Aides auditives Pour des pertes légères

Aides auditives

Pour des pertes légères

Publié le : 08/10/2018 

Elles offrent des réglages basiques permettant de compenser les pertes auditives, ou presbyacousies, débutantes. Attention aux modèles qui amplifient les sons au-delà de 20 dB.

 
→ Test Que Choisir : Comparatif Aides auditives

L’arrivée des aides auditives (aussi appelées assistants d’écoute) en pharmacie, fin 2010, a fait couler beaucoup d’encre. Vent debout contre ces amplificateurs préréglés disponibles sans ordonnance pour moins de 300 €, les audioprothésistes, jusqu’alors seuls autorisés à vendre des équipements auditifs, ont attaqué en justice. La bataille judiciaire s’est achevée en 2014 sur un échec. La loi autorise désormais la vente libre d’aides auditives, à condition que l’amplification des sons ne dépasse pas 20 décibels (dB) par rapport au son d’entrée. Hélas, notre test montre que les fabricants ne respectent pas toujours ces limites. On trouve maintenant des aides auditives en pharmacie, dans les enseignes d’électroménager comme Darty et Boulanger, sur Internet, chez des opticiens et… chez des audioprothésistes. Qui ont finalement pris le parti de s’y mettre.

N’attendez pas de miracles !

Mais que valent, concrètement, les aides auditives ? Sans être aussi sophistiquées que les prothèses auditives, elles offrent quelques réglages basiques. Certaines permettent de sélectionner des programmes. Côté esthétique, elles sont proches des prothèses. Leur prix plaide pour elles : entre 10 et 300 € par oreille, selon les modèles, c’est bien moins cher que de véritables prothèses auditives. Certes, ces dernières sont, elles, prescrites par un médecin ORL après des examens, ajustées en fonction des capacités auditives, et bénéficient d’un suivi et de réglages par l’audioprothésiste. « Mais il faut consulter et se déplacer plusieurs fois pour s’équiper, ce n’est pas toujours facile dans les déserts médicaux », souligne Martine Guy, directrice médicale chez Urgo, qui commercialise Sonalto. En plus, les prothèses peuvent être facturées jusqu’à plus de 2 000 € par oreille. Après remboursement de l’assurance maladie et de la complémentaire santé, la somme à payer par le patient (reste à charge) se situe en moyenne autour de 1 000 € par oreille. En attendant le reste à charge « zéro », qui entrera en vigueur en 2020, une aide auditive demeure une option, en raison de son coût moindre. 
Du point de vue de l’audition, il ne faut pas attendre des miracles d’une aide auditive. Une étude réalisée au CHU de Nice pour évaluer l’efficacité d’un modèle a montré une amélioration de la compréhension de la trentaine de cobayes, mais aussi un abandon rapide du dispositif. Une autre, dirigée par le Pr Romanet, ORL à Dijon, a mis en évidence une réelle amélioration de l’audition et de la qualité de vie grâce au modèle Sonalto. Par la suite, la marque a interrogé 100 acheteurs : plus de 70 d’entre eux utilisaient toujours le dispositif 7 à 15 mois après l’acquisition. En conclusion, « une aide auditive peut avoir un intérêt dans les pertes auditives, ou presbyacousies, débutantes », estime le Pr Romanet. C’est-à-dire quand la perception des aigus (pépiement d’oiseaux, par exemple) s’émousse. L’idéal est alors d’utiliser, pas forcément toute la journée mais au moins dans les moments importants, un appareil qui amplifie bien ce type de sons et laisse tels quels les graves. Une aide qui amplifie de façon égale les aigus et les graves risque d’entraîner de l’inconfort, et n’améliorera pas ou peu la compréhension de la parole. Quand la perte auditive est trop avancée, les aides ne conviennent plus, car la réglementation empêche en principe qu’elles amplifient au-delà de 20 dB. Il faut alors impérativement passer aux prothèses. 

Pour ne pas vous tromper

► Lors de l’achat, faites-vous conseiller par le pharmacien, l’opticien, l’audioprothésiste ou par un vendeur. Les pharmaciens sont même parfois formés pour réaliser des tests auditifs.

► Essayer l’appareil quelques jours est ­indispensable. Si cela n’est pas possible, changez de magasin. Vous devez pouvoir évaluer l’équipement et le rendre s’il ne vous convient pas.

► L’achat sur Internet est délicat. Et surtout, on trouve tout et n’importe quoi au rayon « amplificateurs » des sites marchands ! L’avantage est que vous aurez 14 jours pour retourner l’aide auditive si elle ne vous apporte rien.

► Les dômes fermés, dont l’embout obstrue complètement le conduit ­auditif, ne sont pas conseillés, car le porteur risque d’être gêné par sa propre voix. 

► Si l’appareil dispose de plusieurs niveaux de réglage, l’idéal est de commencer par le plus faible au début, afin d’éviter les mauvaises surprises, en particulier avec les sons les plus graves. 

→ Test Que Choisir : Comparatif Aides auditives

Anne-Sophie Stamane

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Gabrielle Théry

Rédactrice technique