérateurs aux téléviseurs !

 

Mauvaise donne pour les consommateurs. L’UFC-Que Choisir demandait un bonus-malus sur l’électroménager pour inciter les consommateurs à acheter les appareils les plus sobres en énergie même s’ils sont plus chers, mais l’État en a décidé autrement.

À l’initiative de l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le gouvernement vient d’inventer le malus universel. Si le projet actuel est confirmé prochainement par la ministre de l’Écologie, les consommateurs vont payer, dès le 1er janvier prochain, un malus sur tout achat d’appareils dotés d’une étiquette énergie, que ce soit un réfrigérateur, un lave-vaisselle, un lave-linge, un four électrique, un téléviseur, un climatiseur ou même une ampoule. Cette taxe d’un genre nouveau devrait s’élever à 2 centimes par kWh consommé par l’appareil, soit une hausse générale des prix de vente d’au minimum 2 %, y compris sur les appareils les plus sobres en consommation d’électricité dont il faudrait encourager l’achat.

 

On est donc très loin du principe de bonus-malus qui doit orienter le choix des clients vers les produits les moins polluants, les moins énergivores et donc les plus économes à l’usage. C’est dommage car au printemps 2010, les enquêteurs de l’UFC-Que Choisir avaient relevé le prix des réfrigérateurs et des sèche-linge, deux appareils gros consommateurs d’énergie, à travers la France. Résultat, le surcoût des appareils performants était beaucoup trop élevé pour être amorti à l’usage. Le seul moyen d’orienter les consommateurs vers ces produits passe donc par l’extension du bonus-malus automobile à l’électroménager.

Or plutôt qu’étendre cette mesure qui fait pourtant partie des priorités du Grenelle de l’environnement et qui a fait ses preuves en réorientant le marché automobile, le gouvernement choisit d’augmenter les prix de vente.

Amputation du pouvoir d’achat

Certes c’est au nom d’une noble cause. L’argent du malus sera affecté aux ménages en difficulté qui ont droit aux tarifs sociaux du gaz et de l’électricité. Ils se verront attribuer un montant de 150 € s’ils achètent un réfrigérateur ou un congélateur classés A+++ ou A++. Aider les ménages en difficulté est une excellente chose, l’UFC-Que Choisir ne saurait s’y opposer. Mais ce malus n’est pas la solution. Il va amputer le pouvoir d’achat de tous les consommateurs, et en particulier celui des plus fragiles que le gouvernement prétend aider. Car en réalité, les personnes en difficulté ne pourront même pas acquérir un réfrigérateur performant, son surcoût par rapport à un modèle standard de classe A étant supérieur à 150 €. De plus, quand ils auront à acheter un téléviseur, un lave-linge ou tout autre appareil sans prime, ils devront payer le malus.

Cette taxe pose par ailleurs un autre problème. D’après les calculs de l’Ademe, le malus va rapporter 120 millions d’euros, et le bonus accordé aux ménages en difficulté coûter… 15 millions ! C’est donc un véritable racket des consommateurs que prévoit le gouvernement.

Élisabeth Chesnais

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