Télévision connectée (vidéo)

La nouvelle norme

Publié le : 24/01/2012 

Après les ordinateurs, les téléphones mobiles et les tablettes tactiles, Internet s’installe dans l’écran des téléviseurs. Pleins feux sur la télévision connectée, qui ouvre la voie à de nouveaux modes de consommation. Explications et démonstration en vidéo.

 

La télévision connectée, une histoire ancienne

On en parle comme d’un phénomène récent mais, en réalité, nos téléviseurs sont connectés au Web depuis des années. En tout cas ceux des abonnés aux offres de télévision par Internet des opérateurs comme Free, Orange ou SFR. Les FAI (fournisseurs d’accès à Internet) proposent la télé de rattrapage (libre accès aux principaux programmes pendant une semaine après leur diffusion) et la vidéo à la demande (VOD) : location de films, documentaires, spectacles, etc. Or, ces services sont possibles par le fait, précisément, que les télés sont connectées à Internet.

De nouvelles possibilités

La télévision connectée telle qu’on l’entend aujourd’hui revêt différents aspects.

Interactivité avec les programmes. Elle englobe tous les services futurs de télévision dite « enrichie ». Vous regardez une émission de cuisine ? En appuyant sur un bouton de la télécommande, vous faites s’afficher la recette et ses ingrédients. En direct, le présentateur du « 20 heures » peut demander aux téléspectateurs s’ils aiment la robe de Kate Middleton ou s’ils sont opposés à une intervention en Syrie. Pour ces services futurs, les différents acteurs en présence se sont accordés au niveau européen sur le standard HbbTV.

Applications. Parallèlement aux services « kiosque » évoqués plus haut (VOD et rattrapage), une nouvelle interface donne accès à des applications ou « widgets ». Certaines sont présentes par défaut dans le cadre de partenariats signés avec des éditeurs (météo, YouTube, Bourse, Institut national des archives, etc.), d’autres peuvent être choisies puis installées à partir d’une boutique en ligne, comme sur un smartphone. LG, Panasonic, Samsung et Sony commercialisent déjà des téléviseurs connectés. Mais chacun s’appuie sur son propre format logiciel, ce qui oblige les fournisseurs de contenu (YouTube et les autres) à développer leurs widgets pour chaque fabricant de télé.

Navigation web. La télévision connectée, c’est aussi un écran permettant de naviguer sur Internet par le biais d’un navigateur, comme avec un ordinateur.

Pas de frais supplémentaires

La connexion à Internet du principal écran du foyer s’inscrit dans la suite logique des événements, après la colonisation des ordinateurs, téléphones mobiles, tablettes tactiles, imprimantes ou… réfrigérateurs. Les services présents et futurs améliorent l’expérience du téléspectateur. On ne peut que s’en réjouir, d’autant que l’accès ne génère pas de frais autres que l’abonnement à Internet que l’on a déjà souscrit (il faut néanmoins payer pour les films achetés en VOD).

Plusieurs interfaces

Le consommateur devra s’habituer à naviguer dans les menus de son téléviseur. Car déjà aujourd’hui, une télévision connectée offre plusieurs interfaces. Il y a d’abord celle du menu du téléviseur, qui sert à accéder aux réglages et aux mises à jour logicielles de l’appareil. Puis, le portail d’accès aux services connectés offerts par le fabricant : c’est de là qu’on accède aux widgets ou encore au navigateur web. Enfin, il y a l’interface du FAI, qui donne accès à la vidéo à la demande ou à la télé de rattrapage (ainsi qu’aux programmes enregistrés sur la radio ou le disque dur de la box). Qu’en sera-t-il demain, si une chaîne de télévision développe un widget ou que YouTube décide de diffuser des programmes sur un canal propre, comme n’importe quelle chaîne ? Espérons que les divers acteurs en présence ne perdront pas de vue l’essentiel : tous les téléspectateurs doivent pouvoir accéder simplement à tous ces services.

Une réglementation en attente

La rencontre des deux univers que sont Internet et l’audiovisuel recouvre de multiples enjeux. Outre les questions d’ordre économique qui touchent les professionnels (partage de l’audience et des revenus publicitaires, fiscalité et taxation des différents acteurs), elle soulève des interrogations pour le consommateur. D’abord, celles qui concernent la protection du téléspectateur : aucune réglementation n’impose encore aux acteurs du Web d’apposer une signalétique sur leurs contenus, ni aux publicitaires de respecter les règles établies pour la télévision.

Ensuite, le partage du réseau Internet par tous les éditeurs alimente le débat autour de la « neutralité du Net » : les FAI pourraient être tentés de favoriser certains sites, applications ou chaînes en fonction d’accords commerciaux et/ou du niveau de service souscrit par le consommateur (à différents tarifs, bien sûr).

Arnaud de Blauwe

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