ENQUÊTE

RecyclageLa face cachée du don de vêtements

PG

par Pauline Gabinari

« Chaque vêtement a une seconde vie. » Tel est l’engagement, sur le papier, de l’éco-organisme de la filière textile. Nous sommes allés le vérifier sur le terrain en plaçant des traceurs dans plusieurs articles (jean, chaussures, sac, doudoune) déposés dans différentes structures de recyclage. Entre impact écologique de l’export, manque de moyens et thésaurisation, l’envers du décor semble loin des promesses initiales.

Elle avait pourtant tout pour plaire. Mise en place en 2007, l’écocontribution de la filière textile devait permettre de soutenir le recyclage des vêtements en imposant une contrepartie financière (en moyenne 4 centimes d’euro par vêtement) versée par les distributeurs de textile pour permettre un usage plus vertueux de ce que l’on porte.

Presque 20 ans plus tard, la réalité est tout autre. Entre problèmes de redistribution de l’écocontribution et arrivée de l’ultra fast-fashion noyant les acteurs de l’économie sociale et solidaire sous une marée de tissus bas de gamme, le secteur est en crise.

L’été dernier, Le Relais, l’une des principales filières françaises de collecte et de recyclage de textile, a même fait une grève de la collecte pour alerter les services publics. « L’intégralité des coûts qu’implique le traitement de ces vêtements n’est pas prise en charge par l’éco-organisme, ce qui met en péril le système », explique Pauline Debrabandere,

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