Médicaments à base de codéine Sur ordonnance seulement

Médicaments à base de codéine

Sur ordonnance seulement

Publié le : 14/07/2017 

L’usage détourné de la codéine et les risques de surdose fatale ont poussé la ministre de la Santé à signer un arrêté interdisant la vente libre des sirops et comprimés qui en contiennent. Désormais, il faut une ordonnance médicale pour obtenir des antidouleurs ou antitussifs contenant de la codéine ou d’autres opiacés.

 

C’est fait. Depuis mercredi, les médicaments jusqu’alors en vente libre contenant de la codéine ou d’autres opiacés comme le dextrométhorphane, l’éthylmorphine ou la noscapine ne peuvent plus être délivrés que sur ordonnance. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, a pris un arrêté à effet immédiat dans ce sens. Nous avons cependant constaté qu’il était encore possible, jeudi, d’acheter du Codoliprane sur le site Internet d’une pharmacie.

La décision peut sembler soudaine, mais l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte depuis longtemps déjà sur l’usage détourné de la codéine. Prisée des toxicomanes comme substitut à l’héroïne, elle est aussi utilisée par des adolescents ou de jeunes adultes dans des cocktails euphorisants appelés purple drank ou lean. La codéine en sirop (Euphon, Néo-Codion, etc.) est alors mélangée à du soda et à un antiallergique en vente libre, en général de la prométhazine, pour atténuer les démangeaisons que peut provoquer la codéine.

Problème, outre son effet addictif, la codéine peut, chez des sujets sensibles, être trop rapidement transformée en morphine dans l’organisme, ce qui les expose à une surdose et à la mort par arrêt respiratoire, même s’ils ont pris peu de codéine. Depuis le début de l’année, deux adolescents sont décédés, et plusieurs cas d’intoxication ont été signalés.

Il faudra donc en passer par le médecin, désormais, pour obtenir des médicaments à base de codéine. En dehors de l’utilisation détournée, la codéine est indiquée dans la toux sèche, mais pas chez les enfants, en raison justement des effets secondaires graves qu’elle est susceptible de causer. Elle a également des propriétés antidouleur reconnues, en association avec le paracétamol.

Anne-Sophie Stamane

asstamane