par Marie-Amandine Stévenin
par Marie-Amandine Stévenin
La crise du logement actuelle est sans précédent et frappe douloureusement les étudiants. Si le logement est devenu le premier poste de dépense des ménages, il constitue une charge difficilement absorbable pour celles et ceux aux ressources les plus fragiles, dont font partie les étudiants. Sans support financier de leur famille, ils dépendent des aides publiques dont les niveaux sont décorrélés de la réalité, les obligeant souvent à travailler en parallèle de leurs études.
La pénurie de logements, les loyers exorbitants, et l’insuffisance des dispositifs de soutien ont aujourd’hui conduit à une extrême précarisation des étudiants. Plus de 22 % des étudiants n’ont plus que 100 € pour vivre après avoir payé leur loyer, ce qui est scandaleux.
Entre des conditions d’accès au logement toujours plus dégradées, des loyers excessifs et une qualité souvent indigne, je constate que les résultats de l’enquête de la Fédération étudiante la Fage (Fédération des Associations Générales Étudiantes), révélés ce jour, sont sans appel et profondément alarmants !
L’enquête témoigne d’abord du parcours du combattant que s’avère être la recherche d’un logement pour les étudiants. 15 % d’entre eux mettent en moyenne 3 mois à trouver un logement, en région parisienne, cela concerne près de 23 % des étudiants franciliens. À cela, s’ajoute l’insuffisance de logement CROUS qui contraint les étudiants à se loger dans le parc privé, où les loyers mensuels sont en moyenne 200 euros plus chers. L’offre de logement à destination des étudiants en situation de handicap est également insuffisante puisque 1 étudiant atteint de handicap sur 3 estime que son logement est inadapté.
Le coût de la vie étudiante est ainsi un poste de dépense très conséquent pour les étudiants eux-mêmes et leur famille, puisque 78 % des étudiants dépendent de leur famille pour pouvoir se loger.
Outre les difficultés d’accès et le coût, la qualité des logements étudiants fait aussi défaut. 1 étudiant sur 3 serait en situation de mal-logement et contraint de résider dans un logement touché par l’inconfort thermique, présentant une mauvaise qualité de l’air intérieur et/ou visité par des nuisibles.
Au-delà des difficultés financières, la situation actuelle porte donc atteinte à la santé mentale et physique des étudiants et étudiantes et affecte leur faculté à étudier dans de bonnes conditions.
Je ne peux que m’indigner face à cette situation : l’accès à un logement étudiant abordable, décent et à proximité des Universités doit être un droit garanti à chaque étudiant.
Face à cette situation alarmante et d’urgence sociale j’appelle les pouvoirs publics à déployer des moyens à la hauteur des enjeux pour :
Marie-Amandine Stévenin
Présidente de l'UFC-Que Choisir
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