Virus La courgette sur la sellette

Virus

La courgette sur la sellette

Publié le : 29/10/2020 

2020 est décidément l’année des virus émergents. Le dernier en date, sans danger pour l'homme, s’appelle le Tomato leaf curl New Delhi virus – mal nommé car sa cible privilégiée n’est pas la tomate, mais la courgette. Il a été détecté dans le sud de la France pour la première fois.

 

Après les tomates, confinons les courgettes ! Tel pourrait être le mot d’ordre des jardiniers amateurs et professionnels en 2020. Une première alerte avait été sonnée en février après la détection d’un virus particulièrement dangereux pour les tomates, piments et poivrons, le Tomato brown rugose fruit virus (ToBRFV). Aujourd’hui, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) met en garde contre le Tomato leaf curl New Delhi virus (ToLCNDV), décrit pour la première fois sur des plants de tomates, en Inde.

Signalé en Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur

Son nom pourrait laisser croire que sa cible est la même que le ToBRFV, mais il provoque en réalité des dommages importants… sur les courgettes. Les symptômes : des plants de courgettes rabougris et décolorés, des feuilles déformées, enroulées et présentant des marbrures plus ou moins marquées. Mais le virus peut aussi infecter « un très grand nombre d’espèces végétales telles que la pomme de terre, la tomate, l'aubergine, le melon, le concombre, le poivron, les courges », énumère l’Anses.

L’agence a confirmé sa présence en France la semaine dernière, alors que le pays était jusqu’à ce jour exempt de la maladie. « Signalé par des professionnels, la présence du ToLCNDV vient d’être confirmée suite aux analyses de l’Anses dans quatre zones de production de courgettes, en régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur », précise l’Anses. Cette contamination n’est pas très surprenante, car le virus est déjà présent dans plusieurs pays européens, dont deux limitrophes : Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Estonie.

Mouche porteuse

Son vecteur, « très efficace pour disséminer la maladie », est identifié : il s’agit de la mouche blanche aleurode Bemisia tabaci. En effet, cet insecte acquiert le virus en 15 à 30 minutes après avoir ponctionné la sève de plantes infectées, et reste porteur à vie. Il peut ainsi infecter des plantes saines pendant plusieurs jours. Or, comme pour les autres virus des plantes, il n’existe pas de moyen de lutte connu pour guérir une plante infectée. Seule arme à disposition, la prévention. Il est indispensable d’utiliser des plants sains, d’éliminer les plantes malades et de contrôler les populations de mouche blanche.

 

Alertez les services compétents

Si vous repérez les symptômes du ToLCNDV sur les courgettes de votre potager, il faut alerter les services de l’État ou leurs délégataires : les Services régionaux de l’alimentation (SRAL), les Fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles (Fredon), ou encore les Chambres d’agriculture.

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Exemple de dommages causés par le virus sur une feuille.

Elsa Casalegno

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