Arrêtons les mensonges !

Le Service Bancaire Universel (SBU) n'existe pas en France

Publié le : 23/09/2005 

L'UFC-Que Choisir dénonce le discours des banques sur le service bancaire universel, la désinformation qu'il entraîne et la pression qu'elles exercent pour que le gouvernement renonce à cette mesure, voulue par le Premier Ministre.

Les banques font croire que ce service existe déjà à travers le droit au compte et les nouvelles offres de moyens de paiements alternatifs.

Qu'en est-il en réalité ? Moins de 20 000 personnes bénéficient du droit au compte, dispositif compliqué, long et stigmatisant. Il laisse au bord du chemin un très grand nombre de personnes.

Quant au soi-disant package minimum qui n'est proposé qu'aux interdits bancaires, il reste cher et étriqué. Et surtout, les banques conservent le privilège de refuser le client qui ne leur plaît pas, car économiquement peu rentable.

Face à ces dispositifs : il reste 4 à 6 millions d'exclus bancaire. Dans ces conditions, qui oserait dire que tout va pour le mieux et que rien ne doit être fait ?

L'UFC-Que Choisir rappelle que le principe d'un service universel n'est pas une proposition utopique, mais l'assurance de l'accès de chacun aux services jugés essentiels pour avoir une place dans la société.

D'autres secteurs, tels que les télécoms et l'énergie participent déjà à la contribution d'intérêt général. Pourquoi les banques échapperaient-elles à cette logique de solidarité ? Il est temps de mettre fin à cette exception bancaire, d'autant qu'il n'y a ni barrière juridique (avis du Conseil de la Concurrence) ni barrière économique (le coût total du SBU représente à peine 1% du résultat net du secteur bancaire) à la mise en place d'un service bancaire universel. Le Premier Ministre l'a bien compris.

L'UFC-Que Choisir refuse de croire que l'intérêt catégoriel des banques puisse passer avant l'intérêt collectif et demande instamment au Premier Ministre de concrétiser ses déclarations.